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Classe Turbine

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L'Espero, l'Ostro et l'Aquilone à couple dans le port de La Maddalena en octobre 1935. L'Espero, l'Ostro et l'Aquilone à couple dans le port de La Maddalena en octobre 1935.

Conçus selon la même architecture que leurs prédécesseurs de la classe Sauro, les contre-torpilleurs de la classe Turbine affichèrent de meilleures caractéristiques en terme de vitesse et d'autonomie.

Développement et construction

Peu après la commande des quatre contre-torpilleurs de la classe Sauro fut notifié un marché portant sur la construction de huit unités semblables, avec quelques améliorations par rapport au projet d'origine porté par le chantier Odero de Sestri Ponente (Gênes). C'est au titre des tranches 1923-1924 et 1924-1925 du programme naval que furent commandés ces nouveaux contre-torpilleurs formant la classe Turbine. Avec une longueur augmentée de 3 m, ils affichaient un déplacement standard de l'ordre de 80 tonnes de plus que leurs prédécesseurs. L'emport plus important en combustible et en eau pour les chaudières sur les Turbine creusait encore l'écart en terme de déplacement normal et à pleine charge entre les deux classes.

Les huit contre-torpilleurs de la classe Turbine furent mis sur cale en 1925 aux chantiers Odero et Ansaldo de Sestri Ponente et aux Cantieri del Tirreno de Riva Trigoso (Ligurie). Ils furent lancés et admis au service actif entre 1927 et 1928.

Le Nembo en construction à Riva Trigoso en 1926. L'Euro lors de son lancement à Riva Trigoso le 7 juillet 1927. Lancement de l'Ostro à Sestri Ponente le 21 janvier 1928.

Description technique

Dans l'ensemble, les contre-torpilleurs de la classe Turbine héritèrent des caractéristiques de leurs prédecesseurs, tout en affichant une autonomie supérieure et une plus grande robustesse. L'alourdissement des unités au cours du temps fut moins sensible que sur les Sauro, si bien que leur vitesse maximale de 31 noeuds en 1940 était encore très acceptable.

Lors des essais menés en 1927, les unités de la classe Turbine dépassèrent largement la vitesse contractuelle de 36 noeuds avec un déplacement moyen de 1270 tonnes, soit 9% de plus que les Sauro. Comme la puissance de l'appareil propulsif n'avait augmentée que de 5%, cela signifie que l'allongement des Turbine eut une influence positive sur leur vitesse. En particulier, l'Aquilone battit tous les records de vitesse établis par les contre-torpilleurs transalpins précédents en affichant une allure moyenne de 39,48 noeuds sur 4 heures en déplaçant 1360 tonnes et développant une puissance de 46 224 ch. L'alourdissement des unités au cours du temps fut moins sensible que sur les Sauro, si bien que leur vitesse maximale de 31 noeuds en 1940 était encore très acceptable.

Coupe longitudinale d'un contre-torpilleur de la classe Turbine. Groupe turboréducteur du Borea à l'usine de Sampierdarena en 1926.
(crédits photo : Fondazione Ansaldo)
Marins posant sur la cheminée arrière de l'Euro.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)

À partir de 1933, les Turbine reçurent une centrale de tir et une volumineuse tourelle de télépointage au-dessus de la passerelle. Ils allaient améliorer la direction de tir des deux affûts doubles Odero-Terni mod.1926 de 120/45 à culasse unique, dont le point faible était l'importante dispersion.

L'armement antiaérien était initialement composé de trois canons mitrailleurs Vickers-Terni de 40/39 sur affûts simples, deux en retrait de la cheminée arrière et le troisième sur la plage arrière. Au cours des années 1930, l'affût de poupe fut remplacé par un affût double de 13,2 mm. En 1942, sur le Turbine et l'Euro, toutes les armes antiaériennes furent débarquées pour faire place à sept canons de 20/65, répartis en deux affûts doubles et trois affûts simples.

Les deux plate-formes triples lance torpilles étaient situées su l'axe longitudinal du navire, entre la cheminée arrière et l'affût de 120/45 de poupe. Les deux rampes pour grenades ASM d'origine furent remplacées par deux lance-grenades sur le Turbine et l'Euro en 1942. Pour les missions de mouillage de mines, les Turbine pouvaient embarquer 52 armes.

Affût double de 120/45 et plage avant de l'Euro. Remarquez les bandes blanches et rouges pour l'identification aérienne.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
Affût double de 120/45 sur la plage avant du Turbine au Pirée en 1942. Affût tribord de 40/39 sur un contre-torpilleur de la classe Turbine survolé par un Cant Z.501 lors d'une escorte de convoi à l'été 1941.
Détail de l'affût double de 13,2 mm à bord de l'Espero lors de la remise du pavillon de guerre le 8 mars 1936. Tir de torpille d'entraînement depuis l'Espero en mer Ionienne en 1935.

Carrière opérationnelle

Après des croisières d'endurance destinées à parfaire l'entraînement des équipages, les Turbine prirent part à la guerre civile espagnole en effectuant plusieurs missions de signalement du trafic républicain. En août 1937, le Turbine et l'Ostro torpillèrent le cargo russe Timiriazev qui transportait du matériel destiné aux forces républicaines.

Au 10 juin 1940, les contre-torpilleurs de la classe Turbine étaient répartis entre la 2a sq. Ct du Settore Jonio e Basso Adriatico basée à Tarente (Espero, Borea, Zeffiro et Ostro) et la 1a sq. Ct du Settore Libia basée à Tobrouk (Turbine, Aquilone, Euro et Nembo). Six d'entre eux furent perdus dès l'été 1940, dont trois du fait d'avions torpilleurs ou de bombardiers de la RAF ayant attaqué leurs bases de Benghazi et Tobrouk. Quant à l'Espero, premier contre-torpilleur italien coulé durant la gerre, il affronta seul cinq croiseurs anglais pour permettre à ses deux sisterships de fuir.

Après le carnage des premiers mois de guerre, les deux unités restantes, le Turbine et l'Euro, furent utilisées pour l'escorte de convoi vers l'Afrique du Nord, l'Albanie ou la mer Égée. Suite à l'armisitce du 8 septembre 1943, l'Euro fut perdu lors de la défense de Leros contre les Allemands, tandis que le Turbine fut récupéré par ces derniers et rebaptisé TA 14.

L'Aquilone dans sa configuration d'origine. Le Borea à la mer. L'Espero navigant à 32 noeuds.
Le Borea, l'Ostro, l'Espero et le Zeffiro à quai à Trieste.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
Le Nembo en 1934, après l'ajout du télémètre sur la passerelle. L'Ostro à la mer par gros temps
(crédits photo : Gabriele Paravan)
Le Turbine à la mer. Le Zeffiro au mouillage. L'Ostro et le Borea au mouillage devant Bardia au printemps 1940.
Liste des contre-torpilleurs de la classe Turbine
NomMarque de coqueMis sur caleLancéEn serviceDevise
Odero, Sestri Ponente
Turbine TB puis TA 14 24/03/1925 21/04/1927 27/08/1927 Paveant turbinem hostis
Aquilone AL 18/05/1925 03/08/1927 03/12/1927 Ogni rapidità di venti agguaglia
Cantieri del Tirreno, Riva Trigoso
Nembo NB 21/01/1925 27/01/1927 01/10/1927 Con la buona ventura ad ogni vento
Euro ER 21/01/1925 07/07/1927 22/12/1927 Rapido velocior euro
Ansaldo, Sestri Ponente
Borea BR 29/04/1925 18/01/1927 14/11/1927 Romanamente
Espero ES 29/04/1925 31/08/1927 22/12/1927 Venti impetu delendo ruo
Zeffiro ZF 29/04/1925 27/05/1927 15/05/1928 Nitor in adversum
Ostro OT 29/04/1925 21/01/1928 09/06/1928 Allo sbaraglio
Fiche technique
 Au neuvageEn 1940
Déplacement standard 1210 t -
Déplacement à pleine charge 1780 t 1780 t
Longueur hors-tout 93,60 m 93,60 m
Largeur 9,21 m 9,21 m
Tirant d'eau 3,85 m à pleine charge 3,9 m à pleine charge
Propulsion 3 chaudières Yarrow et 2 turbines Parsons développant 40 000 ch et entraînant 2 hélices 3 chaudières Yarrow et 2 turbines Parsons développant 40 000 ch et entraînant 2 hélices
Vitesse maximale 38-39,5 nœuds aux essais 31 noeuds en 1940
Autonomie 660 miles nautiques à 33 nœuds
3200 miles nautiques à 14 nœuds
660 miles nautiques à 33 nœuds
3200 miles nautiques à 14 nœuds
Armement
  • 4 canons de 120/45 sur 2 affûts doubles
  • 3 canons Vickers de 40/39 sur 3 affûts simples
  • 6 tubes lance-torpilles de 533 mm sur 2 plate-formes triples
  • 2 grenadeurs
  • 52 mines
  • 4 canons de 120/45 sur 2 affûts doubles
  • 2 canons Vickers de 40/39 sur 2 affûts simples
  • 2 mitrailleuses de 13,2 mm sur 1 affût double
  • 6 tubes lance-torpilles de 533 mm sur 2 plate-formes triples
  • 2 grenadeurs
  • 52 mines
Équipage 6 officiers, 139 sous-officiers et matelots 6 officiers, 139 sous-officiers et matelots
Vues de profil et de dessus d'un contre-torpilleur classe Turbine.
Sources :
  • I cacciatorpediniere italiani, G. Fioravanzo, P.M. Pollina, G.Riccardi & F. Gnifetti, Ufficio Storico della Marina Militare, 1971
  • In guerra sul mare, Erminio Bagnasco, Ermanno Albertelli Editore, 2005
  • Le navi da guerra italiane 1940-1945, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, Ermanno Albertelli Editore, 2005
  • Navi e marinai italiani nella Seconda Guerra Mondiale, Elio Ando & Erminio Bagnasco, Ermanno Albertelli Editore, 1999
  • L'impegno navale italiano durante la guerra civile spagnola (1936-1939), Franco Bargoni, Ufficio Storico della Marina Militare, 1992
  • I motti delle navi italiane, Mario Buracchia, Ufficio Storico della Marina Militare, 1998
Pour reproduire ce navire :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Regia Marina 1/700 RM018 Cacciatorpediniere Turbine Maquette d'Aymeric Lopez
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