Les runes et le faisceau

Matériels, organisation et uniformes des forces italiennes de la République Sociale de Mussolini

Les runes et le faisceau

Message par laurentlemiltonien » 13 Novembre 2008, 18:00

Le texte que je vous propose est dans le pur style Mabirien :

"Juillet 1943, les Américains viennent de débarquer en Sicile. Tôt ou tard, ils seront en Italie. Craignant alors d’avoir à payer cher leur appartenance à un fascisme qui leur pèse, les Italiens rejoignent le camp allié.

Tous ? Non. Pour prouver leur fidélité aux nazis, certains Italiens vont s’enrôler dans une des formations les plus réputées de l’armée allemande, la Waffen SS. Ils seront près de quinze mille hommes à s’engager dans ce qui deviendra la 29ème Waffen SS Grenadierdivision der SS.

Ces Italiens ne feront pas partie des forces armées de la République Sociale (crée par Benito Mussolini le 15 septembre 1943), ils intégreront directement les effectifs de l’armée allemande. Toutefois, certains Allemands voient d’un mauvais œil ces Latins souvent considérés comme des sous-hommes par les tenants de l’idéologie pangermaniste. Parmi eux, le chef suprême des SS, le Reichsführer Heinrich Himmler.

C’est pourquoi les premiers contingents italiens arrivés au camp d’entraînement de Munzingen en Allemagne ne sont pas autorisés à porter les pattes de col noires de la Waffen SS mais un modèle spécifique à leur unité sur fond rouge. De même l’aigle de bras ne sera pas celui de la Waffen SS classique mais un modèle portant un faisceau républicain. Les uniformes, en dehors des grades, seront quasi-exclusivement d’origine italienne.

Il en est de même pour l’armement composé de pistolets-mitrailleurs Beretta et de mousquetons Carcano. Les milliers de volontaires italiens arrivés à Munzingen reçoivent l’entraînement à l’école de spécialisation des pionniers à Dresde.

L’entraînement est extrêmement rigoureux, les instructeurs allemands ne font aucun cadeau à ces hommes qui, à leurs yeux, ont à racheter l’honneur perdu de leur pays. L’entraînement se poursuit jusqu’en novembre 1943 où la Legione della milizia armata, comme on la dénomme au départ est rapatriée en Italie.

Elle s’installe dans la zone nord de Turin. Le groupe anti-char est placé à Lecco et le bataillon d’officiers pionniers à Ferrara. Le quartier général de la future division est situé à Pinerolo. Rapidement les différentes unités sont engagées contre les bandes de partisans qui abondent dans la région. En effet, de nombreux éléments de la quatrième ex-armée royale avaient rejoins le maquis avec beaucoup d’armement lourds. En octobre 1943, une de ces bandes avait occupé la vieille forteresse de Vinadio. Un bataillon de Waffen SS italien est envoyé sur place pour nettoyer les lieux. En moins de trois heures de combats, les partisans abandonnent la forteresse non sans y laisser leurs équipements ainsi que plusieurs prisonniers.

Les nombreuses pièces d’artillerie laissées par l’armée royale, après le 8 septembre dans la région, feront le bonheur du régiment d’artillerie de SS italiens qui en manquait cruellement. Au printemps 1944, suite à sa valeur démontrée face aux partisans la Legion della milizia armata prend la dénomination de Brigata d’assalto (brigade d’assaut).

En avril 1944, le IIe bataillon du 1er régiment SS italien est envoyé sur le front d’Anzio-Nettuna. Le IIe bataillon est employé dans des actions de patrouilles où le contact avec l’ennemi se fait régulièrement.

Dans la nuit du 27 au 28 avril, sept Waffen SS italiens qui tiennent un point d’appui sont attaqués par trois blindés. Durant plusieurs heures, ils opposent une résistance acharnée mais finissent par céder du terrain face au nombre important de leurs adversaires.

Le dernier à se replier est le légionnaire Aldo Sozzi âgé de seize ans. Il repousse à lui seul une charge ennemie mais finit par être blessé.

Le point d’appui est un observatoire idéal. Aux mains des Alliés, il risque d’être très dangereux pour tout le secteur SS. Le lendemain soir, un coup de main est organisé pour le récupérer. Trente hommes se portent volontaires pour effectuer l’opération.

L’Unterscharführer (caporal-chef) Cavicci se dirigera avec dix-neuf hommes sur le sommet de l’observatoire.

Tandis que l’Untersturmführer (sous-lieutnant) Bovenzi s’attaquera avec neuf hommes à une maison située un peu en arrière de l’observatoire et qui est, elle aussi, occupé par les Américains.

Tard dans la nuit, le groupe de SS italiens se met en marche. Pendant la journée, l’artillerie allemande avait martelé le secteur afin de faciliter la tâche à leurs camarades italiens.

L’ Unterscharführer Cavicchi arrive à ramper juste devant les premières sentinelles américaines. Les deux GI’S, surpris par l’apparition subite du Waffen SS, lèvent les bras et révèlent aux Italiens que leurs compagnons dorment un peu plus loin. En effet, ceux-ci sont réveillés par l’arrivée subite de la patrouille Cavicchi. Le groupe de l’ Untersturmführer Bovenzi est moins « chanceux » dans sa chasse aux prisonniers.

Arrivés devant la maison, ils s’aperçoivent que les Américains ont déjà quitté les lieux. Bovenzi ordonne à ses hommes de récupérer toutefois les armes et les vivres laissées par les GI’S.

Les trois blindés qui se trouvaient à côté, se replièrent sur leurs positions d la veille craignant une attaque en nombre. La position est finalement reconquise, sans qu’un seul coup de feu ait été tiré. Au mois de mai 1944, le bataillon Debica de la Brigata d’assalto de SS italiens est lui aussi envoyé sur le front de Nettuno. Considérant leur valeur au combat, le Reichsführer Himmler autorise les Italiens à porter dorénavant les pattes de col surmontés des runes de la SS. Sur six cent cinquante SS italiens engagés à Nettuno, trois cent quarante tomberont au combat. Vingt-deux survivants seront décorés de la croix de fer. L’hebdomadaire de la Légion SS italienne, « avanguardia » retrace chaque semaine les exploits de ces soldats anonymes sur ce front d’un intérêt second pour les différent états-majors, mais où de chaque côté les preuves d’héroïsme ne sont plus à faire. Tout le mois de mai 1944 et jusqu’au début juin, le Kampfgruppe de l’Oberführer (général) Karl Diebitsh composé du bataillon SS Debica, du bataillon de la Decima MAS Bardigo, de quelques chars Tigre, de débris de la Wehrmacht et de la Luftwaffe ainsi que d’un seul lance-roquettes va tenir tête à des forces alliées dix fois supérieures en nombre.

Le front de Nettuno sera tenu parfois par seulement dix hommes tous les quatre cent mètres, ceci sans l’espoir d’aucune relève ni de soutien aérien efficace. Le 5 juin 1944 marque la fin des derniers combats des légionnaires SS italiens devant Rome. L’irrésistible rouleau compresseur anglo-américain écrase les combattants de l’Axe impuissant devant une telle démonstration de force. Les SS italiens meurent devant la cité éternelle dans l’indifférence de nombreux Romains qui attendent l’arrivée des Alliés.

En septembre 1944, les survivants du IIe bataillon du 1er régiment ainsi que le bataillon Debica sont rassemblés dans le Piémont afin de constituer avec l’arrivée de nombreux autres volontaires, la 29ème Waffen SS Grenadierdivision der SS Italia.

Immédiatement, la division est engagée contre les foyers de partisans très actifs dans la région. Au mois d’octobre, différentes unités de la division Italia accompagnées d’un bataillon d’élèves officiers de la garde nationale républicaine ainsi que plusieurs éléments des brigades noires, combattent contre la 89ème brigade Poletti et la 55ème brigade Rosseli des formations partisanes. Ces bandes armées sont rapidement démantelées sous la pression des unités fascistes.

L’automne et l’hiver 1944 vont connaître de nombreuses opérations anti-partisanes. Le 23 novembre 1944, le maréchal Graziani décore le fanion du IIe bataillon du 1er régiment de la médaille d’argent à la valeur militaire. Cette décoration récompense les faits d’armes du IIe bataillon qui s’est particulièrement distingué face à l’ennemi. Graziani qui visite l’ensemble de la division Italia est très impressionné par la discipline et la volonté des Waffen SS italiens, spécialement par les hommes du bataillon Debica qui sera le fer de lance de toute l’unité.

Au printemps 1945, avec l’offensive allié sur le Pô, l’activité des partisans redouble d’ardeur. Le 20 avril, le bataillon Debica a ordre de contenir l’avance alliée sur les bords du Pô. Pendant cinq jours, il va tenir tête aux attaques américaines sans céder un pouce e terrain. Les GI’S décident alors de bombarder les positions de la Debica.

Les défenseurs n’ont que quelques Panzerfaust à opposer aux montres d’acier alliés et ils s’en servent à merveille. Les GI’S convaincus de la fin imminente du conflit n’ont pas tellement envie de se faire tuer inutilement, ils préfèrent laisser leur aviation marteler les positions de la Debica. Sous les bombes des chasseurs bombardiers, il ne reste plus qu’une poigné d’irreductibles qui n’a plus rien à perdre et qui contribue à se battre juste pour leur honneur. Les SS italiens vont même faire une dizaine de prisonniers américains qui les suivront jusqu’au dernier jour.

Le 25 avril, l’ordre de repli arrive, les Italiens décrochent, talonnés par les blindés américains. Les combats sont encore très meurtriers de chaque côté. Dans la nuit du 26 avril 1945, le bataillon Debica traverse le Pô et se dirige vers le nord. A Santo Stefano Lodigiano, les SS s’aperçoivent que le village est occupé par les partisans qui détiennent trois cent cinquante soldats républicains prisonniers.

Une action rapide est menée libérant les soldats de RSI (tous des territoriaux) et capturant même quelques partisans. Le 27 avril, le bourg de Somaglia est atteint, il est également occupé par les partisans. Le combat est rapidement engagé, les partisans possèdent une mitrailleuse lourde de 20 mm qui bloque la progression des SS. La volonté de vaincre de ces derniers oblige les communistes à rebrousser chemin laissant dans le village la mitrailleuse. L’aviation alliée surgit alors et attaque la colonne SS à basse altitude causant quelques dégâts matériels.

Les MG 42 sont immédiatement mise en service en position anti-aérienne et ouvrent le feu sur les avions. Un chasseur allié est touché et va s’écraser à quelques centaines de mètres du village. La retraite peut alors reprendre. Le 30 avril, le bataillon Debica est attaqué par des chars américains près du village de Gorgonsola. Toute résistance ultérieure est devenue vaine.

Le colonel Binz, commandant le bataillon, ordonne sa dissolution mais avant il fait brûler le fanion de la Debica dans une dernière prise d’armes. Les autres unités de la 29ème division SS Italia connaîtront un sort identique, elles sont broyées par la machine de guerre alliée. Beaucoup de Waffen SS italiens vont connaître les pelotons d’exécution après avoir été jugés par les « tribunaux du peuple ». La chasse aux SS dure tout le moi de mai 1945, le tatouage sanguin sous l’aisselle gauche trahit l’appartenance de ces hommes à l’ordre noir. Les volontaires italiens de la 24ème Waffen Gebirgsdivision der SS Kartsjager connaîtront les mêmes mésaventures que leurs camarades de la division Italia. La Kartsjager fut crée en juillet 1944 avec des volontaires slovènes, allemands du Tyrol du sud et italiens.

Elle sera engagée également contre les partisans italiens et contre les Alliés au printemps 1945 en Italie. Toutefois, ses effectifs et ses actions militaires seront moins importants que ceux de la division Italia. Plusieurs officiers allemands commanderont la division SS Italia, il s’agit du du Brigadeführer (général de brigade) Hansen jusqu’en octobre 1943 et du Standartenführer (colonel) Gustav Lombard jusqu’en décembre 1943. Après cette date, le commandement sera effectué à la fois par un officier allemand, le Standartenführer Konstantin von Heldman et par un officier italien, le Brigadeführer Manelli. Von Heldman aura surtout un rôle consultatif par rapport à Manelli qui, lui, est supérieur en grade. Ce commandement restera inchangé jusqu’à l’écroulement du mois d’avril 1945."

Laurent Berrafato in Les Dossiers de l’Histoire n°92, avril 1994.

Quelques affiches de propagande :

Image

Image

Les insignes :

Image

Image

J'ai une photo mais elle ne veut pas passer :
Deux officiers, un Italien et l'autre Allemand ou Italien en uniforme nazi complet ?
http://img204.imageshack.us/img204/6309 ... leobx7.png

Si vous avez des infos complémentaires ou éléments bibliographiques, je suis preneur.
laurentlemiltonien
Soldato
 
Message(s) : 21
Inscription : 04 Août 2008, 00:00

Re: Les runes et le faisceau

Message par ALEXDEROME » 30 Décembre 2011, 21:27

laurentlemiltonien a écrit :Le texte que je vous propose est dans le pur style Mabirien :

Si vous avez des infos complémentaires ou éléments bibliographiques, je suis preneur.

Je ne comprends pas en quoi le texte est "mabirien", bon, en ce qui concerne les runes SS, elles ne sont pas portées car ce n'est pas une division germanique. Elle est appelée 29.Waffen-Grenadier Division der SS en tant qu'unité non-germanique.
Seuls les Italiens enrôlés dans la LAH, la 16. SS-Pz-Gre.Division "Reichsführer SS" ou diverses unités de la SS Polizei eurent le droit de porter les runes SS. Le bataillon formé en Pologne appelé "Debica bataglione" portera dès le départ les vraies runes SS en raison de l'entrainement reçu à Debica.
ALEX
Image
La photo montre le Waffen-Obersturmführer der SS Pio Filippani-Ronconi avec une patte de collet peu commune représentant3 flêches désignant : sentire, pensare, volere.
Un ouvrage complet est celui que Zekeye nous a présenté :
http://italie1935-45.forumactif.org/t15 ... liana#8638
S'il peut nous en dire plus sur la signification de "sentire, pensare volere" concept nietzschéen dont je ne vois pas le rapport avec les SS italiens à moins que ce ne soit Pio Filippani-Ronconi dont les études d'avant-guerre sur les peuples du Moyen-Orient, la philosophie... qui l'ait trouvé.
ALEX
Eravamo 30 d'una sorte, 31 con la Morte
Gabriele d'Annunzio
http://hongrie2gm.creer-forums-gratuit.fr/forum
Image
Avatar de l’utilisateur
ALEXDEROME
Maresciallo d'Italia
 
Message(s) : 2482
Inscription : 29 Août 2008, 00:00
Localisation : Presente ! est! est!! est!!!

Re: Les runes et le faisceau

Message par ALEXDEROME » 31 Décembre 2011, 13:43

Ce modèle de patte de collet fut rarement porté.Image
Eravamo 30 d'una sorte, 31 con la Morte
Gabriele d'Annunzio
http://hongrie2gm.creer-forums-gratuit.fr/forum
Image
Avatar de l’utilisateur
ALEXDEROME
Maresciallo d'Italia
 
Message(s) : 2482
Inscription : 29 Août 2008, 00:00
Localisation : Presente ! est! est!! est!!!


Retour vers Les forces armées de la RSI

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron