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samedi, 08 décembre 2012 10:38

Fiat CR.25

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Fiat CR.25 MM.3657 en vol. Fiat CR.25 MM.3657 en vol.

Développement et production

Conçu par Celestino Rosatelli en 1936, cet élégant bimoteur était à l’origine destiné au bombardement léger, à l’escorte et à la reconnaissance stratégique. Le premier prototype, immatriculé MM.332, vola pour la première fois le 22 juillet 1937, piloté par Valentino Cus. L’appareil atteignit à cette occasion une vitesse de pointe de 490 km/h. Les essais d’acceptation au centre expérimental de Guidonia, qui donnèrent toute satisfaction, furent accompagnés par la construction d’un second prototype, le MM.333, et d’une commande de 40 appareils. Au début de l’année 1938, les autorités militaires décidèrent de restreindre l’avion à un rôle de reconnaissance pure. Fiat craignit même que son avion ne soit abandonné, mais les pilotes du centre d’essai le préférèrent, de loin, au Breda 88, son concurrent. De plus, dans son rôle de reconnaissance, le Fiat CR.25 offrait de bien meilleures performances que le Caproni 311.

Le premier prototype MM.332 tout juste sorti de l'usine Fiat-Aeritalia en 1937.
(crédits photo : Giancarlo Garello)
Le MM.332 sur le terrain de Turin-Caselle. Les lettres AI peintent sur le nez servent de signe distinctif aux appareils expérimentaux de Fiat-Aeritalia.

Le 14 août 1939, malgré les déboires du Breda 88 et l’échec du Caproni Ca.312 dans le rôle d’appareil de reconnaissance, le général Valle, chef d’état major, décida de restreindre la production du Fiat CR.25 à 8 exemplaires seulement (MM.3651-3658), en plus des deux prototypes, soit l’annulation des 32 appareils déjà sur les chaînes d’assemblage. Le manque de moteurs Fiat A74, nécessaires à la production des chasseurs, peut expliquer cette décision, en partie au moins. Les appareils furent livrés dans les premiers mois de 1940.

Le Fiat CR.25 tête de série MM.3651 au centre expérimental de Guidonia en 1939. Il porte une livrée argent.
(crédits photo : Giancarlo Garello)
Le MM.3654 sur le terrain de Turin-Caselle. Les armes et les casseroles d'hélices n'ont pas encore été installées.

Au cours du conflit, malgré les très bons résultats obtenus par la 173a sq.RST, le ministère de l’air préféra développer le Cansa FC.20, qui semblait plus prometteur, au lieu de poursuivre le développement du Fiat CR.25. En fait, les prestations du FC.20 se révélèrent bien inférieures à celles du Fiat, notamment à cause de son poids.

Description technique

Le fuselage de section rectangulaire à angles arrondis était construit en tubes d’acier soudé. Il se composait de trois parties (avant, centrale et arrière) reliées entre elles par des rivets. Il était revêtu de tôles de duralumin jusqu’au niveau du bord de fuite des ailes et à l’extrémité arrière, et entoilé entre les deux. La structure de l’aile bilongeron et de l’empennage était en duralumin. Le revêtement de la voilure était mixte : tôles de duralumin dans la section centrale, toile au-delà des moteurs. L’empennage était quant à lui entièrement entoilé.

Le nez de l’appareil était percé de larges vitres de plexiglas dans sa partie inférieur. Le cockpit accueillait le pilote sur la gauche et le poste du navigateur-bombardier à droite, qui était équipé d’un viseur Jozza U3 permettant le pointage au travers d’un plancher en verre Triplex. Derrière se trouvait le poste de l’opérateur radio, qui servait également la mitrailleuse dorsale. L’appareil disposait aussi d’appareils photographiques pour relevés planimétriques AGR 90 et AGR 61.

Structure du fuselage et de la section centrale de la voilure d'un Fiat CR.25. Détail du nez percé de vitres en plexiglas.
Cockpit du Fiat CR.25. Vue du cockpit avant l'installation des sièges. On aperçoit le plancher en verre Triplex sur la droite.

Les deux moteurs Fiat A 74 RC38 radiaux à double étoile de 14 cylindres, à refroidissement par air, tournaient en sens opposé. Ils développaient une puissance de 840 ch à 2400 tr/min et entraînaient des hélices Fiat-Hamilton en duralumin de 3,04 m de diamètre à pas variable. Les six réservoirs en tôles de duralumin rivées, résistants à des tirs d’armes de calibre 12,7 mm, disposaient d’une capacité totale de 1600 litres.

Moteur Fiat A 74 RC38 d'un Fiat CR.25 en cours de maintenance. Remplacement de la roue sur le train gauche du MM.3658.

Le CR.25 était doté d’un armement fixe de deux mitrailleuses Breda SAFAT de 12,7 mm dans le nez et d’une troisième arme identique sur le dos de l’appareil, dans une tourelle Breda type M2. L’avion pouvait également emporter 300 kg de bombes logées à l'horizontal dans une soute.

En service dans la 173a squadriglia

Sur les 10 Fiat CR.25 construits, 8 furent affectés à la 173a sq.RST du cap. Edoardo Agnello, créée spécialement pour ces avions après une première phase de la guerre en Méditerranée qui avait montré l’importance de la reconnaissance stratégique et la vulnérabilité des hydravions affectés à cette tâche, à savoir les Cant Z.501 et 506. La transformation des pilotes sur le bimoteur Fiat débuta le 21 avril 1941, sur le terrain de Turin-Caselle, où le prototype MM.332 fut détruit accidentellement le 30 mai. Il fut remplacé par le MM.333 rapatrié de Guidonia. Ce n’est que le 14 juillet 1941 que les 4 premiers CR.25 se posèrent sur leur base de Palerme-Boccadifalco.

Essais moteurs à Turin-Caselle en avril 1941. Les capots sont peints en jaune. Le premier prototype en flammes le 30 mai 1941 sur le terrain de Turin-Caselle. Quatre Fiat CR.25 de la 173a sq.RST sur le terrain de Palerme-Boccadifalco.

La première mission de ces avions fut la recherche d’un sous-marin au large de la Sicile, le 24 juillet. Le lendemain, les quatre derniers appareils rejoignirent la base. Le rythme des vols fut ensuite très soutenu pour l’unité, qui opérait dans des missions d’escorte au profit des nombreux convois ravitaillant l’Afrique du Nord, d’attaque sur Malte, de traque de sous-marins ou même de protection de la flotte. Les CR.25 firent ainsi escale dans tous les aérodromes de Méditerranée : Tripoli, Pantelleria, Reggio Calabria, Crotone, Comiso, Gela, Sciaccia, Trapani... De juillet à décembre 1941, le nombre quotidien d'appareils opérationnels fluctua entre 3 et 6, et le nombre d'heures de vol atteignit les 393.

Fiat CR.25 de la 173a sq.RST en vol sur le port de Palerme. Fiat CR.25 de la 173a sq.RST en vol sur la Méditerranée.
Fiat CR.25 MM.3654 identifiable aux pastilles de couleurs peintes sur les ogives d'hélices. Fiat CR.25 MM.3657 prêt au décollage. Le MM.3655 accidenté à l'atterrissage.

En février 1942, l’escadrille fut rattachée au 10° St.BT, opérant depuis Boccadifalco avec des Savoia S.79 et des Caproni Ca.314. Le 6 février eut lieu le premier combat aérien impliquant des Fiat CR.25 : durant une mission d’escorte, le ten. Rindone endommagea sérieusement un Blenheim qui parvint à se dégager, pour être ensuite victime de Bf.109 du II/JG53.

Le 21 juin, Rindone et Dori aux commandes de leurs Fiat CR.25, affectés à l’escorte d’un convoi italo-allemand, revendiquèrent la destruction de deux Beaufort. En réalité, le mérite revint à l'artillerie antiaérienne du contre-torpilleur Da Recco qui abattit trois bimoteurs britanniques.

Durant l’opération Pedestal du mois d’août 1942, le nombre d’appareils disponibles fut réduit à 4 à cause d’accidents et du manque de pièces de rechange. En septembre-octobre, seules deux à trois machines restaient opérationnelles, au point qu’en novembre, l’unité reçut ses premiers Ca.314, peu appréciés des pilotes. La dernière mission effectuée par un Fiat CR25 survint le 15 janvier 1943, avec le ten. Parisi aux commandes, pour une reconnaissance armée. À la fin du mois, les 4 appareils rescapés de ces longs mois d'opérations avaient tous gagnés Cameri, où ils restèrent parqués jusqu'à la fin de la guerre.

Sur le terrain de Palerme-Boccadifalco, les Caproni Ca.314 commencent à apparaître aux côté des CR.25 de la 173a sq.RST. Fiat CR.25 sur le terrain de Cameri en février 1943. Le MM.3654 à Cameri. On aperçoit derrière lui la dérive d'un autre CR.25.

Transport de personnalités

Un exemplaire connut un sort bien différent de celui de ses congénères : le MM.3651, premier appareil de série. Légèrement modifié (suppression de la verrière sous le nez et de la tourelle dorsale, ajout de l'antenne circulaire du radiogoniomètre), cet avion fut envoyé à l'attaché militaire de l'aviation italienne à Berlin, le col. Giuseppe Teucci, en 1941. Il fut principalement employé pour effectuer des liaisons Berlin-Rome, souvent sans escale. Durant l’automne 1942, l’appareil emmena Teucci sur le front de l’Est, à Vorochilovgrad. Après l'armistice, il fut réquisitionné par les Allemands qui l'utilisèrent pour l'entraînement jusqu'en septembre 1944.

Le MM.3651 de l'attaché militaire de la Regia Aeronautica sur le terrain de Berlin-Gatow. Il porte encore son camouflage trois tons. Le MM.3651 en vol, portant la marque civile I-ACIF.
Récapitulatif de la production
SérieQuantitéDatesMM.UsineRemarque
prototypes 2 1937 332-333 Fiat-Aeritalia -
série 8 1939-1940 3651-3658 Fiat-Aeritalia MM.3651 transformé en transport de personnalités
Fiche technique
Longueur 13,56 m
Envergure 16,00 m
Hauteur au sol 3,30 m
Surface alaire 39,2 m2
Masse à vide 4475 kg
Masse maximale au décollage 6625 kg
Équipage 3
Motorisation 2 Fiat A74 RC38
Puissance nominale : 840 ch unitaires
Plafon opérationnel 9600 m
Vitesse maximale 460 km/h à 5500 m
Distance franchissable 2100 km
Armement 3 mitrailleuses Breda SAFAT de 12,7 mm
jusqu'à 300 kg de bombes
Profil du premier prototype MM.332. Profil d'un Fiat CR.25 de série. Profil du MM.3651 après transformation.
MM.3654 tout juste livré, encore privé de la tourelle dorsale et avec les capots moteurs peints en jaune.
(crédits : Angelo Brioschi)
MM.3657 avec les capots moteurs peints en verde mimetico.
(crédits : Angelo Brioschi)
MM.3651 I-ACIF dans la livrée portée durant son voyage sur le front russe. La bande de fuselage pourrait être jaune.
(crédits : Angelo Brioschi)
Sources :
  • Tutti gli aerei del Re, Max Vinerba, 2011
  • Fiat CR 25, Giancarlo Garello, Ali d’Italia mini n°1, 1997
  • Dimensione Cielo Caccia Assalto 2, Emilio Brotzu, Michele Caso & Gherardo Cosolo, Edizioni Bizzarri, 1971
Pour reproduire cet appareil :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Special Hobby 1/72 72036 Fiat CR.25 Maquette d'Aymeric Lopez
Special Hobby 1/72 72089 Fiat CR.25 "VIP transport version" -
Italian Kits 1/72 7203 Fiat CR.25 I-ACIF -
Airmodel 1/72 AM-404 Fiat CR.25 -
RCR Models 1/48 RCR-017 Fiat CR 25 -

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FIAT CR-25 -- laurent de beauvais
Sunday, 07 May 2017 18:39
Bonjour.

Une photo d'un FIAT CR-25 de la seule unité équipée de cet appareil ; la 173ième Squadriglia en cours de révision. Les capots moteur peint en vert foncé identifie cette photo sur la période 1942.

Amicalement.

Laurent

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Lu 6603 fois Dernière modification le mardi, 29 octobre 2013 22:13

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