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jeudi, 28 juin 2012 20:59

AB 40 et 41

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AB 40 de la PAI en Afrique du Nord. AB 40 de la PAI en Afrique du Nord. Luce via Yves Casagrande

L’automitrailleuse AB 40/41 fut sans conteste l’une des meilleures réalisations de l’industrie italienne durant la seconde guerre mondiale. Ses utilisateurs en louèrent les qualités, à commencer par sa facilité de conduite et ses bonnes prestations en tout terrain grâce à ses deux roues de secours aidant au franchissement. La puissance moteur, jugée parfois un peu faible, sera augmentée sur son successeur, l'AB 43.

Développement et production

Le Regio Esercito entra en guerre dépourvu d’automitrailleuses modernes, exception faite des quelques Fiat 611 envoyées en AOI qui ne donnaient pas entière satisfaction. Les Italiens durent donc se contenter des modèles Lancia 1Z et Libia de la Grande Guerre durant la première année du conflit, en attendant l’arrivée de véhicules modernes.

Avant les guerres d’Éthiopie et d’Espagne, l’état-major italien considérait que les fonctions remplies par les automitrailleuses pouvaient être confiées aux chars légers CV 33 et aux motos. Ce n’est qu’au second semestre 1937 que l’industrie transalpine fut sollicitée pour développer un tel véhicule, désigné Autoblindomitragliatrice (Abm), en vue d’équiper les unités de reconnaissance et la police coloniale (qui devint la Polizia dell'Africa Italiana, ou PAI, le 15 mai 1939).

Un premier modèle en bois de l'Abm fut présenté aux officiers de l’école de guerre lors de leur visite à l'usine Ansaldo de Gênes le 11 avril 1938. Les grandes lignes de l'engin étaient déjà tracées, à savoir : traction intégrale, 4 roues diectrices avec suspensions indépendantes, moteur essence, tourelle armée de deux mitrailleuses de 8 mm et une troisième arme à l'arrière de l'habitacle, 4 hommes d'équipage. Mais la particularité la plus remarquable de cette automitrailleuse en avance sur son époque résidait dans la présence d’une double conduite permettant deux sens de marche.

Modèle en bois de l'Abm photographié en avril 1938 à l'usine Ansaldo de Gênes-Sampierdarena.
(crédits photo : Storia Militare)

Quant au premier prototype, les photos disponibles sont datées du 5 mai 1939 et désignent le véhicule comme Autoblinda RE (pour Regio Esercito). Aucune plaque d'immatriculation n'était alors présente. La configuration du blindage avant sur ce premier prototype ainsi que sur le prototype de l’automitrailleuse destinée à la PAI (immatriculé dans un premier temps "Polizia coloniale 0021") sera celle retenue sur le modèle définitif. En revanche, les phares avant n'étaient pas encore encastrés dans la caisse et les trappes de visite sur le capot moteur étaient dépourvues de grilles d'aération.

Trois vues du premier prototype Autoblinda RE à l'usine Ansaldo-Fossati de Gênes-Sampierdarena.
(crédits photos : Archive Ansaldo)
Vues avant et arrière du premier prototype Autoblinda RE à Gênes-Sampierdarena.
(crédits photo : Archive Ansaldo)

La présentation officielle des deux prototypes des autoblinde SPA pour la police coloniale et l'armée eut lieu le 15 mai 1939 à l’occasion de l’inauguration de l’usine Fiat Mirafiori à Turin. Les deux véhicules se différenciaient par certains détails : la version de la police coloniale était dotée d'un gros projecteur fixe caréné sur le toit de la tourelle et disposait d'une antenne radio verticale fixée sur l'avant droit de la superstructure, d'une sirène sur la plage arrière et d'une plaque de protection couvrant les roues de secours. La version destinée à l'armée, immatriculée provisoirement "Prova TO.64", se distinguait par l'inclinaison des plaques de blindage dans la zone frontale de la caisse et sur l'avant de l'habitacle, avec des angles cassés. Par rapport à l'exemplaire identifié sur les photos du 5 mai 1939, les grilles d'aération du capot moteur à l'arrière avaient été modifiées, et des grilles d'aération avaient été ajoutées sur les trapes de visite. Sur les deux véhicules, tous les phares étaient munis de volets d'obturation. Il semblerait que le prototype du 5 mai 1939 et celui immatriculé "Prova TO.64" soient un seul et même véhicule.

Les deux prototypes à l'usine Ansaldo-Fossati en mai 1939. À gauche, on reconnaît la version de police coloniale avec la sirène sur la plage arrière, tandis qu'à droite se trouve le modèle destiné à l'armée, immatriculé "Prova TO.64".
(crédits photo : Archive Ansaldo)
Vue frontale du prototype de la PAI, immatriculé "Polizia coloniale 0021". Sous cet angle, il se distingue par son volumineux projecteur caréné et son antenne radio.
(crédits photo : Archive Ansaldo)
Le prototype immatriculé "PAI 0021" à l'usine Ansaldo-Fossati en mai 1939. Habitacle du prototype de la PAI. On distingue clairement les deux mitrailleuses Breda mod.38.
(crédits photo : Archive Ansaldo)
Le prototype destiné à l'armée à l'usine Ansaldo-Fossati en mai 1939. Cette photo montre bien l'inclinaison du blindage frontal sur le prototype destiné à l'armée.
(crédits photo : CETEM)
Vue arrière du prototype destiné à l'armée.
(crédits photo : CETEM)

Le prototype immatriculé "Prova TO.64" de la version destinée à l’armée, désigné Abm.1, fut envoyé au CSM de Rome en juin 1939 pour y subir des essais d'évaluation. Le véhicule participa ensuite aux grandes manœuvres d’août 1939 dans le Piémont. Il portait alors l'immatriculation "R.E. 3" sur une plaque triangulaire.

À l'issue des essais, les techniciens du CSM suggérèrent quelques modifications et améliorations à apporter, notamment pour simplifier la forme des gardes-boue et incorporer les phares antérieurs dans la paroi frontale de l'habitacle pour éviter qu'ils ne limitent la visibilité en virage. La découpe des plaques de blindage sur l'avant de la caisse et de l'habitacle fut également modifiée en prenant exemple sur la première version du prototype en vue de faciliter la construction.

L'Abm.1 durant ses essais, encore immatriculée "Prova TO.64". L'Abm.1 à l'automne 1939.
Lors des grandes manoeuvres de l'armée du Pô en août 1939, l'Abm.1 portait l'immatriculation "R.E. 3". L'Abm.1 franchissant un cours d'eau en mai 1940.

Les essais sur le prototype destiné à la PAI, réimmatriculé "Polizia coloniale 0501", furent effectués en parallèle. Le véhicule débarqua à Massaoua le 3 juin 1939 et, de là, partit pour un circuit d’essai de 13 000 km avant de revenir à Massaoua le 12 septembre. Malgré des conditions climatiques difficiles, l'automitrailleuse donna satisfaction. Elle fut rembarquée pour l’Italie accompagnée d’un rapport favorable contenant quelques propositions de modifications : ajout d'un support pour mitrailleuse antiaérienne sur la tourelle, remplacement du projecteur caréné par un projecteur orientable plus discret, mise en place d'un système permettant de rabattre l'antenne radio sur le flanc droit de l'habitacle et supression des protections des roues de secours. Après avoir reçu ces améliorations, le prototype, dénommé AB 6, fut envoyé à l’école de la PAI de Tivoli à l'été 1940 pour la formation du personnel et réimmatriculé "Polizia Africa Italiana 0501".

Le prototype destiné à la PAI lors des essais en Afrique Orientale en 1939. Le prototype destiné à la PAI en Afrique Orientale. Remarquez l'immatriculation "Polizia coloniale 0501".
En 1939, le prototype destiné à la PAI fut présenté à Asmara avec des pneus de sécurité.
Le prototype destiné à la PAI, désigné AB 6 après modifications à l'usine Ansaldo. Le projecteur de tourelle n'est pas encore monté.
(crédits photo : Archive Ansaldo)
L'AB 6 présentée à une délégation allemande à l'école de police coloniale de Tivoli en mars 1941.
L'AB 6 immatriculée "Polizia Africa Italiana 0501" à Tivoli le 18 mars 1941.
(crédits photo : Istituto Luce via Nicola Pignato)
Détail de l'AB 6 montrant le support pour mitrailleuse antiaérienne et l'antenne rabattue.
(crédits photo : Tempo)
Photo couleur de l'AB 6 à l'école de police coloniale de Tivoli en 1941.

Finalement, les deux versions furent réunies en une seule, désignée Autoblinda 40 et homologuée le 18 mars 1940. Une première commande fut passée pour 185 exemplaires, dont 9 pour la PAI, à laquelle s'ajoutèrent 54 exemplaires prévus à l’export vers la Yougoslavie (et qui ne furent jamais livrés).

Le prototype de l'AB 40, désigné lui aussi AB 6 et immatriculé RE 116B, se distinguait de l'AB 6 de la PAI par l'absence de projecteur sur la tourelle, la suppression des deux prises d'air arrière sur la tourelle, l'adoption de nouvelles jantes à branches et l'ajout d'un phare Notek sur l'avant de la caisse. Sur le modèle de série de l’AB 40, le support de l’arme antiaérienne et le phare Notek disparurent, tandis qu'une deuxième corne de klaxon fut ajoutée sur le garde-boue avant droit. Les garde-boue avant furent également raccourcis.

La production en série ne démarra qu'en janvier 1941 et les 5 premières AB 40 (immatriculés RE 117B à 121B) furent achevées en mars. En juillet 1941, 17 automitrailleuses avaient été livrée et 80 autres attendaient d'être équipées de leurs instruments optiques. En l'espace de 14 mois, entre janvier 1941 et février 1942, SPA avait assemblé 331 châssis et Ansaldo-Fossati réalisé 343 caisses pour un total de 320 exemplaires livrés.

AB 6 immatriculée RE 116B, reconnaissable au phare Notek et au support de la mitrailleuse antiaérienne. Le premier exemplaire de série de l'AB 40, qui sera immatriculé RE 117B, à l'usine d'Ansaldo-Fossati en mars 1941.
Les 5 premiers exemplaires de l'AB 40 à l'usine Ansaldo-Fossati en mars 1941.

En novembre 1940, avant même que les premiers exemplaires de l'AB 40 n’entrent en service, une nouvelle tourelle fut conçue avec un armement plus puissant, composé d’un canon Breda 20/65 jumelé avec une mitrailleuse Breda 38 de 8 mm, en lieu et place des deux Breda 38 armant les prototypes et les premières AB 40. Seules quelques exemplaires utilisés pour l’entraînement, dont 5 au centre de formation sur automitrailleuses créé à l'école de cavalerie de Pinerolo, et une partie des AB 40 ferroviaires retinrent la tourelle d’origine.

À ce stade, il convient de donner quelques précisions concernant les désignations AB 40 et 41. Toutes les sources ne concordent pas sur l'usage de ces deux appelations. En général, les exemplaires armés de deux Breda mod.38 jumelées sont appelées AB 40, tandis que ceux dotés d'un Breda 20/65 sont désignés AB 41. Le manuel Autoblinda 40-41 Fiat-Ansaldo, Norme sommarie sul funzionamento, guida, uso e manutenzione édité en mars 1943 stipule en effet que les exemplaires armés du Breda 20/65 sont dénommés Autoblinde 41. En revanche, les registres de l'Ufficio Autonomo Approvvigionamenti Automobilistici Regio Esercito, qui dressent la liste des véhicules produits avec leur immatriculation, le numéro de châssiss et le numéro de moteur, mentionnent la désignation AB 40 pour tous les exemplaires produits en 1941 et au début de 1942. Selon ces registres, les exemplaires immatriculés 116B à 551B seraient des AB 40, tandis que ceux immatriculés 552B à 714B seraient des AB 41. Toutefois, lorsque les plaques ne sont pas visibles sur les photos, j'ai préféré désigner AB 41 toutes les automitrailleuses armées d'un canon Breda 20/65.

De nombreuses entreprises intervenaient dans la constructions des AB 40/41 : les plaques de blindage étaient founies par SIAC, les châssis par SPA et en moindre mesure par Lancia, les instruments optiques par San Giorgio, l'armement par Breda, tandis qu'Ansaldo s'occupait de confectionner la caisse et la tourelle et réalisait l'assemblage final. Au 31 décembre 1941, 250 exemplaires avaient été livrés, et 302 autres le furent en 1942. Avec les bombardements des grandes villes du Nord fin 1942, et en particulier de Turin, la cadence de production tomba en-dessous de 25 exemplaires par mois. Durant les 7 premiers mois de l’année 1943, 72 AB 41furent encore produites. Au moment de l’armistice du 8 septembre 1943, 644 AB 40/41 avaient été construites, dont 20 se trouvaient encore en usine en attente de livraison. Sous l'occupation allemande, 23 AB 41 supplémentaires auraient été produites.

Vue de 3/4 avant du prototype de l'AB 40 armée d'un canon Breda 20/65. Vue de 3/4 arrière du prototype de l'AB 40 armée d'un canon Breda 20/65, immatriculé 126B. L'exemplaire RE 403B sortant de l'usine Ansaldo en mai 1942.
(crédits photo : Rosini via Nicola Pignato)
Assemblage de la tourelle sur la caisse à l'usine Ansaldo-Fossati.
(crédits photo : Archive Ansaldo)
Montage du Breda 20/65 par la trappe arrière de la tourelle.
(crédits photo : Archive Ansaldo)
Alignement d'AB 41 en finition à l'usine Ansaldo de Gênes-Sampierdarena en septembre 1942. Au premier plan, on reconnaît un semovente da 75/18.

Description technique

La caisse de l’autoblinda AB 40/41 était constituée de tôles d'acier boulonnées sur une structure de profilés. Cette disposition n’offrait pas une aussi bonne protection qu’un assemblage mécano soudé mais facilitait le remplacement d'un élément de blindage en cas de réparation. Si la haute silhouette du véhicule constituait un avantage pour l’observation, elle le rendait facilement repérable, en particulier dans les grandes étendues désertiques.

AB 41 conservée au musée de l'industrie et du travail de Rodengo Saiano, près de Brescia.
AB 41 exposée dans la caserne Beraudo di Pralorono de Grosseto.
(crédits photo : Giulio Gobbi)
Coupe longitudinale d'une AB 41. L'utilisation de boulons à tête conique pour l'assemblage des tôles permettait de réduire leur vulnérabilité. Remarquez le contre-poids de tourelle monté sur les AB 41 pour pallier à un problème de pointage sur des terrains en pente.
(crédits photo : Archive Ansaldo)

Les deux postes de pilotage de l’automitrailleuse, un à l’avant et l’autre à l’arrière, lui permettaient d’être conduite dans un sens ou dans l’autre. Cette caractéristique avait été souhaitée par le commandement italien pour permettre au véhicule de se désengager sur de petites routes de montagne sans avoir à faire demi-tour. Si cette option pouvait paraître superflue dans le désert, elle se révéla utile à l'usage, car elle permettait à l'équipage de se protéger derrière la masse du moteur lors des engagements. Depuis le poste de pilotage avant, le conducteur pouvait utiliser la totalité des 6 rapports de la boîte de vitesse, alors que du poste arrière, il ne pouvait utiliser que les 4 premiers rapports. Le passage d’un poste de pilotage à l’autre se faisait en actionnant une manette. La visibilité du pilote était assurée par une écoutille à l’avant et à l’arrière de l'habitacle et par un épiscope pour le poste avant, dont le prisme avait une dimension de 19x36 cm et une visuelle de 52° à 82° verticalement.

Écorché de l'habitacle d'une AB 41. Vue générale de l'habitacle, avec au fond le poste de conduite avant.
(crédits photo : Archive Ansaldo via P. Rosini)
Poste de conduite avant, écoutille fermée. Poste de conduite avant de l'exemplaire conservé à Rodengo Saiano.
(crédits photos : Aymeric Lopez)
Vue générale de l'habitacle avec au fond le poste de conduite arrière.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Poste de conduite arrière et support de la mitrailleuse Breda mod.38. Poste de conduite arrière et support de la mitrailleuse Breda mod.38 de l'exemplaire de Rodengo Saiano.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Écoutille du poste de pilotage avant.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Écoutille du poste de pilotage arrière.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Schémas de l'épiscope du conducteur.

Le moteur SPA essence 6 cylindres en ligne doté d'un carburateur Zenith type 42 TTVP était logé à l’arrière de la caisse. Son refroidissement se faisait par un circuit d’eau entraîné par une pompe centrifuge. Le filtre à air à bain d'huile donnait satisfaction, même dans le désert. L'essence était stockée dans 3 réservoirs : le réservoir principal, d'une capacité de 118 litres, logé entre les deux longerons du châssis, derrière le poste de conduite avant, le réservoir auxiliaire de 57 litres derrière le blindage frontal (signalé de l'extérieur par la présence du bouchon de remplissage) et le réservoir de réserve de 20 litres à gauche du poste de pilotage postérieur, près du réservoir d'eau du radiateur. L'utilisation du réservoir auxiliaire, particulièrement exposé aux tirs ennemis, fut abandonnée au profit de jerrycans de 20 litres montés à l'extérieur de l'habitacle, une disposition certes plus vulnérable mais moins dangereuse. On pouvait lancer le moteur soit manuellement à l’aide d’une manivelle soit électriquement avec une clef de contact depuis les deux tableaux de bord. Le capot moteur était percé de deux ouvertures protégées par des trappes munies de grilles de ventilation. D'autres grilles de ventilation se trouvaient sur l'arrière de la caisse.

Châssis de l'AB 40 extrait du manuel d'entretien. De gauche à droite (d'arrière en avant), on reconnaît : les radiateurs et leurs ventilateurs, le moteur, la boîte de vitesse, le différentiel, le réservoir principal et le poste de conduite avant. Châssis vu de l'arrière, avec au premier plan les radiateurs. Châssis vu de l'avant. On distingue le réservoir principal entre les deux postes de conduite.
AB 41 en cours de maintenance en Afrique du Nord. La dépose du capot moteur et des radiateurs laisse voir les deux ventilateurs.
(crédits photo : Luce via Filippo Cappellano)
Maintenance du moteur d'une AB 41 en Afrique du Nord.
(crédits photo : USSME via David Zambon)
Moteur sur son support de maintenance.
Schéma de l'alimentation du moteur en essence. Bouchon de remplissage du réservoir auxiliaire de 57 litres.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Trappes de visites munies de grilles de ventilation sur le capot moteur.
(crédits photo : Aymeric Lopez)

L'embrayage monodisque à sec transmettait le mouvement du vilebrequin à une boîte de vitesse à pignons toujours en prise. En aval se trouvait l'inverseur de marche qui entraînait à son tour le différentiel d'où partaient les quatre arbres de transmission. Les quatre roues étaient donc motrices mais aussi directrices. Les deux roues de secours montées libres sur leur axe de part et d’autre du châssis aidaient le véhicule lors du franchissement d’obstacles sur terrain accidenté. Cette astuce était une nouveauté à l'époque, qui suscita l'intérêt des Allemands et des Anglais. Différents types de pneus pouvaient être montés, tous fabriqués par Pirelli : le type Artiglio, le type Libia renforcé et le pneu de sécurité, dont la chambre à air était remplacé par des secteurs de gomme très élastique. Sur les terrains rocheux comme le désert de Marmarique, les pneus Libia s'usaient très rapidement. À ces pneus standards venait s'ajouter l'Artiglio à section élargie comme le montrent certaines photographies.

Pneu de type Artiglio sur l'exemplaire de Rodengo Saiano.
(crédits photo : Guillaume Terret)
Colonne d'AB 41 : le dernier véhicule est équipé de pneus Artiglio. La couverture du manuel d'instruction montre une AB 41 équipée de pneus Libia.
AB 41 immatriculée RE 286B montant des pneus Libia.
(crédits photo : collection Luca Massacci)
Ces AB 40 sont équipées de pneus Artiglio (à droite) et de pneus de sécurité (à gauche). Roue de secours montée libre sur son axe pour aider au franchissement.
(crédits photo : Aymeric Lopez)

L’installation électrique composée d'une batterie Marelli 3 MF 15 de 4 accumulateurs permettait d’alimenter les 4 phares extérieurs, dont les deux situés dans le glacis avant, orientables de l’intérieur, les trois lampes pour l’éclairage interne et l'avertisseur sonore se trouvant sur le garde-boue avant droit.

Phare arrière.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Phare avant situé dans le glacis.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Schéma de l'installation électrique de l'AB 41.

La tourelle initiale des AB 40 était armée par deux mitrailleuses Breda mod.38 de 8 mm. Ensuite, elle fut légèrement rehaussée pour accueillir un canon mitrailleur Breda de 20/65 et une mitrailleuse Breda 38 coaxiale. L'élévation des armes était comprise entre -10° et +20°. Le pointage était effectué à l’aide d’un collimateur optique avec un champ de vision de 30° et un agrandissement de 1, placé à droite du canon, tandis que les commandes de tir étaient actionnées par des pédales. La rotation de la tourelle était manuelle et se faisait en tournant un petit volant.

Sur les flancs de la tourelle étaient pratiquées deux ouvertures rectangulaires protégées par un blindage permettant le renouvellement de l’air. La trappe arrière permettait quant à elle la substitution de l’armement. L'écoutille sur le toit de la tourelle était le plus souvent maintenue ouverte et servait de poste d'observation au chef de char. En cas de danger, il la refermait et se mettait au périscope panoramique pivotant sur 360°, qui lui offrait un champ de vision de 30°.

L’armement de l’automitrailleuse était complété par une autre mitrailleuse Breda mod.38 montée sur un support sphérique placé à l’arrière de l'habitacle. Son système de pointage offrait une vision à 20° et un agrandissement de 1. La protubérance semi-cylindrique au-dessus de l'arme permettait d'augmenter son angle de tir en dépression et de faciliter son extraction.

Schéma des plaques de blindage de la tourelle de l'AB 41. Tourelle de l'exemplaire conservé à Rodengo Saiano.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Capot blindé protégeant l'ouverture d'aération.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Écoutille du chef de char.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Vue intérieure de la tourelle.
(crédits photo : Guillaume Terret)
Canon mitrailleur Breda de 20/65 en tourelle et mitrailleuse Breda mod.38 montée à l'arrière de l'habitacle.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Masque de tourelle équipé, de gauche à droite, de la mitrailleuse Breda mod.38 coaxiale, du canon Breda 20/65 et du collimateur.
(crédits photo : Archive Ansaldo)
Vue de la tourelle d'une AB 41 avec, sur la gauche, le périscope du chef de char. Schéma du périscope panoramique du chef de char. La tête était interchangeable.
Support de la mitrailleuse Breda mod.38 arrière.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Protubérance semi-cylindrique au-dessus de la mitrailleuse arrière.
(crédits photo : Aymeric Lopez)

Pour l’accès au véhicule, l’équipage disposait d’une portière de type « écurie » (composée de deux panneaux) de chaque côté de la caisse, derrière les roues de secours. Le panneau inférieur des portes ne pouvait être ouvert que si le supérieur l’était déjà. Ce dernier était percé d'un sabord de tir, protégé par un volet circulaire.

Sur la face interne du panneau supéreur de la portière de cette AB 41 est inscrite la devise "Col cuore e col motore oltre ogni meta". Sur cette AB 41 en cours de réparation, les deux panneaux de la portière type écurie sont ouverts. Panneau supérieur doté d'un sabord de tir protégé par un volet circulaire.
(crédits photo : Aymeric Lopez)

Les communications étaient assurées par un poste radio Marelli RF 3 M de 38W, composé d'un émetteur et d'un récepteur montés sur le flanc droit de l’habitacle des AB 41 à partir de l'automne 1941. L’antenne rabattable de 7 m se trouvait sur le côté gauche de la casemate. En conditions normales d'utilisation, l'antenne était dressée à 3 m. Complètement déployée et véhicule à l'arrêt, elle portait à 60 km. La portée véhicule en marche oscillait entre 25 et 35 km. Certains véhicules étaient équipés d'une radio RF 2 CA dont l'antenne se trouvait à l'arrière gauche de la superstructure.

Schéma du poste radio Marelli RF 3 M composé d'un émetteur et d'un récepteur. AB 41 du Nizza Cavalleria avec leur antenne déployée au maximum, soit 7 m.
(crédits photo : Archive Lancia)
AB 41 du Nizza Cavalleria équipée d'une radio RF 2 CA sur le front égyptien en août 1942. L'antenne est montée sur l'arrière gauche de l'habitacle.
(crédits photo : USSME)
Support de l'antenne situé sur l'arrière gauche de la casemate.
(crédits photo : Aymeric Lopez)

Au cours de la production, de petites modifications furent apportées aux AB 41, comme la mise en place de points d’encrage pour jerrycans d’essence et d’eau sur les gardes-boue et sur les flancs. Cette disposition fut adoptée en novembre 1942 sur toutes les machines alors en constructions. Le pot d'échappement, de forme cylindrique au départ, fut transformé pour obtenir au final une section quadrilobée. Les indicateurs de gabarit, présents initialement sur les seuls gardes-boue avant, furent ajoutés sur les gardes-boue arrière par la suite.

Toujours en 1942, pour répondre aux exigences des unités au front, un support de mitrailleuse antiaérienne fixé sur l’angle postérieur droit de la tourelle fut testé sur le prototype de l’AB 40 armée d’un canon de 20 mm (immatriculé RE 126B), ainsi que le montage de lance-pots fumigènes. Ces améliorations ne furent cependant apportées aux véhicules de série que sur l'AB 43.

AB 41 du VIII battaglione bersaglieri en Afrique du Nord avec un support bricolé pour installer une mitrailleuse antiaérienne en tourelle. (crédits photo : Nicola Pignato) AB 40 RE 126B avec un support expérimental pour mitrailleuse antiaérienne, un support pour lance-pots fumigènes et un râtelier pour jerrycans.
(crédits photo : CETEM)
AB 41 de fin de production avec supports pour jerrycans à Pinerolo, le 18 février 1943.
(crédits photo : Quadrini)

Draisine

Le 24 janvier 1942, le SMRE émit une note demandant de modifier en urgence un certain nombres d'AB 40/41 pour les rendre aptes à la circulation sur des voies de chemin de fer à écartement normal. Ansaldo se mit tout de suite au travail et adopta les solutions suivantes : l'ajout de quatre roues ferroviaires en plus des roues de route, le jeu de roues non utilisé étant monté sur les axes des roues de secours à raison de deux par bord, la mise en place de sablières pour augmenter l'adhérence roue-rail, l'ajout d'un phare orientable sur la tourelle et d'un dispositif de blocage de la direction. Des chasse-pierres antérieur et postérieur furent également montés sur certains exemplaires.

Avant l'armistice de septembre 1943, 20 automitrailleuses furent transformées en draisines. Toutes furent immatriculées le 8 mai 1942; il s'agissait des 304B, 315B, 317B, 320B, 328B, 336B, 339B, 360B, 368B, 369B, 370B, 381B, 382B, 373B (première draisine armée d'un canon de 20 mm), 375B, 379B, 385B, 394B, 403B et 413B.

Draisine AB 40 immatriculée RE 336B armée de 3 mitrailleuses Breda mod.38. Draisine AB 40 immatriculée RE 336B armée de 3 mitrailleuses Breda mod.38. Le même véhicule configuré pour la marche sur route.
La draisine immatriculée RE 373B fut la première à être armée d'un canon Breda 20/65. Notez la présence des sablières sur les garde-boue avant. Le même véhicule vu de 3/4 arrière. On remarquera les roues ferroviaires montées à l'emplacement des roues de secours et les sablières fixées sur les flancs du capot moteur.
Draisine AB 40 sur une voie ferrée des Balkans en 1942. Remarquez les roues de route montées à l'emplacement des roues de secours à raison de deux par bord. Draisine AB 40 en Yougoslavie en 1942.
(crédits photo : CMG Museum)
Draisine immatriculée RE 394B en Yougoslavie en 1942.

Version de commandement

Fin 1942, le CSM transforma le prototype de l'AB 40 (AB 6 immatriculé RE 116B) en version de commandement, adoptée le 18 novembre 1942 et commandée en 50 exemplaires. Mais il semblerait qu'aucun d'eux n'ait été produit.

Le prototype de l'autoblinda comando 42 voyait la tourelle, le poste de conduite et la mitrailleuse arrière supprimés, tandis que l'habitacle était légèrement réhaussé. Le toit blindé était doté de 4 trappes d'accès : deux latérales, une sur l'avant et une sur l'arrière, ces deux dernières étant munis de vitres blindées lors des essais au CSM pour rendre l'habitacle plus lumineux. À l'usine Ansaldo, ces vitres furent supprimées peu avant le 29 janvier 1943.

Le prototype de l'autoblinda comando 42, obtenu par la transformation de l'AB 6 RE 116B. Lors des essais au CSM, les trappes avant et arrière du prototype de l'autoblinda comando 42 étaient percées de vitres.
Le prototype de l'autoblinda comando 42 après la supression des vitres sur les trappes avant et arrière.
(crédits photo : Archive Ansaldo)
Vue de l'habitacle du prototype de l'autoblinda comando 42.
(crédits photo : Archives Ansaldo)

L'AB 40/41 en guerre

Les audacieuses incursions des hussards anglais derrière les lignes italiennes dès le début du conflit en Afrique du Nord firent rapidement prendre conscience à l'état-major italien de l'importance des automitrailleuses sur ce théâtre d'opérations. Mais en 1940, aucun véhicule moderne de ce type n'était disponible dans l'arsenal italien. Il fallut attendre octobre 1941 pour qu'un peloton du III gr.cr Nizza Cavalleria soit envoyé en Libye avec 3 exemplaires d'AB 40, accompagné par la 1a cp du battaglione Romolo Gessi de la PAI sur 10 machines, immatriculées PAI 0501 (le prototype) à 0510. En ce second semestre 1941, l'idée de l'état-major italien étaient de doter chaque division blindée et motorisée d'une unité de reconnaissance, baptisée RECo, tandis que les divisioni celeri devaient disposer de REC et les corps d'armée de NEC. Mais la réalité fut tout autre : les REC restèrent à l'état de projet, les NEC furent assignés à certaines divisions d'infanterie et les divisions blindées ne prirent en charge leur RECo qu'en 1943. Malgré ces retards, plusieurs unités d'automitrailleuses furent engagées en Afrique du Nord. En avril 1942 débarquèrent en Libye le III gr.cr Nizza Cavalleria au complet avec 42 automitrailleuses ainsi que le VIII btg.bers, qui furent affectés aux divisions Ariete et Trieste respectivement. En août 1942, le III gr.cr Cavalleggeri di Monferrato gagna à son tour l'Afrique du Nord avec 42 AB 41 sur 2 escadrons. Le RECo Cavalleggeri di Lodi, opérationnel en novembre, disposait quant à lui de 36 machines.

AB 40 du peloton expérimental du Nizza Cavalleria à Sidi Rezegh en novembre 1941. On distingue la devise "NICAE FIDELIS" peinte au-dessus de l'écoutille du conducteur.
(crédits photo : USSME)
Alignement d'AB 40 de la 1a cp du battaglione Romolo Gessi à Nettunia en septembre 1941 avant leur départ pour la Libye. L'AB 6 immatriculée PAI 0501 à Tripoli durant l'hiver 1941-42.
AB 41 en Marmarique au printemps 1942. Le rectangle blanc peint sur le flanc droit constitue vraisemblablement la partie centrale d'un drapeau italien encore inachevé, appliqué sur toutes les automitrailleuses de la PAI. AB 41 du VIII btg.bers en Libye le 16 mai 1942. On remarque une croix blanche peinte sur l'avant du blindé.
(crédits photo : Nicola Pignato)
Une silhouette de bersagliere a été peinte sur le flanc droit de cette AB 41 en Afrique du Nord.
(crédits photo : Daniele Guglielmi)
AB 41 du III gr.cr Nizza Cavalleria en Afrique du Nord.
AB 41 du III gr.cr Monferrato en Afrique du Nord.
(crédits photo : Archive Ansaldo via Nicola Pignato)
AB 41 du III gr.cr Nizza Cavalleria en Afrique du Nord. Colonne d'AB 41 traversant l'oasis de Siwa en 1942.
(crédits photo : Istituto Luce via David Zambon)
Changement de pneu sur l' AB 40 PAI 0510 du btg Romolo Gessi en Marmarique à l'été 1942. AB 41 n°14 du btg Romolo Gessi à Barce le 13 novembre 1942. AB 41 du RECo Cavalleggeri di Lodi à Gabès, en Tunisie.

Outre la Libye, les AB 40/41 furent largement utilisées dans les Balkans pour l'escorte des convois routiers et ferroviaires contre les actions des partisans. De nombreuses unités de taille modeste, à l'échelle du peloton ou de la compagnie, furent équipées de ces automitrailleuses, ce qui rend leur recensement difficile. Le IV gr.cr Nizza Cavalleria, fort de ses 36 machines, était l'unité la plus importante déployée dans ce secteur. On peut également citer les , , et 4° plotoni autonomi affectés à la 2a Armata déployée en Slovénie et en Dalmatie, les 8a et 9a compagnie, et la 1a compagnia autoblindo ferroviarie constituée le 15 mai 1942 qui opéra en Yougoslavie avec 10 draisines, puis 20 à partir d'octobre 1942. En URSS, un plotone autonomo autoblindo fut constitué au sein de la division Vincenza le 22 août 1942.

AB 41 escortant un convoi dans les Balkans. AB 41 dans un village des Balkans. AB 41 du IV gruppo Nizza Cavalleria défilant à Tirana en 1943.
AB 41 en Yougoslavie.
(crédits photo : Luca Massacci)

Deux AB 41 furent cédées à la Milizia Confinaria le 4 mai 1942 suite à une requête du préfet de Fiume (l'actuelle Rijeka en Croatie), et une autre fut acquise par la Milizia Portuaria le 4 octobre de la même année. La 7a cp autoblindo bersaglieri fut détachée du 18° rgt bersaglieri pour être envoyée en Corse en novembre 1942. En Italie, la création des NEC n'intervint qu'en 1943 : chacun d'eux comprenait 2 plotoni autoblindo pour un total de 8 AB 41. Le NEC, assigné à la division d'infanterie Pasubio, fut constitué le 5 juin 1943. Le 12° NEC fut affecté à la Sassari, le 28° NEC, créé le 13 juin 1943, à l'Aosta,et le 30° NEC, formé le 1er août 1943, à la Sabauda. Le RECo Lancieri di Montebello, constitué des III et IV gruppi Lancieri di Firenze, participa à la défense de Rome contre les unités allemandes les 9 et 10 septembre 1943. Ses automitrailleuses reçurent un camouflage composé de bandes marron et vertes sur fond jaune sable durant leur transfert entre Ferrare et Rome, plus précisément lors de leur arrêt à la gare de Castelnuovo di Porto. La colonne Cheren de la PAI combattit également dans la capitale avec ses 14 automitrailleuses.

AB 40 immatriculée RE 352B cédée à la Milizia Confinaria en mai 1942.
(crédits photo : USSME)
AB 41 de la 7a cp bersaglieri en Corse en novembre 1942. AB 41 de la colonne Cheren en septembre 1943 à Rome.

En date du 28 septembre 1943, la Wehrmacht avait récupéré environ 200 automitrailleuses AB 40/41, dont 110 furent ensuite cédées à l'armée croate. Plusieurs unités de la RSI réussirent néanmoins à récupérer des AB 41 : on peut notamment citer le gruppo corazzato Leonessa de la GNR qui en comptabilisa 18, le gruppo squadroni San Giusto qui en utilisa 4, divers unités de la GNR et le Raggruppamento Anti Partigiano avec 1 exemplaire. Au Sud, trois AB 41 furent utilisées au sein du IX reparto d'assalto du CIL en 1944.

AB 41 du gruppo Leonessa de la GNR. AB 41 du gruppo San Giusto en septembre 1944.
(crédits photo : Di Fazio)
AB 41 du IX reparto d'assalto du CIL.
(crédits photo : Nicola Pignato)

Après-guerre, les AB 41 restèrent en service au sein de la Polizia et des Carabinieri, en particulier au sein du Reggimento Genio Ferrovieri jusqu'au début des années 1970. Sur certains exemplaires, l'armement principal fut substitué par une mitrailleuse Browning M2 HB de 12,7 mm.

Fiche technique
 AB 40AB 41
Longueur 5200 mm 5200 mm
Empattement 3200 mm 3200 mm
Largeur 1920 mm 1920 mm
Voie avant / arrière 1634 / 1634 mm 1634 / 1634 mm
Hauteur 2440 mm avec périscope 2484 mm avec périscope
Garde au sol 350 mm 350 mm
Poids en ordre de combat 6850 kg 7400 kg
Équipage 4 4
Moteur SPA Abm 1 essence 6 cylindres en ligne de 4995 cm3, développant 80 ch à 2700 tr/min
Vitesse maximale 78 km/h sur route
20 km/h en tout terrain (vitesse moyenne)
78 km/h sur route
20 km/h en tout terrain (vitesse moyenne)
Autonomie 400 km sur route
8 h en tout terrain
400 km sur route
8 h en tout terrain
Emport en carburant 195 L 195 L
Protection 6 à 18 mm 6 à 18 mm
Armement 3 mitrailleuses Breda mod.38 de 8 mm (4080 coups) 1 canon Breda 20/65 (456 coups)
2 mitrailleuses Breda mod.38 de 8 mm (1992 coups)
Plan 4 vues du premier prototype Autoblinda RE. Plan 4 vues du prototype de police coloniale dans sa première configuration. L'antenne radio a été omise. Plan 4 vues de l'Abm.1.
Profil de l'AB 6 immatriculée PAI 0501. Plan 4 vues de l'AB 6 immatriculée RE 116B. Le support de mitrailleuse antiaérienne est omis. Plan 4 vues d'une AB 41.
Profil d'une AB 41 de fin de production. Profil du prototype de l'autoblinda comando 42. Plan 4 vues de l'AB 40 ferroviaria.
AB 6 immatriculée PAI 0501. AB 40 ferroviaria dans les Balkans en 1942. AB 40 du Nizza Cavalleria à Sidi Rezegh en novembre 1941.
AB 41 n°15 de la PAI en Tunisie début 1943. AB 41 à Rome en septembre 1943. AB 41 du gruppo squadroni San Giusto.
Sources :
  • Gli Autoveicoli da combattimento dell’Esercito Italiano, Volume secondo (1940-1945), Nicola Pignato & Filippo Cappellano, Stato Maggiore dell’Esercito, Ufficio Storico, 2002
  • I mezzi blindo-corazzati italiani 1923-1943, Nicola Pignato, Storia Militare, 2004
  • Motoriii!!!, Le truppe corazzate italiane 1919-1994, Nicola Pignato, GMT, 1995
  • Mezzi dell'Esercito Italiano 1935-45, Ugo Barlozzetti & Alberto Pirella, Editoriale Olimpia, 1986
  • La meccanizzazione dell'esercito dalle origini al 1943, Tomo II, Lucio Ceva & Andrea Curami, USSME, 1994
  • Italian armoured vehicles 1940-1943 : A pictorial history, Luca Massacci, Roadrunner, 2013
  • Insegne, uniformi, distintivi e tradizioni delle truppe corazzate italiane, Nicola Pignato & Filippo Cappellano, T & T Editore, 2005
  • Italian Armored Vehicles of World War Two, Squadron/Signal Publications, Nicola Pignato, 2004
  • A century of italian armored cars, Nicola Pignato, Mattioli 1885, 2008
  • Autoblindo AB 40, 41 e 43, Filippo Cappellano, Storia Militare, 2011
  • Le autoblinde AB 40, 41 e 43, Nicola Pignato & Fabio d'Inzéo, Gli appunti di... Modellsimo Più (disponible ici)
  • Storia della PAI, Polizia Africa Italiana 1936-1945, Raffaele Girlando, Italia Editrice New, 2003
  • Il gruppo corazzato « San Giusto » dal Regio Esercito alla RSI 1934-1945, Stefano Di Giusto, Laran Éditions, 2008
  • …Come il diamante, I Carrisit italiani 1943-45, Sergio Corbatti & Marco Nava, Laran Éditions, 2008
  • Les véhicules blindés italiens 1910-43 (suite et fin), Daniele Guglielmi, traduit par David Zambon, Batailles & Blindés n°25, 2008
  • Les automitrailleuses du Regio Esercito 1940-1943, David Zambon, Histoire de Guerre n°66, 2006
  • Autoblinda Fiat Ansaldo 40 41, Istruzioni per le riparazioni, Società Ligure Piemontese Automobili, octobre 1942
  • Autoblinda 40-41 Fiat-Ansaldo, Norme sommarie sul funzionamento, guida, uso e manutenzione, Società Ligure Piemontese Automobili, 20 mars 1943
Pour reproduire ce véhicule :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Il Principe Nero 1/72 72001 Autoblinda 41 -
Il Principe Nero 1/72 72002 Autoblinda 41 Ferroviaria -
Extratech 1/72 72M07 Autoblindata AB41 -
Armo 1/72 72121 Autoblinda AB41 -
Italeri 1/72 7051 Autoblinda AB 41 Maquette d'Aymeric Lopez
Italeri 1/72 7064 Autoblinda AB 40 Ferroviaria -
Gaso.Line 1/48 5007 AB 41 -
Wespe Models 1/48 WES 48021 AB 41 -
Supermodel 1/48 10501 AB41 -
Italeri 1/35 6442 Autoblinda AB41 Maquette de Laurent Moitrot
CRI.EL Model 1/35 R071 AB.41 Armored Car -
Azimut Productions 1/35 35040 AB 41 -
Schmidt 1/35 AB 40 -
Italeri 1/35 6482 Autoblinda AB 40 -
Italeri 1/35 6456 Autoblinda AB 40 Ferroviaria -
Lu 19347 fois Dernière modification le jeudi, 02 juillet 2015 18:35
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