Guadalajara: Italiens contre italiens

Section dédiée à l'action du corps italien en Espagne entre 1936 et 1939

Guadalajara: Italiens contre italiens

Message par tuche » 08 Octobre 2009, 16:53

Au cour de la sanglante bataille de Guadalaraja, l'etat major republicain ce vit contraint d'engager la brigade internationale Garibaldi, ils ne le firent pas de gaite de coeur car cela revenait a faire combattre des italiens entres eux et peut etre aussi la peur que les Garibaldiens hesitent a ouvrir le feu sur leur propre freres de sang.L'explication fut terrible, et tourna à la deconfiture du CTV. Ces evenements, allaient prefigurer ce qui ce deroula en Italie durant la guerre civile, on ne se fit pas de cadeaux des deux cotes. Ci joint un portrait de groupe de Garibaldiens posant pour la posterite apres la victoire.

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Ci joint le temoignage en francais d'un combattant de la Garibaldi.

« J’ai été de la Brigade Garibaldi »
Sa carte des Brigades Internationales - n° 7050 - résume... Date de naissance : 13-7-1916. Lieu de naissance : Castenuevo. Nationalité : italienne. Profession : maçon. Domicile : France. Parti politique : antifasciste.
Maçon, parce qu’à Toulouse on n’embauchait pas de manoeuvre et qu’il a demandé d’essayer.
« J'y vais »
Un peu auparavant, le patron d’un restaurant italien à Toulouse - dans la rue Bonrepos d’alors - lui avait dit : « Tu me paieras quand tu travailleras ». Dans le bâtiment, il se fait un copain, Armelino Zuliani. « On était tout le temps ensemble. On fréquentait un peu les Jeunesses communistes ». Il y a des réunions au « Bar des Chemins de Fer » - au bout des allées Jean-Jaurès - et à la Bourse du Travail. Ils entendent dire que l’Espagne a besoin de combattants. Des démocrates italiens viennent leur expliquer. Vincenzo ? Armelino ? Lequel parlera le premier ? En tout cas, Vincenzo va voir son patron : « J’y vais ». Et le patron : « Il en faudrait beaucoup des jeunes comme toi ». Ils boivent l’apéritif.
C’est un autobus qui les amène à Perpignan. Ils sont peut-être trente. Il y a aussi Armelino. « A Perpignan, on nous a fait dormir dans un garage. D’autres groupes se joignent à nous. Le lendemain nous nous retrouvons au pied des Pyrénées ». C’est la marche, de nuit. Arrivent à Figueras. Sont conduits jusqu'à Albacete. On est en octobre 1936...
Mort sans avoir tiré un coup de fusil
Ils entrent dans une caserne. Une caserne qui avait été celle de la Guardia Civil. « On devinait des traces de combats récents ». Des dortoirs, des lits superposés en bois. « Et moi, l’antimilitariste, je me retrouve là à apprendre à faire la guerre ». Il apprend tout : le maniement des armes, les corvées... Pour manger, ils vont aux arènes. « Comme j’étais parmi les plus jeunes, on m’a mis de garde à l’état-major ». Il voit passer Luigi Longo, André Marty... Celui-là il se moquait un peu de nous, du genre : vous verrez, vous rentrerez bientôt à Paris ».
En novembre, c’est vers Madrid qu’ils roulent. Vers une forteresse qui domine la ville, Cerro de los Angeles. Premier accrochage. « C’est là que j’ai laissé mon camarade. Armelino est mort sans avoir tiré un coup de fusil ». Là, ils sont encore le Bataillon Garibaldi, celui qui aura le numéro 3 dans la Brigade. Ils sont quelques 500. « Nous avions encore des tenues disparates ». Seulement, pour tous, le foulard rouge noué. Vincenzo est à la mitrailleuse, une Maxim, une russe.
Ils restent autour de Madrid : Casa de Campo, le Pont des Français... « Il pleuvait... Il pleuvait... Je me suis dit que si je sortais de là, je ne mourrai jamais ».
« Nous avons passé la nuit à déloger les Maures »
A la Cité Universitaire, c’est face aux Maures qu’ils sont. « Il n’y avait pas de front. Nous avancions et les Maures se planquaient dans les arbres. Et puis, nous les avions dans le dos. Eux, à un étage d’un bâtiment et nous, à un autre étage : ça se passait au corps à corps ».
Il parle de ce soir-là où ils ont voulu souffler un peu dans une maison à moitié détruite. « Quelqu’un entend parler arabe. Il y avait déjà des Maures. Nous avons passé la nuit à les déloger ».
Pour le repos, c’est la Puerta del Sol, à deux pas de la ligne de feu. Les belles madrilènes passent en calèche. Et, lorsqu’ils défilent, les fleurs qu’on leur jette, les baisers qu’on leur envoie. Chez eux, il y a Toni qui joue de l’accordéon.
Ils sont, maintenant, la XIIe Brigade, la Brigade Garibaldi. Ils sont environ 3000. « On nous avait adjoint des espagnols. Il y avait de tout monde, ici : des communistes, des socialistes, des républicains... Je me souviens d’un anarchiste qui, après les événements du 1er Mai 1937 à Barcelone, a rejoint le POUM. Il y avait des gars de tous âges. L’ambiance était bonne, même gaie. Pas de différences entre nous : l’ennemi était commun ».
« Rien pour se protéger. Sauf les pierres »
Et ce sont les italiens qui menacent Madrid : 40 000 « chemises noires » commandées par le général Ruatta. « L’état-major républicain hésitait à nous engager là-dedans : des italiens face à des italiens ! Nous, nous avons dit : c’est notre fierté de combattre les fascistes. Nous sauvons, ainsi, l’honneur de l’Italie. Nous sommes partis colmater les brèches ».
C’est une vaste et plate friche, ici, de cailloux et d’argile. C’est Guadalajara. Les ennemis se cherchent. Les « chemises noires » ont des automitrailleuses. Les « foulards rouges » ont leurs fusils et, Vincenzo, sa mitrailleuse. Il pleut, il neige parfois, aussi. La boue colle. « Du rocher : impossible de creuser des trous. Rien pour se protéger. Sauf les pierres ».
Et Vincenzo ajoute : « Mais de savoir que nous affrontions les troupes de Mussolini, ça nous survoltait. Nous nous sommes mis en ligne et nous les avons attendus ». Une première fois, ils repoussent les autres. Et ce sera ainsi durant cinq jours. « Chaque matin, ils bombardaient. Puis ils avançaient. On les repoussait ». Il y a des désertions dans le camp des « chemises noires ». Vincenzo Tonelli se souvient d’un pilote. « Ils l’ont repris plus tard. Ils lui ont coupé le cou. Ils ont mis sa tête dans un sac. Et ils l’ont jetée, depuis un avion, sur nos lignes ».
« Qu’est-ce que vous venez faire ici ? »
Parfois, une patrouille des Garibaldiens ne revient pas. « On les trouvait, tués à coups de couteaux, le foulard rouge enfoncé dans la bouche ».
Et, du côté de la Brigade, on a installé des haut-parleurs qui diffusent, en italien, vers les autres : « Qu’est-ce que vous venez faire, ici, à combattre le peuple espagnol ? » Vincenzo croit : « Ça a eu un grand effet psychologique. Un prisonnier m’a avoué que, lorsqu’il avait entendu cette voix italienne, les bras lui en étaient tombés ».
Au septième jour, Vincenzo devine comme un grondement derrière lui. Des chars, des chars russes... « Alors, nous nous sommes levés et nous sommes passés à l’attaque. Chez eux, ça a été la débandade. Si on avait eu les moyens, on pouvait les pousser jusqu'à la mer... ». La Brigade récupère tout des troupes de Mussolini : des camions, des armes, des toiles de tente, des cigarettes, du savon... Et des prisonniers. « Quatre ou cinq jours après, on en trouvait encore qui se cachaient dans les fourrages ». Mais Vincenzo Tonelli, surtout, veut dire ceci : « Eux, lorsqu’ils étaient blessés, nous les soignions comme les nôtres ».
Les amandes de Pandols
Après Madrid, Vincenzo ira en Aragon, puis en Extremadure, puis sur l’Ebre. Souvent, il retourne à Flix, là où il a passé le fleuve. Où est le monument aux volontaires italiens. Il met son foulard rouge. Il se souvient que vers Gandesa, sur la Sierra de Pandols, les amandes étaient bonnes. Il n’a ramené d’Espagne qu’un duro - 5 pesetas - en argent. Le jour où il s’est marié, il en a fait ses alliances.

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VINCENZO TONELLI
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Re: Guadalajara: Italiens contre italiens

Message par bologna » 08 Octobre 2009, 19:52

Il y a 20 ans, étudiant en histoire à Toulouse j'avais fais une petite interview de Vincezo Tonelli. Il était déjà âgé mais tous ses souvenirs étaient très vifs. Guerre d'Espagne, résistance en France, résistance en Italie, puis retour clandestin en France après guerre pour mener une simple vie de maçon à Toulouse. Un sacré bonhomme, une très forte personnalité doublée présence physique impressionante. Il est décédé recemment à l'age de 93 ans, après avoir été pendant des decennies le représentant des Garibaldiens de Toulouse.

http://www.cg31.fr/actualites.asp?pk_actualite=237

Une anecdote qu'il m'avait raconté traduit bien le côté ubuesque de la situation italienne pendant la deuxième guerre mondiale: après avoir été membre des brigades internationales en Espagne, après avoir été résistant en France, Tonelli est arreté par la police de Vichy et livré aux autorités italiennes. Après quelques temps celles ci ne trouvent rien de mieux que de le faire incorporer dans le regio esercito pour qu'il effectue son service militaire !!! Il se retrouve ainsi à faire ses classes (lui qui avait dejà plusieurs années de guerre d'experience..) juste au moment du 8 septembre 1943. Bien evidemment, connaissant déjà les Allemands, il ne les attend pas sagement dans sa caserne comme l'ordonnaient les officiers de son unité et s'échappe pour prendre le maquis dès cette date.
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Re: Guadalajara: Italiens contre italiens

Message par ALEXDEROME » 08 Octobre 2009, 21:26

Franco ne tenait pas trop à devoir sa victoire aux Italiens et voyait d'un mauvais oeil l'afflux de volontaires fascistes.
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Re: Guadalajara: Italiens contre italiens

Message par fredl109 » 21 Novembre 2009, 17:01

Tuche voici une photo de CV33 ayant paticipés à la bataille de Guadalajara.
Amicalement Fred ImageImageImageImage

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Re: Guadalajara: Italiens contre italiens

Message par fredl109 » 21 Novembre 2009, 18:10

Merci de ta réponse Ekaergos, la photo elle même provient de la Bundsarchiv et je ne sais pas trop s'il y en a d'autres, pour l'instant je cherche.
Amicalement Fred ImageImageImage
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italiens contre italiens

Message par hermine » 19 Novembre 2011, 10:14

Pour la ferocite des combats entre italiens il semble prouve que 200 italiens fait prisonniers furent executes sans proces apres les combat ;Les executions stopant apres intervention du gouvernement republicain soucieux des possibles repercutions internationales.Le motif refus de changer de camp... certains d'entre vous auraient ils plus d'informations d'autant que j'ai lu que l'on mettait en avant le role deLONGO dans cette action et compte tenu de son futur role politique je me demande s'il n'y aurait tentative de desinformation meme si les excutions furent accomplies
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Re: Guadalajara: Italiens contre italiens

Message par cedric mas » 20 Novembre 2011, 15:59

Oui CV33 version lance-flamme premier type avec le réservoir de carburant sur la remorque.

Version très vulnérable mais assez redoutable contre des retranchements.

Pour la question de l'exécution des prisonniers, il convient de rappeler que le conflit espagnol ne fut pas très exemplaire dans le respect des lois de la guerre. L'exécution des prisonniers pris juste après les combats était fréquente, dans les deux camps. De même le "nettoyage" des éléments civils opposants ou présumé tels dans les villages pris.

Dans ce contexte, il me semble difficile d'imaginer les italiens engagés dans les camps opposés par idéologie faire preuve de mansuétude.

Cela n'excuse rien bien sûr.

CM
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