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jeudi, 26 avril 2012 22:53

Yougoslavie, une conquête facile...

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Diorama d'Aymeric Lopez au 1/72

 

Le contexte

Au début de la courte campagne de Yougoslavie, la division blindée Centauro, commandée par le général Pizzolato, ne dispose que de 50 chars légers L3/35, répartis entre les , II° et IV° battaglioni carristi, et 13 chars moyens M13/40 regroupés au sein du IV° battaglione M. Elle est déployée dans les environs de Scutari. Mais, curieusement, sur cette partie du front, ce sont les Yougoslaves qui passent à l’offensive, ou plutôt qui harcèlent la 9ª Armata. Le 9 avril, des bersaglieri auraient brûlé un navire essayant de débarquer des troupes en lui jetant des grenades depuis unes falaise. Le 10, la Centauro doit se replier sous la pression yougoslave, mais les L3 réussissent à faire quelques prisonniers.

Le 11 avril, les Yougoslaves lancent une attaque d’envergure, mais les Italiens ont pu s’emparer des plans. Le 31° reggimento carristi peut être déployé en conséquence. Appuyés par une compagnie de M13, les L3 du I° battaglione dispersent une colonne d’infanterie, tandis que ceux du III° battaglione réussissent à capturer des soldats qui avaient traversé la rivière Pron, et à mettre en fuite les autres. Pendant ce temps, le IV° battaglione de L3 ouvre une brèche au cœur du dispositif ennemi, capturant entre autre un major. L’utilisation de L3 lanciafiamme s’avère très efficace, mais ils restent trop peu nombreux : il n’y en a que deux par bataillon. Le 12 avril, une nouvelle offensive yougoslave est repoussée, ce qui fut facilitée par l’interception d’un ordre yougoslave. Mais quelques L3 de la 3ª compagnia sont immobilisés sur la route de Ura Zaies. Trois M13/40 sont dépêchés sur place pour récupérer les L3 et leurs équipages.

Le 13 avril, l’attaque des fantassins yougoslaves, sur deux colonnes, est appuyée par des chars Renault FT-17 et M28. La colonne de droite est refoulée par le 31° reggimento, tandis que celle de gauche est arrêtée par les cavaliers du 19° reggimento Guide. Il semblerait qu’il n’y ait pas eu de combats de chars. Les Italiens réussissent à capturer 600 hommes et des armes, dont trois canons antichars de 47 mm, achetés par les Yougoslaves en Italie ! Le 14, les Yougoslaves réitèrent leur assaut, sans plus de succès.

Le 15 avril, c’est la Centauro qui passe à l’offensive, avec deux colonnes de blindés, dans les environs de Kopliku. Celle de gauche, qui compte le I° battaglione de L3 et trois pelotons de M13/40, est bloquée par le terrain, tandis que celle de droite, composée du IV° battaglione L et de 5 M13/40 traverse le Pron. La réaction de l’artillerie yougoslave est particulièrement violente : 11 L3 et 3 M13/40 sont détruits, et six autres chars sont endommagés. Les Italiens se voient alors proposés un armistice par le général Petrovic, qui commande la 15ème division Zetska. Ils refusent et lancent une nouvelle attaque sur les flancs du déploiement yougoslave, et l’emploi combiné des chars et des bersaglieri du 1° reggimento permet d’enfoncer la ligne de front. Au soir du 15 avril, les Italiens contrôlent le secteur. Dès lors, l’avance de la Centauro jusqu’à Dubrovnik se fera sans combats. Elle y rejoint la Littorio le 17 avril.

Le diorama

Les maquettes utilisées pour ce diorama sont le CV3/35 de Doc Models et l’Autocaretta OM36 P tipo 1 de AP Models. Je ne reviendrai pas sur les qualités de la tankette Doc Models qui ont fait l’objet d’un article dans la rubrique Critiques. Attardons-nous en revanche sur l’autocaretta, un véhicule conçu pour le transport de troupes et le ravitaillement sur les chemins de montagne, dans le but de remplacer les mules. Mais dans les faits, l’autocaretta fut employée dans de très nombreuses situations, et pas uniquement en montagne. Le kit AP Models est le seul à traiter ce véhicule, et ce sous différentes versions (OM32/35, 36 P tipo I et tipo II). Il est constitué de pièces en résine pour les éléments les plus gros (châssis, sièges, roues…) et de deux planches de photodécoupe pour les détails. La résine est assez bien moulée, malgré quelques bulles. Mais c’est incontestablement la photodécoupe qui fait la force de ce modèle, en lui conférant un très haut niveau de réalisme. Il ne manque que les décalcomanies pour les plaques d’immatriculation (récupérées sur un kit Doc Models). La notice est claire, mais ne propose pas de solution pour la peinture. C’est donc le grigio verde traditionnel qui sera de mise pour les véhicules employés en Europe et en Russie.

Les figurines proviennent en partie de la boîte Esci des Alpini, récemment rééditée par Italeri, et de sets Mirliton pour le reste, notamment les servants et le mortier de 81 mm. Ces dernières mesurent 20mm, ce qui est presque trop pour du 1/72. Par conséquent, les figurines froment deux groupes distincts sur le diorama selon leur marque d’origine, pour atténuer la légère disproportion.

La base est constituée d’un cadre au fond duquel sont collés les morceaux de polystyrène qui serviront à créer le relief. Ensuite, je coule du plâtre sur l’ensemble de la surface, en imprimant des traces de pneus et de chenilles sur la route tant qu’il est encore frais. Une fois le sec, j’étale une couche de colle à bois sur laquelle je saupoudre de la terre fine, puis, après séchage, je répète l’opération pour le flocage. Plusieurs voiles de peinture sont appliqués à l’aérographe dans différents tons de vert et de terre. Les petits arbustes sont réalisés avec de la mousse séchée.

Sources :
  • Mezzi dell’Esercito Italiano 1935-1945, Ugo Barlozzetti et Alberto Pirella, Editoriale Olimpia, 1986
  • Italian Medium Tanks in action, Nicola Pignato, Squadron/signal Publications
  • Blitzkrieg à l’italienne, Philippe Naud, Steel Master n°67, février 2005
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