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Opérations»Guerre d'Espagne»Des Italiens en terre ibérique - Acte 3 : La conquête de Malaga
dimanche, 03 juillet 2016 19:08

Des Italiens en terre ibérique - Acte 3 : La conquête de Malaga

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Entrée des troupes franquistes à Malaga le 8 février 1937. Entrée des troupes franquistes à Malaga le 8 février 1937.

En ce début d'année 1937, la prise du saillant de Malaga, première opération de la guerre civile menée pour l'essentiel par des légionnaires italiens, constitue la seule victoire importante dans le camps nationaliste.

Objectif Malaga

À la fin de l'année 1936 , les nationalistes contrôlent 60% de l'Espagne métropolitaine, le Maroc espagnol, les Canaries et les Baléares, à l'exception de Minorque. Toute la côté méditerranéenne reste en revanche en territoire républicain, constituant la principale porte d'entrée de l'aide militaire soviétique. Pour disposer d'un port sur la côte méditerranéenne, Franco fait de la prise de Malaga, en Andalousie, son premier objectif après la prise de Madrid.

L'initiative de mener la conquête de Malaga comme une action indépendante de celle de Madrid est due au gen. Mario Roatta, qui en fait part à Franco le 17 décembre 1936. Comme vu précédemment, le Caudillo n'est guère enthousiaste à l'idée de voir combattre sur le sol espagnol des unités commandées par des Italiens, mais l'échec de sa troisième offensive sur le front de Madrid et le manque de troupes nationalistes le poussent à accepter l'offensive italienne sur Malaga. Il espère également que l'attaque de Malaga oblige les républicains à y envoyer des renforts provenant de Madrid. L'arrêt de la quatrième offensive sur la capitale à la mi-janvier 1937 à cause de conditions météorologiques particulèrement défavorables incite Franco, jusqu'ici peu enthousiaste, à revoir sa position vis à vis de l'action contre Malaga. Il comprend l'effet de diversion qu'elle peut avoir sur les républicains et décide de la préparer conjointement à la cinquième offensive contre Madrid. Mais l'offensive sur Malaga n'aura pas l'effet escompté sur les défenses de Madrid et l'offensive de février 1937 dans la vallée du Jarama sera un nouvel échec pour Franco.

Pour Roatta, la prise de Malaga est d'une importance fondamentale pour réduire la route des ravitaillements en provenance d'Italie, qui doivent jusqu'ici traverser le détroit de Gibraltar et débarquer à Cadix. En outre, il veut démontrer à Franco les capacités opérationnelles du corps expéditionnaire italien.

Le 22 décembre 1936, Roatta expose son projet à Queipo de Llano, responsable du front Sud. Ayant obtenu son approbation, il se rend en reconnaissance dans le secteur de Malaga les 23 et 24 décembre avec le t.col. Emilio Faldella, chef d'état-major de la MMIS, pour étudier la planification de l'offensive. Trois itinéraires sont envisagés pour l'attaque : Grenade-Motril, Loja-Malaga et Antequera-Malaga. Le premier itinéraire est le plus rentable puisqu'il permet d'isoler l'ensemble du saillant républicain de Malaga, entre Órgiva et Estepona, en attaquant par l'Est, mais oblige à une guerre de montagne sur la Sierra Nevada pour sécuriser les flancs de la route. Les deux autres itinéraires offrent l'opportunité d'une action convergente sur Malaga, mais ne permettent d'occuper que la moitié du saillant républicain qui concentre malgré tout les 4/5 des forces qui y sont déployées. Sur les recommandations de Faldella, qui connaît bien les difficultés topographiques du premier itinéraire, Roatta écarte l'offensive sur Motril. Les autres itinéraires d'attaque ne sont pas pour autant privés d'obstacles naturels, Malaga étant entourée par un cirque montagneux facilitant sa défense, les voies d'accès traversant des vallées encaissées.

Le 25 décembre, Roatta réunit à l'hôtel Madrid de Séville les officiers de la MMIS et les officiers encadrants le premier contingent de 3446 CC.NN. débarqué à Cadix le 22 décembre. Il désigne le col. Mario Guassardo commandant de la I brg. mista et garantit aux officiers d'encadrement que leurs hommes se battront dans des unités entièrement italiennes.

Le 26 décembre, Roatta se rend à Salamanque accompagné de Faldella pour rencontrer Franco. Ce dernier accepte la constitution d'unités italiennes et donne son accord définitif pour l'opération contre Malaga. Le 28 décembre, Roatta se rend à Rome pour faire part de la décision de Franco et demander les renforts nécessaires. Le lendemain, Ciano télégraphie à la MMIS une note autorisant l'opération sur Malaga et annonçant l'arrivée de nouveaux bataillons.

Le 31 décembre, Faldella diffuse à la MMIS trois documents concernant le plan d'action sur Malaga, reflétant la doctrine de l'attaque éclair alors en vigueur dans l'armée italienne. L'offensive devait reposer sur des actions de masse s'enchaînant le plus rapidement possible contre des objectifs décisifs situés dans la profondeur du dispositif ennemi. Les bases de départ sélectionnées étaient concentrées dans le secteur Antequera-Archidona-Loja, au plus près des objectifs. Pour obtenir l'effet de surprise, les activités de reconnaissance devaient être réduites au strict minimum, aucune préparation d'artillerie ne serait effectuée et une action de diversion serait menée le jour J-2. La rapidité de manœuvre serait assurée par la disponibilité de véhicules pour transporter les réserves. À son retour de Rome le 10 janvier 1937, Roatta donne son aval aux directives de Faldella.

Création et renforcement de l'Aviazione Legionaria

Avant de nous pencher sur le déroulement de l'opération contre Malaga, il convient de revenir sur la création de l'Aviazione Legionaria qui va intervenir dans les combats. Comme nous l'avons vu précédemment, l'Aviazione Legionaria est officiellement créée le 28 décembre 1936, sous le commandement de Vincenzo Velardo, arrivé d'Italie avec le grade de colonnello et promu generale pour renforcer son prestige auprès des généraux espagnols.

Le gen. Vincenzo Velardo, premier commandant de l'Aviazione Legionaria.

Le renforcement de l'aviation italienne en Espagne se poursuit avec l'arrivée de 9 Savoia S.81 de la 13a sq. du XXVI Gr. le 29 décembre. Le 1er janvier 1937, le bananier Aniene accoste à Séville avec à son bord 20 Fiat CR.32 bis, 3 Romeo Ro.41 et le personnel de 2 escadrilles de chasse. Le 15 janvier, 9 autres S.81 de la 11a sq. atterrissent à Séville. Redéployés à Soria avec les 9 trimoteurs arrivés le 29 décembre, ils forment le XXIV Gr. bombardamento pesante Marelli commandé par le col. Ferdinando Raffaelli.

S.81 du XXIV Gr. en vol sur l'Andalousie en février 1937.
(crédits photo : Museo Caproni Taliedo)
L'Aniene en route pour Séville, escorté par le contre-torpilleur Aquila, fin décembre 1936.
(crédits photo : collection Bernardo Monti)
Le cap. Dequal et le magg. Nuvoli devant un CR.32 sur le terrain de Séville-Tablada en janvier 1937.
(crédits photo : collection Prospero Nuvoli)

À la mi-janvier 1937, l'Aviazione Legionaria aligne 16 S.81 du XXIV Gr. Marelli, 21 Ro.37 bis des 1a et 2a sq., 69 Fiat CR.32 et 3 Ro.41 du I Gr. Cucaracha (1a, 2a et 3a sq.) et du II Gr. (4a, 5a et 6a sq.).

Le 22 janvier, le port de Cadix, où débarquent les troupes italiennes, est attaqué par 3 Tupolev SB-2. L'intervention de 2 CR.32 en patrouille sur la ville contraint les bombardiers soviétiques à se débarrasser de leurs bombes avant d'atteindre leur objectif pour rentrer au plus vite dans leurs lignes, poursuivis sans succès par les CR.32 sur plus de 100 km. Le 28 janvier, l'ouragan touchant Séville endommage 4 S.81 sur le terrain de fortune de La Cascajera, utilisé dans la crainte des raids de SB-2 sur Tablada. L'un des S.81 est déplacé de plus de 200 m par le cyclone.

Le 29 janvier, 9 CR.32 de la 5a sq. escortent 3 S.81 et 3 Ro.37 bis chargés par les nationalistes de ravitailler le sanctuaire de la Virgen de la Cabeza, dans la Sierra de Andújar, assiégé par les républicains. Les conditions météorologiques se dégradent rapidement et bientôt les pilotes perdent le contact visuel avec les autres appareils de leur formation à cause de l'apparition d'un brouillard très dense. Six CR.32 s'écrasent, deux pilotes sont tués et 4 autres faits prisonniers.

Le sanctuaire de la Virgen de la Cabeza assiégé par les républicains entre le 14 septembre 1936 et le 1er mai 1937.

Le 4 février, l'Aniene débarque à Séville 12 Fiat CR.32 et 11 pilotes sous les ordres du cap. Mario Viola.

Offensive nationaliste et préparatifs italiens

Alors que l'offensive italienne est encore en préparation, Queipo de Llano ordonne au coronel Francisco Borbón y de la Torre, duc de Séville, de lancer une attaque locale sur le secteur occidental du saillant de Malaga, le long de la route côtière. Le 14 janvier, les forces nationalistes s'emparent d'Estepona, puis poursuivent leur progression sur San Pedro de Alcàntara prise le 15 et sur Marbella qu'elles atteignent le 17 janvier sans rencontrer de résistance. Dans le même temps, à l'autre extrémité du saillant de Malaga, une colonne nationaliste partie de Grenade et commandée par le coronel Antonio Muñoz Jiménez occupe Alhama le 22 janvier. Cette avancée permet d'offrir un nouvel itinéraire pour l'attaque de Malaga, via Vélez-Malaga. Roatta décide de profiter de cette opportunité et partage ses forces en 3 colonnes pour investir un front de plus de 130 km.

Soldats franquistes sur la route côtière menant à Estepona le 12 janvier 1937.

Le 24 janvier, Roatta envoie un télégramme à Ciano pour le mettre au courant des dernières évolutions et des difficultés rencontrées dans les préparatifs. Du fait des offensives nationalistes sur les flancs du saillant de Malaga, Roatta craint que l'effet de surprise de l'attaque italienne ne soit compromis. L'offensive contre Malaga n'est en fait plus qu'un secret de Polichinelle dont la presse anglo-saxonne fait largement écho. Mais le commandement républicain ne peut compter sur aucune aide du gouvernement de Valence, la route côtière étant coupée à Motril à cause d'une inondation. Roatta doit également composer avec le manque presque total d'entraînement des premières troupes arrivées en Espagne, du fait de l'urgence avec laquelle elles ont été rassemblées et envoyées sur le théâtre d'opération. De plus, les unités manquent de cohésion ou d'esprit de corps, étant formées d'éléments provenant de corps d'armée et d'unités différentes de la milice ou de l'armée. Malgré cela, Roatta estime pouvoir lancer son offensive au 1er février, date anniversaire de la fondation de la MVSN, mais sans exclure un délais de quelques jours. Ce dernier point mécontente Ciano, qui en fait part à Faldella, alors à Rome pour demander de nouveaux renforts. Franco aussi est impatient de voir les unités italiennes à l'oeuvre, espérant une victoire qui redonnerait le moral aux troupes nationalistes bloquées devant Madrid.

Le 26 janvier, Roatta donne l'ordre de déployer les unités dans leurs zones de rassemblement, à savoir les secteurs de Osuna-Aguadulce pour la colonne de droite commandée par le col. Carlo Rivolta, Aguilar de la Frontera-Montilla pour la colonne centrale du gen. Edmondo Rossi et Lucena-Cabra pour la colonne de gauche du col. Mario Guassardo. Situés en moyenne à 60 km du saillant de Malaga, ces secteurs de rassemblement ont été choisis pour laisser planer le doute sur la zone de l'offensive.

Pour son attaque, dont le nom de code est Lampo (éclair), Roatta dispose d'environ 10 000 hommes répartis dans les unités suivantes :

  • I gr. banderas constitué des banderas Aquila, Carroccio et Leone (1 bandera équivalent à 1 bataillon et un gruppo banderas à un régiment) ;
  • II gr. banderas constitué des banderas Folgore, Indomito et Falco ;
  • III gr. banderas constitué des banderas Uragano, Freccia, Tempesta et Lupi ;
  • IV gr. banderas constitué des banderas Bufalo, Toro et Bisonte ;
  • 1a et 2a cp. carri d'assalto sur 13 L 3 chacune ;
  • 1 peloton de la 3a cp. carri d'assalto ;
  • 1 compagnie autoblindo sur 8 Lancia 1ZM ;
  • 1a cp.m.m. ;
  • I et II gr. cannoni da 105/28 sur 2 batteries de 3 pièces chacune ;
  • II gr. obici da 149/12 sur 2 batteries ;
  • 1a btr. autocannoni da 75/27 CK ;
  • 1a et 2a btr. cannoni Breda da 20/65 ;
  • 1 section de 2 canons de 47/32 ;
  • 3 pelotons de sapeurs du génie ;
  • 2 pelotons de liaison téléphonique du génie ;
  • 1 section de radiotélégraphistes du génie ;
  • 1 peloton d'ouvrier du génie.

Le transport des troupes sera assuré par 720 véhicules. Au soir du 4 février, le II gr. obici da 100/17, constitué deux jours plus tôt, arrive à Loja pour se joindre aux effectifs italiens. Pour parer à toute attaque dans le dos de son dispositif, Roatta envoie le V gr. banderas comptant les banderas Implacabile et Ardente en couverture dans le secteur de Lucena.

Le dispositif italien est complété aux deux extrémités du front par des forces nationalistes qui assurent la protection des flancs selon les accords passés le 30 janviers avec Queipo de Llano. Le flanc droit est couvert par 4 bataillons de la 2.a División du coronel Francisco Borbón y de la Torre partant de Marbella et Ronda, tandis que le flanc gauche est assuré par un bataillon d'infanterie du regimiento de infantería Cadiz nº 33 et une compagnie de regulares déployés à Alhama sous les ordres du coronel Antonio Muñoz Jiménez. Le coronel Basilio León Maestre est à la tête des troupes de réserve. Au total, les forces nationalistes comptent environ 10 000 hommes.

Depuis la mer, les franquistes peuvent compter sur le concours des croiseurs Canarias et Almirante Cervera. Pour l'appui aérien, l'Aviazione Legionaria transfert une partie des unités du front de Madrid en Andalousie. Les 3a et 4a sq. sur CR.32 et 5 Ro.37 de la 1a sq. sont redéployés sur le terrain de Séville-Tablada, où se trouvent déjà 13 S.81 du XXIV Gr. Au total, 36 CR.32 vont participer à l'opération. L'aviation nationaliste intervient avec les 12 Breguet XIX des escadrilles 3-G-10 et 4-G-10, une escadrille de Junkers 52 et les 3 CR.32 de la Patrulla Azul de Joaquín García Morato.

Face à ce dispositif, les républicains disposent de 12 000 hommes en première ligne et 8000 en réserve, entre miliciens de différentes factions, hommes de la Guardia de Asalto et soldats de l'armée régulière, armés de 10 000 fusils seulement, entre 70 et 80 mitrailleuses, une vingtaine de mortiers et 16 canons. Le 3 février, 6 automitrailleuses soviétiques BA-6 et FAI sont envoyées en renfort. Le commandement du secteur est assumé par le coronel José Villalba Rubio, fraichement transféré de Catalogne pour remplacer le coronel Manuel Hernández Arteaga. Les positions de résistance sont aménagées au niveau des cols, dominant les voies d'approche et tenues par des forces numériquement consistantes, mais le dispositif de défense est discontinu et les possibilités de soutien entre secteurs faibles par manque de moyens de transport. Pour la défense antiaérienne, les loyalistes ne peuvent compter que sur un canon et 3 mitrailleuses. Le soutien aérien des républicains est limité : il consiste en 12 Polikarpov I-15, 6 Tupolev SB-2 commandés par le kapitan Nikolaï Ostriakov, 5 à 6 Dewoitine 371 et Nieuport Ni 52 C1 et 4 Potez 540 et 542 de l'escuadrilla Malraux (nom donné à l'escuadrilla España à partir de fin novembre 1936) redéployés depuis Teruel.

José Villalba Rubio en 1924, alors commandant de la 3.a bandera de la Legión.

L'acheminement des troupes italiennes dans leurs zones de rassemblement par voie ferrée s'achève le 30 janvier, soit un jour en retard sur le plan de marche. Le 31 janvier, Roatta convoque à Puente Genil les officiers d'état-major, les généraux et colonels impliqués dans l'offensive. Il leur transmet les ordres relatifs au déploiement sur les bases de départ, au déroulement de l'attaque sur Malaga, à la mise en œuvre du soutien aérien et naval et à l'organisation et au fonctionnement des services logistiques.

Position des unités italiennes au 31 janvier 1937.

Roatta passe à l'offensive

La marche des colonnes italiennes pour rejoindre leurs bases de départ commence la nuit du 1er février 1936. Le 2 février, un Heinkel He 70 de la légion Condor en mission de reconnaissance photographique est abattu par des I-15 au-dessus de Estepona. Au matin du 3 février, 3 bataillons nationalistes commandés par le coronel Francisco Borbón y de la Torre se lancent à l'attaque du secteur occidental du saillant de Malaga depuis Ronda. Ils rencontrent cette fois une forte résistance. Au même moment, dans le ciel de Loja, 6 Polikarpov I-15 engagent 3 CR.32. Deux I-15 sont endommagés et doivent tenter un atterrissage forcé près de Torremolinos, l'un d'eux étant détruit. Les CR.32 du ten. Larsimont et du serg. Frattini, endommagés, doivent également atterrir en urgence et nécessiteront d'être réparés. Le même jour, Franco se rend au quartier général établis par Roatta à Iznajar.

Le 4 février, le Caudillo rend visite aux unités italiennes déployées sur leurs bases de départ : la colonne du col. Rivolta à Antequera, celle du gen. Rossi à Loja avec un détachement à Antequera, et celle du col. Guassardo à Alhama. La réserve commandée par le col. Costantino Salvi se trouve quant à elle dans le secteur de Villanueva de Tapia. Pour maintenir l'incertitude sur la zone d'attaque, les forces de l'Aviazione Legionaria chargées du soutien aérien de l'opération sont transférées au dernier moment sur le terrain de Grenade-Armilla. Il s'agit de 19 CR.32 et 10 Ro.37 qui se trouvent ainsi à 15 minutes de vol du front.

Carte des opérations contre le saillant de Malaga entre le 14 janvier et le 10 février 1937.
(crédits : Aymeric Lopez)
De gauche à droite, le serg. Camoni, le s.ten. Mantelli, le serg. Colauzzi, le s.ten. Salvi et, premier à droite, le s.ten. Cappellini sur le terrain de Grenade-Armilla en février 1937. IMAM Ro.37 bis de la 1a sq.OA sur le terrain de Grenade-Armilla en février 1937.

Le vendredi 5 février, à 6h30, les 3 colonnes passent à l'attaque, sans préparation d'artillerie. Les réserves se transfèrent dans le même temps à Loja. La colonne de droite est la première à se trouver au contact des républicains. Dans la journée, les chars de la 2a cp. atteignent Villanueva de la Concepciòn tandis que l'infanterie est bloquée par la résistance républicaine sur la route menant au col du Torcal, sur la cote 860. La colonne centrale, avec à sa tête la 1a cp.m.m. et la 1a cp. carri d'assalto, débouche dans la cuvette de Venta de los Alazores où les soldats, jusque là transportés par camion, mettent pied à terre. Après le déploiement de l'artillerie, les soldats montent à l'assaut des positions républicaines dominant la cuvette, tenues par 2000 miliciens, sans parvenir à les déloger avant la nuit. Cinq Ro.37 bis prennent à partie les renforts républicains sur la route menant de Malaga à Venta de los Alazores. Le détachement de la colonne centrale parti d'Antequera est arrêté à l'entrée de Villanueva de Cauche. Depuis Alhama, la colonne de gauche, qui attaque vers 9h30 avec une première bandera, fait entrer en scène une seconde bandera vers 12h pour forcer les défenses du col et ouvrir la voie à la troisième bandera qui oblige les défenseurs républicains à se replier. Roatta, qui est monté en première ligne pour suivre le déroulement de l'attaque, est blessé au bras, mais conserve le commandement des opérations. Le soir, l'ensemble de la colonne a passé la ligne de crête et gagné le secteur de Ventas de Zafarraya. Dans le même temps, les forces nationalistes du coronel Antonio Muñoz Jiménez progressent sur Zafarraya, qu'elles atteignent vers 14h. L'Aviazione Legionnaria appuie l'avance des troupes en menant des missions de reconnaissance et en bombardant les positions républicaines. Dix S.81 et 19 CR.32 sont chargés d'attaquer Colmenar, mais le bombardement est peu précis. Les S.81 seront ensuite cloués au sol pour 3 jours du fait des fortes pluies rendant le terrain de Séville-Tablada impraticable pour ces lourds trimoteurs.

Légionnaire de la colonne de droite à l'attaque du col du Torcal, entre Antequera et Villanueva de la Concepciòn, le 5 février 1937.
(crédits photo : Museo Storico Italiano della Guerra)
Route menant au col du Torcal depuis Antequera.
(crédits photo : collection Sebastian Aguilar)
Intervention de Ro.37 bis sur le front de Malaga dans les premiers jours de février 1937.
(crédits photo : collection Nino Bortolini)
La cuvette de Venta de los Alazores et le col menant à Alfarnate.
(crédits photo : collection betanya)
Bunker dominant la route entre Venta de los Alazores et Alfarnate.
(crédits photo : collection Salvador)

Au soir du 5 février, seule la colonne de gauche est parvenue à percer la ligne de résistance républicaine. Le commandement a alors deux alternatives : renforcer la colonne centrale qui doit selon le plan initial porter l'effort principal de l'attaque, ou déplacer le centre de gravité de son action vers la gauche. Conscient que la conquête de Malaga est plus important que celle de Vélez-Malaga, Roatta opte pour la première solution, bien qu'il ait songé dans un premier temps à renforcer la colonne de gauche avec deux bataillons. Finalement, Roatta décide à 23h d'attribuer une bandera provenant de la réserve en renfort à la colonne centrale.

Au matin du 6 février, les opérations ne reprennent qu'à 7h30, après dissipation de la brume. La colonne de droite, sentant que les forces républicaines s'apprêtent à se replier, fait avancer son infanterie qui rejoint les L 3 de la 2a cp. à Villanueva de la Concepción puis poursuit sa progression jusqu'à Almogia qui est atteinte au crépuscule. La colonne centrale parvient à sortir de la cuvette de Venta de los Alazores et progresse jusqu'à Colmenar, qui a déjà été évacuée. Elle avance ensuite sur Puerto de Léon et Costa de Viento, où elle est arrêtée par la résistance républicaine. La colonne de gauche poursuit également sa progression depuis Ventas de Zafarraya au-delà de la bifurcation pour Riogord-Colmenar. La réserve est transférée à Venta de los Alazores de manière à pouvoir intervenir aussi bien sur Colmenar que Ventas de Zafarraya. Sur la côte Ouest, les forces nationalistes du duc de Séville progressent sans rencontrer de grande résistance jusqu'à Torremolinos et capturent 3 automitrailleuses BA-6. Au soir du 6 février, seul le détachement de la colonne centrale est resté bloqué devant Villanueva de Cauche. Devant les avancées italiennes et nationalistes, le coronel Villalba ordonne l'évacuation de Malaga par la route côtière en direction d'Almería.

Colonne de L 3 avançant vers Malaga. BA-6 capturée entre Marbella et Fuengirola le 6 février par les forces nationalistes du coronel Francisco Borbón.

Le 7 février, la colonne de droite reprend son avance à 8h et se positionne sur les hauteurs dominant Malaga le soir venu, à seulement 2,5 km du centre-ville. La colonne centrale, forte de 6 banderas, donne l'assaut à 7h30 sur les positions de Costa de Viento, combinant attaque frontale et manœuvres de débordement sur les flancs. La position tombe vers 12h et la colonne centrale entre ensuite en contact avec la colonne de droite, dont le commandement passe dès lors entre les mains du gen. Rossi. Le détachement de la colonne centrale parvient à entrer dans Villanueva de Cauche tandis que les forces nationalistes du duc de Séville atteignent l'embouchure du Guadalhorce, appuyées par le feu des croiseurs Canarias et Almirante Cervera et des canonnières Canalejas et Canovas del Castillo. La colonne de gauche, qui avance sur La Viñuela, est attaquée par erreur par des Ro.37 bis qui pensent se trouver en présence de troupes républicaines. Après avoir largué leurs premières bombes, les aviateurs se rendent compte de leur erreur en reconnaissant la silhouette des Fiat 618.

CV 35 aux portes de Malaga le 7 février 1937.
(crédits photo : Museo Storico Italiano della Guerra)
Obusier de 100/17 mod.14 du II Gr. sur une position dominant Malaga.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
La canonnière Canovas de Castillo qui participa aux bombardements en soutien des forces nationalistes progressant sur la route côtière.
(crédits photo : collection Juan Antonio Padron Albornoz sur Vida Maritima)

Le lundi 8 février, à 8h, après quelques escarmouches avec les républicains dans la périphérie de la ville, la colonne de droite entre dans Malaga. La colonne centrale y pénètre en même temps, après avoir envoyé des détachements occuper le bâtiment des postes et télégraphes, celui de la banque d'Espagne et la mairie dès 6h du matin. Les troupes du duc de Séville font leur entrer dans Malaga vers midi. Dans le port, la flotte républicaine saborde les canonnières Xauen et Ártabro. La colonne de gauche, retardée par la destruction d'un pont sur la rivière Alcancin, occupe Vélez-Malaga vers 16h. À 17h, le gen. Rossi prend possession des pouvoirs civils et militaires à Malaga et assiste au défilé des troupes italiennes et espagnoles.

Légionnaires italiens et Lancia 1ZM entrant dans Malaga le 8 février 1937.
(crédits photo : Museo Storico Italiano della Guerra)
Troupes italiennes dans les rues de Malaga.
(crédits photos : Museo Storico Italiano della Guerra)
Légionnaires italiens et Lancia 1ZM dans la cour de la mairie de Malaga.
(crédits photo : Archivo ABC)
Lancia 1ZM sur la plaza de la marina à Malaga après la prise de la ville par les nationalistes.
Troupes franquistes défilant dans la calle Larios à Malaga. La canonnière républicaine Xauen qui se saborda à l'arrivée des troupes franquistes à Malaga.

En début d'après-midi du 8 février, Roatta ordonne la constitution d'une colonne motorisée pour exploiter le succès obtenu à Malaga et marcher sur Torre del Mar pour rejoindre la colonne de gauche, à laquelle il attribue une bandera de la réserve en renfort. Les républicains sont alors en fuite par la route côtière en direction de Motril. Mais du fait qu'aucun objectif n'a été initialement fixé au-delà de la prise de Malaga et Vélez-Malaga, la constitution de la colonne motorisée prend du temps. Commandée par le col. Salvi, elle comprend 3 banderas (Falco, Indomito et Folgore), la 1a cp. carri d'assalto, la 1a cp.m.m., le II gr. obici da 100/17, une section de canons de 47/32 et un peloton de sapeurs du génie. La colonne ne se met en route que dans la nuit du 8 au 9 février vers 1h30 et gagne Torre del Mar à l'aube du 9 février. Se joignant à la colonne de gauche et passant sous le commandement du col. Guassardo, la colonne motorisée reprend sa progression vers l'Est par la route côtière jusqu'à être arrêtée devant Almuñécar vers 22 h.

Automitrailleuse FAI mise hors de combat par l'artillerie navale dans les environs de Malaga et capturée par les nationalistes le 8 février.
(crédits photos : Bundesarchiv)

À l'aube du 10 février, la colonne Guassardo occupe Almuñécar et fait route sur Motril. La défense républicaine y est particulièrement efficace, aidée par la présence du fleuve Guadalpece que les Italiens doivent traverser à gué. Ils perdent deux chenillettes L 3 à cette occasion. Deux Tupolev SB-2 en mission de bombardement dans le secteur sont attaqués par 4 CR.32 de la 5a sq. L'un des bombardiers, endommagé, doit réaliser un atterrissage de fortune non loin de Motril, à Salobreña. L'avion sera récupéré par les nationalistes, tandis que l'équipage parvient à rejoindre les lignes républicaines. Vers 17h, les CC.NN. s'emparent de Motril, mettant fin à une poursuite de 2 jours sur une distance de 119 km. L'arrivée de la 6.a brigada mixta et de la XIII brigada internacional à Albuñol permet de stabiliser le front républicain.

Fiat CR.32 sur le terrain de Malaga en février 1937.
(crédits photo : famille Dequal)
Le Tupolev SB-2 touché par les CR.32 de la 5a sq. après son atterrissage forcé à Salobreña le 10 février 1937.

À l'aube du 11 février, 2 Tupolev SB-2 bombardent le terrain de Grenade-Armilla, sans succès. Dans la matinée, les CR.32 bis des s.ten. Mantelli et Monti, du serg.magg. Drigani et du serg. Cova de la 4a sq interceptent le Potez 540 « B » et le Potez 542 « Ñ » de l'escuadrilla Malraux basés à Tabernas, à 31 km au Nord d'Almería, et revenant d'un raid sur Motril. Leur escorte composée de 5 I-15 vole assez loin et les Italiens en profitent, Mantelli abattant le Potez piloté par Guy Santés qui s'abime en mer devant Cabo Sacratif. Le CR.32 de Mantelli est touché par le mitrailleur René Deverts et est contraint à un atterrissage en territoire républicain, non loin de Motril. Il peut regagner les lignes nationalistes grâce à l'aide d'un fermier. Le second Potez, endommagé, doit se poser près de Dalías, en territoire républicain. Les dégâts sont tels qu'il est considéré comme détruit. Cet épisode entraîne la dissolution de l'escuadrilla Malraux, faute d'avion.

Le Potez 540 "B" de l'escuadrilla Malraux à Tabernas début février 1937.
(crédits photo : collection Patrick Laureau)
Potez 542 "Ñ" de l'escuadrilla Malraux en vol.
Pilotes de la 4a sq. sur le terrain de Grenade-Armilla en février 1937.
(crédits photo : famille Dequal)
Le Potez 540 abattu au-dessus de Cabo Sacratif le 11 février 1937.
(crédits photo : famille Dequal)

Au même moment, les voies de communication en territoire républicain sont l'objet d'attaques des S.81 qui ciblent la gare de Guadix ainsi que le port et la gare d'Almería.

Bombardement du noeud ferroviaire de Guadix par des Savoia S.81.
(crédits photo : famille Dequal)

Le 13 février, Motril est bombardée par des SB-2 qui tuent 15 soldats italiens et en blessent 25 autres. Ce même jour, les troupes italiennes quittent Motril et remontent vers Grenade. Elles sont relevées par les nationalistes.

Bilan et considérations

La prise de Malaga constitue un grand succès stratégique pour le camps nationaliste, et plus spécifiquement pour les troupes italiennes sur lesquelles reposait l'essentiel de l'opération. En 6 jours de combat, les Italiens perdent environ 500 hommes, dont une centaine de morts. Dans le camps républicain, les pertes sont estimées à plusieurs centaines de morts. Malgré le faible armement dont disposent les républicains, la bataille de Malaga est donc loin d'être une simple marche militaire pour les Italiens. Jusqu'à la rupture de leurs positions de résistances, les combattants républicains ont fait preuve d'une résistance déterminée, malgré leur manque d'organisation. La décision du coronel Villalba d'évacuer Malaga dès le soir du 6 février, et le fait qu'il abandonne lui-même la ville, coupe toute envie de résistance aux soldats et miliciens républicains. Environ 10 000 sont capturés.

Prisonniers républicains escortés par des légionnaires italiens dans le secteur de Malaga.
(crédits photo : Museo Storico Italiano della Guerra)

L'importance de la prise de Malaga est fondamentale d'un point de vue politique : au moment où les franquistes sont bloqués devant Madrid et où le moral de la population en territoire nationaliste est au plus bas depuis le début de l'insurrection, cette victoire leurs redonne espoir quant à l'issue du conflit. D'un point de vue stratégique, elle leurs donne accès à un grand port en Méditerranée, dont ils étaient jusqu'ici privés, et permet de réduire de 400 à 60 km la longueur du front que doivent tenir les troupes de Queipo de Llano. Pour cette victoire, Roatta reçoit les félicitations de Mussolini, Ciano, Queipo de Llano, le general José Millan Astray, commandant la flotte nationaliste, et du commandant de la légion Condor. Seul Franco reste muet, embarrassé que la seule victoire du camps nationaliste à cette période soit remportée par des forces étrangères.

Dans le camps républicain, le general José Asensio Torrado, sous-secrétaire à la guerre, est démis de ses fonctions, et le coronel Villalba emprisonné. Servant de véritable bouc-émissaire, il sera libéré et réhabilité après plus d'un an de rétention. Les véritables causes de la défaite sont en effet à chercher dans l'absence total de soutien du gouvernement de Valence, l'absence de discipline au sein des milices, les luttes entre les différentes factions, la négligence des travaux de défense et le manque d'armes et munitions. La défaite de Malaga accentue également les tensions entre Largo Caballero et les communistes, ces derniers déplorant l'indulgence du chef du gouvernement envers les milices anarcho-syndicalistes et sa lenteur à faire applique la conscription.

Les évènements tragiques qui suivent la prise du saillant de Malaga sont imputables au gouvernement de Burgos. Aucun des républicains faits prisonniers par les Italiens n'a été tué, selon les ordres très clairs émis par Roatta à ce sujet. Ainsi, jusqu'à ce que le gen. Rossi cède les pouvoirs militaire et civil au coronel Francisco Borbón y de la Torre, tous les prisonniers républicains ont eu la vie sauve. Mais tout de suite après la prise de pouvoir des nationalistes, une effroyable chasse à l'homme commence avant même que la cour martiale ne soit mise en place. Jusqu'à la fin de la guerre, entre 2250 et 4235 personnes sont assassinées par les nationalistes en représailles des 2500 morts recensés à Malaga dans les premiers mois de la guerre civile, des églises détruites et des demeures aristocratiques pillées.

Concernant le prétendu massacre de la colonne de réfugiés fuyant Malaga par la route côtière en direction d'Almería rapporté par le médecin canadien Norman Bethune, membre du service médical des brigades internationales, aucun document républicain d'époque ne l'atteste.

Réfugiés sur la route côtière entre Malaga et Almería.
(crédits photo : collection Legado Temboury)
Sources :
  • La partecipazione italiana alla Guerra Civile Spagnola (1936-1939), Volume I, Testo, Alberto Rovighi & Filippo Stefani, Stato Maggiore dell'Esercito, Ufficio Storico, 1992
  • La partecipazione italiana alla Guerra Civile Spagnola (1936-1939), Volume I, Documenti e allegati, Alberto Rovighi & Filippo Stefani, Stato Maggiore dell'Esercito, Ufficio Storico, 1992
  • La guerre d'Espagne, Révolution et contre-révolution (1934-1939), Burnett Bolloten, Agone, 2014
  • La guerre d'Espagne, Anthony Beevor, Calmann-Lévy, 2006
  • Les brigades internationales de Franco, Sylvain Roussillon, Via Romana, 2012
  • Grandes batallas de la Guerra Civil Española, Pablo Sagarra, Óscar González, Lucas Molina, La esfera de los libros, 2012
  • Batallas de la Guerra Civil Española, Lucas Molina Franco, Rafael Permuy López, Fernando Calvo González-Regueral & Juan Vázquez García, Susaeta, 2012
  • Armas y uniformes de la guerra civil española, Lucas Molina Franco & José María Manrique García, Susaeta, 2009
  • Guerra civil española, Fotografia inéditas, Isabel Ortiz, Susaeta, 2009
  • Los medios blindados en la Guerra Civil Española, Teatros de operaciones de Andalucía y Centro 36/39, Artemio Mortera Pérez, Alcañiz Fresno's Editores, 2009
  • Frecce Nere ! Le camicie nere in Spagna 1936-1939, Pierluigi Romeo di Colloredo, Italia Storica, 2012
  • « In Spagna per l'idea fascista », legionari trentini nella guerra civile spagnola 1936-1939, Gabriele Ranzato, Camillo Zadra & Davide Znedri, Museo Storico Italiano della Guerra, 2008
  • I volontari stranieri e le brigate internazionali in Spagna (1936-39), Bruno Mugnai, Soldiershop Publishing, 2014
  • Guerra di Spagna e aviazione italiana, Ferdinando Pedriali, Aeronautica Militare Italiana, Ufficio Storico, 1992
  • Ali in Spagna, Immagini e storia della guerra civile 1936-39, A. Emiliani & G.F. Ghergo, Giorgio Apsotolo Editore, 1997
  • Ali di guerra sulla Spagna, 1936-1939, Ferdinando Pedriali, IBN Editore, 2015
  • Crickets against Rats, Regia Aeronautica in the Spanish Civil War 1936-1937, Vol.I, Marek Sobski, Kagero, 2014
  • Aviación en la guerra civil española, Rafael A. Permuy López, Susaeta, 2012
  • L'impegno navale italiano durante la Guerra Civile Spagnola (1936-1939), Franco Bargoni, Ufficio Storico della Marina Militare, 1992

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