Dernières mises à jour

Classe Ariete

Written by 
L'Ariete durant ses essais à la mer, été 1943. L'Ariete durant ses essais à la mer, été 1943.

Derniers torpilleurs construits pour la Regia Marina pendant la seconde guerre mondiale, les Ariete furent utilisés presqu'exclusivement par la Kriegsmarine après l'armistice du 8 septembre 1943.

Développement et carrière opérationnelle

Les Ariete furent développés en 1936-1937 à l'initiative des chantiers Ansaldo qui se basèrent sur les torpilleurs de la classe Spica, d'où leur désignation de tipo Alcione allungato. Ces nouveaux navires furent proposés en vain à la marine italienne, puis à la Roumanie, à l'Espagne, à la Thaïlande et à la Suède.

Il fallut attendre février 1941 pour que la Regia Marina passe une première commande de six unités aux chantiers Ansaldo, malgré les avis contraires de certains au sein de l'état major, qui auraient préféré lancer la construction d'autres torpilleurs de la série Alcione.

En septembre 1941, six nouvelles unités de la classe Ariete furent commandées : quatre aux Cantieri Navali del Quarnaro à Fiume et deux aux CRDA de Trieste. Suivit une nouvelle commande de quatre exemplaires en 1942 pour les CRDA. Il était prévu à l'origine de remplacer à la fois les torpilleurs modernes perdus à la guerre mais aussi l'ensemble des vieilles unités rescapées de la Grande Guerre : le besoin portait sur 42 navires. La construction, commencée au début de l'année 1942 à Fiume (actuelle Rijeka) pour les premiers exemplaires et un an plus tard à Trieste pour les derniers, fut ralentie par le manque de main d'oeuvre qualifiée et de matières premières. Ce n'est qu'à partir de janvier 1943 que les travaux s'accélérèrent, suite à la décision de la Regia Marina de donner la priorité aux unités de faible tonnage.

Lancement de l'Arturo à Sestri Ponente le 27 mars 1943. L'Auriga prêt à être lancé le 15 avril 1943 à Sestri Ponente. Le Dragone peu avant son lancement le 14 août 1943 à Sestri Ponente.
(crédits photo : Archivio Ansaldo)
Le Dragone tout juste mis à l'eau à Sestri Ponente le 14 août 1943. Lancement du Gladio à Trieste le 15 juin 1943.
(crédits photo : collection Giorgio Parodi)
Lancement du Rigel le 22 mai 1943 à Sestri Ponente.

Le 4 avril 1943, une dernière commande de huit torpilleurs de la classe Ariete fut passée aux chantiers Ansaldo, mais ceux-ci restèrent anonymes et ne furent jamais mis sur cale. Sur les 24 navires commandés entre 1941 et 1943, seuls 16 furent mises en chantier, et l’Ariete fut le seul à être admis en service avant l’armistice.

Les 15 autres torpilleurs encore en chantier au 8 septembre 1943 furent capturés par les Allemands. Ils formèrent la classe TA 24 au sein de la Kriegsmarine qui les employa dans des missions de mouillage de mines et d'escorte de convois côtiers. Bon nombre de ces unités furent perdues, surtout du fait de l’aviation alliée, malgré l'ajout de canons antiaériens de 37 mm, 30 mm et Flakvierling mod.38 de 20 mm.

Le TA 24 (ex Arturo) au large de la côte ligure à la fin de l'année 1943. Le TA 24 (ex Arturo) à quai à Gênes en 1944. Parmis les navires coulés pour bloquer l'une des entrées du port, on reconnaît le contre-torpilleur FR.32. Le TA 39 (ex Daga) à Kotor en septembre 1944.
Le TA 29 (ex Eridano) à quai à La Spezia au printemps 1944. Le TA 38 (ex Spada) en septembre 1944. Le TA 45 (ex Spica) en 1944.

Deux navires seulement réchappèrent de la guerre : l'Ariete, cédé à la Yougoslavie en 1949 et rebaptisé Durmitor, et le Balestra, endommagé sur sa cale de construction à Rijeka le 20 février 1945. Achevé en 1950 par les Yougoslaves et baptisé Ucka, il resta en service jusqu'en 1968.

La coque du TA 47 (ex Balestra) récupéré par les Yougoslaves au chantier de Rijeka. L'Ucka (ex Balestro) en construction à Rijeka le 26 mars 1946. L'Ucka (ex Balestra) naviguant sous pavillon yougoslave.

Caractéristiques techniques

Par rapport aux unités de la classe Spica, les torpilleurs du type Ariete furent rallongés de 2 m environ. Ils étaient armés de seulement 2 affûts simples OTO 37 de 100/47 mais comptaient deux tubes lance-torpilles supplémentaires. De plus, les navires de la classe Ariete pouvaient transporter davantage de mines ou de grenades ASM. Contrairement aux Spica, ils étaient destinés principalement à la lutte antinavire et non à l'escorte de convois.

L'affût avant OTO 37 de 100/47 sur l'Ariete, été 1944. L'une des deux plate-formes lance-torpilles triples de 450 mm de l'Ariete.

Pour faire face à l'accroissement du déplacement, la puissance des turbines fut augmentée de 3000 ch, ce qui devait permettre aux Ariete d'atteindre 32-33 noeuds avec un déplacement à pleine charge de 1040 tonnes. Mais le renforcement de l'armement antiaérien en cours de construction augmenta plus que prévu le déplacement des navires, tandis que le rendement de l'appareil propulsif était insuffisant, si bien que lors des essais, l'Ariete ne dépassa pas 29,93 noeuds avec un déplacement de 1004 tonnes.

Bien que leur tenue à la mer et leur habitabilité fussent meilleures que sur les Spica, les navires de la classe Ariete souffraient d'un niveau de finition inférieur du fait des contraintes de la guerre, ce qui provoqua de nombreuses avaries.

Coupe longitudinale d'un torpilleur classe Ariete.
Liste des de la classe Ariete
NomMarque de coqueMis sur caleLancéEn serviceDevise
Ansaldo, Sestri Ponente
Ariete AE 15/07/1942 06/03/1943 05/08/1943 Magis tenacia quam cornibus everto
Arturo AO puis TA 24 15/07/1942 27/03/1943 04/10/1943 -
Auriga AG puis TA 27 15/07/1942 15/04/1943 28/12/1943 -
Rigel RG puis TA 28 15/07/1942 22/05/1943 23/01/1944 -
Eridano ED puis TA 29 15/07/1942 12/06/1943 06/03/1944 -
Dragone DR puis TA 30 15/07/1942 14/08/1943 15/04/1944 -
CRDA, Trieste
Gladio GL puis TA 37 09/01/1943 15/06/1943 08/01/1944 -
Spada SD puis TA 38 09/01/1943 01/07/1943 12/02/1944 -
Daga DG puis TA 39 09/01/1943 15/07/1943 27/03/1944 -
Pugnale PU puis TA 40 09/01/1943 01/08/1943 17/10/1944 -
Lancia LN puis TA 41 24/03/1943 07/05/1944 07/09/1944 -
Alabarda AB puis TA 42 24/03/1943 07/05/1944 27/09/1944 -
Cantieri Navali del Quarnaro, Fiume
Stella Polare SR puis TA 36 1942 11/07/1943 15/01/1944 -
Spica SP puis TA 45 12/01/1942 30/01/1944 08/09/1944 -
Fionda FI puis TA 46 27/07/1942 - - -
Balestra BL puis TA 47 05/09/1942 - - -
Fiche technique
Déplacement standard 797 t
Déplacement à pleine charge 1130 t
Longueur 83,50 m
Largeur 8,60 m
Tirant d'eau 3,15 m
Propulsion 2 chaudières et 2 turboréducteurs Parsons développant 22 000 ch et entraînant 2 hélices
Vitesse maximale 28 nœuds
30 nœuds pendant les essais
Autonomie 1800 miles nautiques à 15 nœuds
Armement
  • 2 canons de 100/47 sur 2 affûts simples OTO 37
  • 10 canons de 20/65 sur affûts doubles et quadruples
  • 6 tubes lance-torpilles de 450 mm sur 2 plate-forme triples
  • 4 lance-grenades ASM
  • 2 rampes pour grenades ASM
  • 28 mines
Équipage 8 officiers, 142 sous-officiers et matelots
Profil et vue de dessus d'un torpilleur classe Ariete.
Sources :
  • Le navi da guerra italiane 1940-1945, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, Albertelli, 2005
  • Le torpediniere italiane, contramm. Paolo M. Pollina, Ufficio Storico della Marina Militare, 1974
  • In guerra sul mare, Erminio Bagnasco, Albertelli, 2005
  • Le armi delle navi italiane nella seconda guerra mondiale, Erminio Bagnasco, Albertelli, 2007
  • Beute-Zerstörer und Torpedoboote der Kriegsmarine, Dr. Z. Freivogel, Marine-Arsenal 46, Podzun Pallas Verlag, 2000
Pour reproduire ce navire :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Regia Marina 1/700 RM026 Torpediniera classe Ariete Maquette d'Aymeric Lopez
Read 6146 times Last modified on Sunday, 19 November 2017 17:25

Related items