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mardi, 01 mai 2012 18:32

Bristol Beaufighter Mk.IC

Ecrit par 

Tamiya

1/48ème

Maquette d'Eric Palette, photos d'Olivier Mas

 

Je ne vous referai pas l'histoire de ce fabuleux avion, d'autres le feront et l'ont déjà fait avant moi, mais voici un fait qui s'est passé pendant la guerre très intéressant pour un maquettiste passionné. Un avion anglais fut temporairement utilisé par la chasse de nuit italienne : ce fut le Bristol Beaufighter Mk .IC serial X7887 du 252th squadron qui, venant de Malte, se posa par erreur à Augusta en Sicile le 6 janvier 1942. Après avoir été longuement et minutieusement examiné par le Centro Sperimentale de Guidonia, il fut cédé à la 235a squadriglia et mis à la disposition des pilotes pour l'entraînement.

Malheureusement, le problème du sens de la manette des gaz (comme sur les avions français) se posa rapidement et le 23 janvier 1943, le lieutenant Norace Zedda détruisit l'appareil au décollage de Venegono, le Beaufighter s'écrasant en bordure de piste.

Documentation

Pour cette conversion, j'ai utilisé : le Modelers datafiles n°6, Warpaint serie n°1, Camouflage and markings (RAF northern europe 1936/1945), Beaufighter at war (de Chaze Bower), Réplic n°82 et 71, et Avions n°100 où une photo de l'oiseau est visible.

Transformation

La maquette de base est le Beaufighter Mk.VI de chez Tamiya au 1/48. J'ai également utilisé le kit en résine CMK 4118 pour le Mk.IF qui contient les empennages horizontaux, des pneus lisses, une planche de photodécoupe (harnais, planche de bord, antenne yagi) et une planche de décals, la planche Part n°48-041, les sièges du pilote et de l'observateur Ultracast. La conception de la maquette étant assez précise, le montage et la mise en peinture peuvent être réalisés en plusieurs sous-ensembles.

Moteur

Pour changer, le travail a commencé par les moteurs qui sont fort jolis. Les échappements caractéristiques des moteurs Hercules, absents sur le modèle, ont été reproduits avec de la corde de guitare de 1 mm de diamètre. Les tubulures partent des cylindres pour rejoindre le collecteur frontal d'échappement. La tringlerie qui va du carter au collecteur d'échappement a été rajoutée en plastique étiré. Le moteur est peint en noir de pneu Gunze 77, puis drybrushé en Humbrol 11, les tubulures d'échappement sont de couleur rouille Humbrol 113 suivi d'un lavis Gunze 342. Les tuyaux de sortie des gaz d'échappement ont été faits en scratch du type court et coudé car ceux de la boîte ne conviennent pas. Pour la mise en couleur du collecteur annulaire d'échappement, qui est en bronze, je me suis fié à celui d'un Bristol Blenheim vu à la Ferté Alais lors d'un meeting. La couleur bronze a été réalisée en ajoutant deux gouttes d'or Humbrol à du métal brûlé Modelmaster dilué à l'essence F. Pour obtenir des effets de patine propre au bronze surchauffé, j'ai poli le collecteur d'échappement avec une brossette douce montée sur une mini perceuse à vitesse réduite. Les prises d'air des carburateurs fournies dans le kit sont du type court, une grille peinte en noir puis éraillée est rajoutée à l'intérieur. Les pétales des volets de refroidissement des moteurs sont affinées. Une fois finis, les moteurs sont mis de côté.

Sur les conseils de mon compère, je ne collerai pas les hélices pour éviter de les casser. Elles seront montées sur un axe, libre de mouvement.

Train d'atterrissage

Les jambes de train fournies par Tamiya ne sont pas tout à fait correctes (voir Modeller datafile page 89, plan d'usine du Mk.IC/F ~ Mk.VIC/F), j'ai logiquement tout refait avec du fil électrique, plastique étiré, plomb etc..... Pour la couleur des trains d'atterrissage, du logement et des trappes (biens appréhendés par Tamiya), j'ai suivi la notice de montage, avant de passer un drybrush gris perle Humbrol mat 28. Un jus de la couleur de la base du diorama a été passé sur tout ce sous-ensemble. Ils seront collés à la fin.

Voilure

Le montage des ailes ne pose pas de problème particulier, j'ai percé les ampoules dans les feux de saumon d'aile et refait les phares d'approche dans le bord d'attaque de l'aile.

Fuselage

Je me suis servi de la planche Part, de fil électrique et de fil de plomb de différents diamètres pour reproduire les divers câblages et faisceaux électriques. La couleur de tout l'intérieur de l'oiseau est vert intérieur Gunze 132 éclairci par un drybrush gris perle Humbrol mat 28. L'habitacle a quelques différences selon les versions, bien consulter la documentation d'autant plus que la verrière est assez limpide et peut être laissée ouverte. Le tableau de bord, les consoles et l'instrumentation seront peints en noir de pneu, le tout drybrushé en mat 28 Humbrol.

Les cadrans recevront une goutte de vernis brillant pour simuler le verre; quelques touches de couleur sur les instruments et un jus sépia finiront la mise en couleur de l'intérieur. Les sièges du pilote et de l'observateur sont préparés et installés définitivement. Après avoir collé les demi-fuselages, la verrière du poste de pilotage sera collée et peinte en même temps que l'avion. J'ai choisi de laisser les trappes d'accès d'intrados ouvertes pour laisser pénétrer un maximum de lumière dans la cellule.

Les verrières de l'observateur et des gonios seront surmoulées car il y avait un vilain effet de loupe, celle de la gonio est dépolie comme dans la réalité. Les armatures seront peintes au pochoir (bande cache Tamiya) puis mises de côté.

A ce stade du montage, les ailes sont collées sur la carlingue sans leur moteur. Les empennages horizontaux en résine sont collés à l'époxy à deux composants, le temps de prise permettant de bien les caler.

Camouflage et décoration

Après analyse de la photo parue dans la revue Avions n°100, il semblerait que l'avion aurait été repeint dans une couleur plus ou moins foncée, ce qui serait logique pour un appareil de chasse de nuit. Mais voilà, n'ayant que ce seul document en ma possession, j'ai préféré le peindre dans le camouflage standard du moment : dark earth, middle stone.

Tous les sous-ensembles ont reçu une couche d'aluminium Testor metalizer qui, une fois sèche, est lustrée, ce qui permet de voir un éventuel défaut de collage et qui servira pour les éventuelles éraillures. J'ai fait un pré-ombrage noir sur tous les panneaux de la maquette.

Les couleurs utilisées pour la décoration sont : dark earth (Gunze 72), middle stone (Gunze 71) pour l'extrados; blue gray (Gunze 42) légèrement éclairci d'une pointe de blanc pour l'intrados, sauf les volets entoilés qui n'étaient pas repeints mais laissés couleur usine sky pour gagner du poids.

Le camouflage est à bord semi-flou mais la limite intrados extrados est nette, j'ai suivi le plan de camouflage préconisé par Tamiya. J'avais signalé plus haut de ne pas coller les moteurs, tout simplement pour avoir un certain confort lors de la mise en peinture du camouflage.

Les faisceaux d'ailes ont été peints au pochoir avec de la frisquette après photocopie de la page 81 du livre Regia Aeronautica, Caccia & Assalto 1940/43 part 1. La taille des faisceaux pour les appareils de reconnaissance convient pour ce type d'avion. La bande de fuselage et la croix de Savoie sont masquées à la bande cache Tamiya, seul le serial est en décals. Les marquages anglais sont recouverts de giallo mimetico : 29% de Gunze 34, 12% de Gunze 58 et 59% de Gunze 316. J'ai volontairement fait transparaître les anciens marquages, pour plus de réalisme.

A ce stade la patine peut débuter par les éraillures qui sont plus ou moins importantes, faites par divers procédés : arrachage avec du scotch, lame x-acto...

Après s'être fait passer pour Leonard de Vinci, une bonne couche de vernis brillant klir de Johnson dilué à 50% d'eau (qui se trouve dans toutes les bonnes drogueries, vous pouvez éventuellement vernir vos parquets) est passée sur tout l'ensemble pour protéger les éraillures alu lors du jus à l'essence F.

Un jus de couleur de base du diorama (comme pour le train d'atterrissage) est passé sur tout l'avion. Pour donner un aspect un peu plus opérationnel, j'ai sali avec du pigment et du pastel sec l'entourage des moteurs, des trains, les zones les plus sollicitées par les mécanos et l'entourage des habitacles. Tout cela est recouvert d'une couche de vernis mat Pébéo dilué à 50% d'eau.

Technique

Pour pouvoir faire un camouflage à bord flou, voilà une petite astuce que vous pourrez mettre en application ou améliorer : faites des boudins de patafix de 3 mm de diamètre que vous positionnerez sur la maquette suivant le dessin du camouflage, puis passez l'aérographe bien perpendiculairement à la surface de la maquette à 2 ou 3 cm de distance (1,5 bars de pression et une peinture diluée à 50%). Faites des voiles de peinture, l'effet est garanti.

Finitions

Les divers sous-ensembles sont mis en place : les moteurs, les verrières, le train d'atterrissage, les logements avec leurs trappes, les hélices. L'antenne est réalisée avec un cheveu de ma petite fille (merci Fanny), les isolateurs à la colle blanche et les traces d'échappement sont faites au pigment.

Diorama

Un mélange de sable de mer, enduit ciment, colle à ois et eau est étalé sur un socle en bois adapté à la taille de la maquette. Le terrain est plus ou moins sommaire, divers débris sont étalés, le relief est modelé, un tas de cailloux et un poteau indicateur sont mis en place avant que le mélange ne prenne. L'herbe, faite avec du flocage ferroviaire, est fixée à la colle à bois diluée à l'eau. Après 24 heures de séchage, je passe toujours un voile de vernis mat en bombe pour fixer les brindilles. La couleur de base est vaporisée : buff Tamiya XF57 pour le sol et les cailloux, black green Tamiya XF27 pour la végétation, brossée ensuite à la peinture à l'huile dans les tons de vert très clair et terre de sienne naturelle pour varier la couleur.

Il faut maintenant donner une certaine patine au décor grâce à des jus à l'huile dilués à l'essence F : terre d'ombre naturelle sur l'ensemble de la terre pour le relief et brun vandyck pour accentuer les creux et les cailloux. Un drybrush gris très clair est passé sur tous les reliefs.

Notez que la mise en couleur et la patine ne sont pas des sciences exactes, elles s'apprécient selon le goût de chacun.

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