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Classe Ciclone

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Les torpilleurs Ardimentoso et Ardente accompagnés de la corvette C11 Gabbiano en achèvement aux chantiers Ansaldo de Sestri Ponente en juillet 1942. Les torpilleurs Ardimentoso et Ardente accompagnés de la corvette C11 Gabbiano en achèvement aux chantiers Ansaldo de Sestri Ponente en juillet 1942.

Entre la fin de l'été et le début de l'automne 1940, il devint clair que la marine italienne manquait cruellement d'unités d'escorte pour assurer la protection des nombreux convois en direction de l'Afrique du Nord. Le Comitato Progetto Navi fut par conséquent chargé d'élaborer un nouveau projet en s'inspirant des torpilleurs d'escorte de la classe Pegaso.

Développement

Les torpilleurs d'escorte de la classe Ciclone (ou Animoso) allaient conserver l'appareil propulsif des Pegaso, tout en voyant leur armement renforcé, avec notamment l'adjonction d'un troisième canon de 100/47 (qui ne sera pas monté sur toutes les unités). Pour améliorer les qualités nautiques des nouveaux navires, il fut décidé d'augmenter leur largeur au maître-bau d'environ 50 cm, ce qui aurait pour conséquence d'accroître le déplacement à vide d'une centaine de tonnes et de réduire de quelques noeuds la vitesse maximale.

Ces modifications retardèrent de plusieurs mois le début de la construction, et les premières unités de la classe Ciclone ne furent mises sur cale qu'au printemps 1941. Au total, 16 exemplaires furent mis sur cale entre avril 1941 et janvier 1942 dans quatre chantiers. Au moment de l'armistice du 8 septembre 1943, seul l'Intrepido n'avait pas encore été livré à la Regia Marina.

Le Groppo en construction à Castellammare di Stabia le 10 février 1942. L'Ardente après son lancement à Sestri Ponente le 27 mai 1942. L'Animoso en achèvement au chantier Ansaldo de Sestri Ponente en 1942.
(crédits photo : Giorgio Parodi)

Carrière opérationnelle

Les torpilleurs de la classe Ciclone furent intensément sollicités au cours du conflit pour la protection du trafic avec la Libye puis la Tunisie. Les contraintes imposées par l'économie de guerre amenèrent une usure plus rapide et des défaillances plus fréquentes que celles constatées sur les unités livrées avant 1940.

Six torpilleurs de cette classe furent perdus avant le 8 septembre 1943, et cinq autres à l'armistice, soit par sabordage, soit capturés par les Allemands qui en armèrent trois. Sur les cinq unités rescapées du conflit, deux furent cédées à la Yougoslavie et trois à l'URSS en réparation des dommages de guerre en 1949.

Le TA 23 (ex Impavido) à La Spezia au début de l'année 1944. Le Z17 (ex Fortunale) à Odessa en 1949.

Caractéristiques techniques

Les unités de la classe Ciclone reprenaient les formes de la carène des Pegaso, tout en l'élargissant pour améliorer les qualités nautiques. L'augmentation du déplacement entraîna une chute de la vitesse maximale de l'ordre de 3 noeuds et une limitation de l'autonomie, calculée au juste besoin pour parcourir la distance entre les ports de métropole et ceux d'Afrique du Nord. La baisse de qualité des équipements produits en temps de guerre est aussi à incriminer dans ces performances à la baisse. Malgré tout, le but recherché fut atteint, les qualités nautiques des Ciclone se révélant un peu meilleures que celles des Pegaso.

Coupe longitudinale d'un torpilleur de la classe Ciclone. Plan vertical des formes d'un torpilleur de la classe Ciclone.

Concernant l'armement, toutes les unités furent construites pour accueillir trois affûts simples OTO 37 de 100/47, mais au final l'affût central ne fut embarqué que sur cinq bateaux. Un affût double de 20 mm supplémentaire fut monté à la place pour renforcer l'armement antiaérien. Sur certaines unités, on remplaça l'un des affûts doubles par un affût quadruple d'origine allemande Flakvierling mod.38, portant le nombre de pièces antiaériennes à douze.

Affûts central et arrière de 100/47 du TA 26 (ex Intrepido). Affût double Scotti-O.M. 41 de 20/70 à bord du Ciclone.

L'armement anti-sous-marin était constitué de quatre à six lance-grenades ASM explosifs et de 2 rampes multiples universelles pour grenades ASM. Enfin, chaque unité disposait de deux plate-formes lance-torpilles doubles de 450 mm situées sur les côtés du navire.

Cette vue de la poupe du Ciclone permet de mettre en évidence l'un des affûts de 100/47 et la rampe universelle bâbord armée de 4 grenades type W.D.B. d'origine allemande. Plate-forme lances-torpilles double de 450 mm tribord du Groppo.

Au printemps 1943, un radar Fu.Mo. 21/40 "De.Te" d'origine allemande fut installé sur les Aliseo et Ardimentoso.

Cette photo de l'Aliseo prise à Tarente au printemps 1945 montre l'unité équipée de son radar Fu.Mo. 21/40. L'Ardimentoso à Venise en août 1945. Remarquez le radar Fu.Mo. 21/40 au-dessus de la passerelle.
Liste des torpilleurs de la classe Ciclone
NomMarque de coqueMis sur caleLancéEn service
CRDA, Trieste
Ciclone CI 09/05/1941 01/03/1942 21/05/1942
Tifone TF 17/06/1941 31/03/1942 11/07/1942
Fortunale FT 17/06/1941 18/04/1942 16/08/1942
Uragano UR 17/06/1941 03/05/1942 19/09/1942
Ansaldo, Sestri Ponente
Ardito AR 03/04/1941 16/03/1942 30/06/1942
Animoso AM 03/04/1941 15/04/1942 14/08/1942
Ardente AD 07/04/1941 27/05/1942 30/09/1942
Ardimentoso AZ puis AT 07/04/1941 27/06/1942 17/12/1942
Navalmeccanica, Castellammare di Stabia
Groppo GP 18/06/1941 19/04/1942 29/08/1942
Monsone MS 18/06/1941 07/06/1942 28/11/1942
Aliseo AS 01/09/1941 20/09/1942 28/02/1943
Ghibli GH 15/09/1941 28/02/1943 27/07/1943
Cantieri del Tirreno, Riva Trigoso
Impavido IM 15/08/1941 24/02/1943 30/04/1943
Impetuoso IP 15/08/1941 20/04/1943 07/06/1943
Indomito ID 10/01/1942 06/07/1943 04/08/1943
Intrepido IT 31/01/1942 08/09/1943 -
Fiche technique
Déplacement standard 1160 t
Déplacement à pleine charge 1800 t
Longueur 89,5 m
Largeur 9,9 m
Tirant d'eau 3,8 m
Propulsion 2 chaudières Yarrow et 2 turboréducteurs Tosi développant 16 000 ch et entraînant 2 hélices
Vitesse maximale 24 nœuds
25-26 nœuds pendant les essais
Autonomie 2800 miles nautiques à 14 nœuds
Armement
  • 2 à 3 canons de 100/47 sur affûts simples
  • 8 à 12 canons de 20/65 ou 20/70 sur affûts simples, doubles ou quadruples
  • 4 tubes lance-torpilles de 450 mm sur 2 plate-formes doubles
  • 4 à 6 lance-grenades ASM
  • 2 rampes pour grenades ASM
  • 20 mines
Équipage 8 officiers, 162 sous-officiers et matelots
Profil et vue de dessus de l'Indomito.
(crédits : Franco Gay)
Profil et vue de dessus d'un torpilleur de la classe Ciclone armé de deux affûts de 100/47.
Sources :
  • Le navi da guerra italiane 1940-1945, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, Albertelli, 2005
  • Le torpediniere italiane, contramm. Paolo M. Pollina, Ufficio Storico della Marina Militare, 1974
  • In guerra sul mare, Erminio Bagnasco, Albertelli, 2005
  • Navi e marinai italiani, Elio Ando & Erminio Bagnasco, 1999
  • Le armi delle navi italiane nella seconda guerra mondiale, Erminio Bagnasco, Albertelli, 2007
  • Beute-Zerstörer und Torpedoboote der Kriegsmarine, Dr. Z. Freivogel, Marine-Arsenal 46, Podzun Pallas Verlag, 2000
Pour reproduire ce navire :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Regia Marina 1/700 RM025 Torpediniera classe Ciclone Maquette d'Aymeric Lopez
Delphis Models 1/350 DM-120 RN Animoso -
Lu 5416 fois Dernière modification le dimanche, 19 novembre 2017 12:49

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