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Classe Navigatori

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Éclaireurs de la classe Navigatori au mouillage dans les années 1930. Éclaireurs de la classe Navigatori au mouillage dans les années 1930.

Prévus initialement d'être construits à 24 exemplaires puis réduits à 12 du fait des difficultés économiques, les Navigatori furent développés sur la base des éclaireurs classe Leone, par rapport auxquels ils sacrifiaient 2 canons de 120 mm au profit d'une vitesse plus élevée.

Développement

Les contre-torpilleurs de la classe Navigatori devaient constituer la réponse aux unités françaises des classes Jaguar et Guépard. Conçus à partir de 1924 par le Comitato Progetti Navi dirigé par le generale del Genio Navale Giuseppe Rota, les 12 unités de la classe Navigatori furent commandées aux chantiers Ansaldo et Odero de Sestri Ponente, Cantieri del Tirreno de Riva Trigoso, CNR d'Ancône et CNQ de Fiume entre août et octobre 1926. Ils furent inscrits à la liste navale le 23 juin 1927 en application du décret royal n°1328. Tous portaient le nom d'explorateurs italiens pour la plupart inconnus du grand public, mais sensés transmettre la mémoire de leur glorieux passé aux jeunes marins de la Regia Marina.

Tout d'abord classés parmi les contre-torpilleurs, leur vitesse élevée et leurs dimensions justifièrent leur classement parmi les éclaireurs (esploratori) le 19 juillet 1929. Mais l'augmentation du déplacement des contre-torpilleurs dans les années 1930 ne justifiait plus cette différenciation, si bien que le décret royal du 5 septembre 1938 leur réattribua leur classement d'origine. Cette décision s'accompagna de l'application des marques de coque pour l'identification à distance.

Pessagno et Da Recco en construction aux CNR d'Ancône le 30 juin 1929. Le Malocello peu avant son lancement à Sestri Ponente en mars 1929. Le Tarigo, le Pancaldo et le Da Noli sous grand pavois à Naples le 23 mars 1930.
(crédits photo : F. Bargoni)
Navigatori à couple à Naples, avec au premier plan le Malocello. Navigatori au mouillage en 1931, après la première refonte.
(crédits photo : E. Bagnasco)
Le Tarigo et le Da Noli à quai à Monaco en mars 1932.
(crédits photo : F. Bargoni)

Description technique

Ayant été construits par 5 chantiers différents, les contre-torpilleurs de la classe Navigatori n'étaient pas rigoureusement identiques. Les principales différences sont mentionnées dans cette description qui s'appuie sur un bâtiment "type".

La coque à quille plate était construite en acier zingué. La résistance longitudinale était assurée par une carlingue centrale et deux carlingues latérales continues, ainsi que par la présence de deux cloisons étanches le long des locaux machines. Les couples étaient distants de 55 à 58 cm, et un porque était inséré tous les 4 ou 5 couples. La teugue s'étendait sur 42,6 m à l'avant, pour une hauteur de 2,2 m. Le navire était compartimenté par 19 cloisons étanches transversales, dont 13 s'élevaient jusqu'au pont principal.

Coupe longitudinale des Navigatori au neuvage. Ce plan se réfère en particulier aux unités construites aux Cantieri Navali del Tirreno. Plan vertical des formes : la coque d'origine est tracée en traits pointillés, la coque modifiée en traits pleins.

La ligne du bâtiment était peu appréciée du fait de la hauteur du rouf antérieur sur trois niveaux qui alourdissait sa silhouette et de la disposition peu harmonieuse des cheminées, très éloignées l'une de l'autre. Le rouf antérieur abritait des logements et l'aspiration des ventilateurs de la chaudière n°1 au premier niveau, le poste central artillerie et le logement de veille du commandant au second, et la passerelle de navigation au troisième. Derrière s'élevait un mât tripode comprenant une plate-forme pour un projecteur et un nid de pie. En 1930, le rouf antérieur fut abaissé (deux niveaux au lieu de trois) et le mât tripode fut remplacé par un mât pible.

Sur le pont principal se trouvaient deux roufs :

  • le premier, de part et d'autre de la cheminée arrière, abritait le poste de conduite propulsion et supportait l'affût central de 120/50;
  • le second, à l'arrière, abritant le bureau du commandant, deux magasins et l'accès aux logements des officiers, supportait l'affût arrière de l'artillerie principale.

La teugue accueillait les postes d'équipage, les poulaines, les lavabos et les cuisines. Sous le pont principal se succédaient, d'avant en arrière, les logements des mécaniciens vaporistes, ceux des sous-officiers avec deux carrés, le carré des officiers, les logements des officiers et du commandant et enfin le local de l'appareil à gouverner. L'emménagement était identique sur toutes les unités, sauf sur le Da Recco, qui devait remplir le rôle de navire-amiral, et dont le rouf arrière était plus grand pour accueillir le carré Amiral et une chambre pour deux officiers subalternes.

Coupe au couple 43 vue de l'arrière, au droit de la soute à munition avant. Coupe au couple 53 vue de l'arrière, au niveau de la passerelle de navigation. Le rouf avant comportait à l'origine trois niveaux. Coupe au couple 58 vue de l'arrière, au droit de la chaufferie avant.
Coupe au couple 88 vue de l'arrière, au droit du compartiment machine avant. Coupe au couple 127 vue de l'arrière, au droit du compartiment machine arrière.

Au neuvage, les douze navires étaient manoeuvrés par un gouvernail compensé d'une surface de 8,02 m2. Pour améliorer leur manoeuvrabilité, il fut remplacé en 1932 par un gouvernail semi-compensé, plus haut.

Extrait d'un plan des Cantieri del Tirreno montrant le gouvernail compensé d'origine. Extrait d'un plan des chantiers Odero-Terni-Orlando montrant le gouvernail semi-compensé adopté en 1932.

Chaque unité était équipée de deux compas magnétiques, l'un à la passerelle de navigation et l'autre sur le rouf arrière. De plus, un compas gyroscopique Anschutz logé sous le pont principal renvoyait l'information de direction en six ou sept points du navire. Sur certaines unités, le compas gyroscopique d'origine fut remplacé par un Microtecnica.

Les deux ancres à pattes articulées type Hall pesaient 2200 kg chacune. Les deux cabestans électriques situés sur la plage avant pouvaient être manoeuvrés à la main.

La production de vapeur était assurée par quatre chaudières à mazout, de type Odero sur les 8 premières unités de la classe, et de type Yarrow pour la série Zeno. Les chaudières étaient réparties dans quatre compartiments étanches, divisés en deux groupes sous les cheminées : la chaufferie avant avec les chaudières n°1 et 2 alimentait la machine avant, tandis que la chaufferie arrière avec les chaudières n°3 et 4 alimentait la machine arrière. L'emport standard en mazout prévu initialement était de 320 tonnes, mais à l'entrée en service, il était passé à 450 tonnes, et l'emport à pleine charge culminait à 580 tonnes, réparties dans 16 soutes. Dans certains cas, on embarqua jusqu'à 630 tonnes de mazout en utilisant des soutes destinés à d'autres usages.

Si la puissance développée par l'appareil propulsif était identique sur tous les navires de la classe, à savoir 55 000 ch, elle n'était pas fournie par les mêmes machines. L'architecture générale était cependant similaire, avec deux groupes indépendants comprenant chacun deux turbines en série (haute et basse pression). Les différentes turbines embarquées étaient :

  • des Parsons sur les Tarigo, Malocello, Vivaldi, Usodimare, Pancaldo et Da Noli;
  • des Tosi sur les Pessagno et Da Recco;
  • des Belluzzo sur les Zeno, Da Verrazano, Pigafetta et Da Mosto.

Les deux groupes turbines étaient situés dans deux compartiments étanches distincts. Le groupe avant entraînant la ligne d'arbre bâbord se trouvait entre les deux chaufferies, tandis que le groupe entraînant la ligne d'arbre tribord était situé en arrière de la chaufferie renfermant les chaudières n°3 et 4. À chaque groupe turbine était associé un condenseur de type Uniflux (Weir sur le Da Recco et Ginabat-Delas sur la série Zeno), emménagé sous la turbine BP. La redondance totale entre les deux groupes de l'appareil propulsif expliquait la distance importante séparant les deux cheminées.

Assemblage des carters de turbines à l'usine Ansaldo de Gênes Sampierdarena.
(crédits photo : Fondazione Ansaldo)
Derniers réglages sur un des groupes turboréducteurs du Malocello à Sampierdarena.
(crédits photo : Fondazione Ansaldo)
Essai d'un groupe turboréducteur du Malocello à Sampierdarena.
(crédits photo : Fondazione Ansaldo)

Les deux hélices tripales en bronze de type Scaglia mesuraient 3,4 m de diamètre. Sur la série Zeno, le diamètre passait à 3,56 m, tandis que les hélices du Da Mosto avaient un diamètre de 3,6 m.

L'appareil propulsif des Navigatori se révéla excellent, et les vitesses obtenues lors des essais le démontrèrent. Sur la base de vitesse Albona-Punta Nera (vers Fiume), le Pigafetta atteignit 41,57 noeuds le 22 avril 1931 en développant 65 915 ch pour un déplacement de 1826 tonnes, ce qui en fit l'unité la plus rapide de sa classe.

Lors des essais sur la base de vitesse Ancône - îles Tremiti, le Da Recco atteignit 41,5 noeuds.

À l'origine, les Navigatori disposaient de deux projecteurs OGN de 90 cm, l'un situé sur le mât tripode avant, et l'autre sur le mât arrière. Lors des travaux entrepris en 1930, le projecteur avant fut débarqué. En plus des projecteurs de recherche, deux projecteurs de communication de 40 cm étaient implantés de part et d'autre du bloc-passerelle.

Projecteur OGN de 90 cm sur le mât arrière des Navigatori. Détail du projecteur OGN du Pigafetta à l'été 1940.

Les Pancaldo et Malocello furent les deux premières unités de la classe à être équipées d'un radar à la fin de l'année 1942 : il s'agissait d'un EC 3/ter Gufo de construction italienne pour le premier, et d'un De.Te d'origine allemande pour le second. Les Vivaldi et Da Noli reçurent également un Gufo à l'été 1943, tandis que celui monté sur le Da Recco fut débarqué après les premiers essais pour des problèmes de stabilité, la coque de cette unité n'ayant pas été élargie.

L'artillerie principale des Navigatori comprenait 6 canons Ansaldo de 120/50 mod.1926 répartis en trois affûts doubles. L'affût avant avait un champ de tir 90° sur l'avant et de 45° sur l'arrière de part et d'autre de l'axe longitudinal. L'affût central, placé sur un rouf devant la cheminée arrière, avait un champ de tir de 65° sur l'avant et de 45° sur l'arrière de part et d'autre de l'axe longitudinal. Enfin, l'affût arrière, sur le rouf de poupe, pouvait ouvrir le feu dans un champ de 65° sur l'avant et de 90° sur l'arrière de chaque bord.

Affût central Ansaldo mod.1926 de 120/50 sur un Navigatori. L'absence des trappes de visite permet d'apercevoir les moteurs électriques de pointage et de hausse.
(crédits photo : F. Miglia)
Affût double central de 120/50 du Pigafetta. Affût double arrière de 120/50 du Tarigo en 1941.

Au neuvage, l'armement antiaérien comprenait deux canons de 40/39 sur l'arrière de la teugue, de part et d'autre de la cheminée avant, et 4 mitrailleuses Breda de 13,2 mm sur 2 affûts doubles de chaque côté de la passerelle de tir. Cet armement fut renforcé en 1933-34 par l'ajout de deux affûts doubles de 13,2 mm sur le rouf derrière la cheminée arrière. Entre 1941 et 1942, l'ensemble de l'armement antiaérien fut débarqué et remplacé par 7 canons Breda de 20/65 sur affûts simples. Sur le Da Recco furent montées des armes de 20/70. À partir de la fin de l'année 1942, sur les unités subsistantes, fut débarquée la plate-forme lance-torpilles arrière, remplacée par une plate-forme supportant 2 canons Breda de 37/54. Le Da Recco et le Pancaldo, exonérés des missions de mouillage de mines, furent dotés de deux canons de 20 mm supplémentaires sur le pont principal, derrière le rouf de poupe.

Localisation de l'affût double de 13,2 mm sur l'arrière tribord de la passerelle de tir d'un Navigatori.

Les munitions étaient réparties dans trois soutes. La dotation des pièces de 120/50 comprenait un total de 408 obus perforants, 672 obus explosifs, 120 obus incendiaires et 100 obus éclairants. L'approvisionnement pouvait être augmenté de 250 coups si nécessaire. Les canons de 20/65 étaient approvisionnés à 2400 coups chacun.

Au neuvage, comme nous l'avons déjà vu, la centrale de tir se trouvait au second niveau de la teugue de proue, sous la passerelle de navigation. Après les modifications de 1930, elle fut abaissée d'un niveau, se retrouvant à la hauteur de la plage avant. Sur la passerelle de tir, les deux télémètres stéréoscopiques de 3 m furent réunis dans une tourelle de télépointage identique à celle des Leone. Un large nid de pie fut ajouté à l'arrière de la passerelle de tir pour la direction de tir. Le troisième télémètre, situé sur le rouf derrière la cheminée arrière et protégé par une tourelle de toile, fut débarqué pendant la guerre pour laisser place à deux affûts de 20 mm.

Les Navigatori étaient dotés au neuvage 6 tubes lance-torpilles montés sur deux plate-formes triples San Giorgio, situées à la verticale des locaux machines. Pour améliorer la stabilité des navires, le nombre de tubes fut réduit à quatre entre 1932 et 1933, répartis sur deux plate-formes doubles. Au début de la guerre, bon nombre des unités refondues furent rééquipées de plate-formes triples, avec le tube central surélevé. En 1943, sur le Da Recco, la plate-forme double arrière fut remplacée par une plate-forme triple San Giorgio type S.I. 1929 P/3x533,4.

Lancement d'une torpille depuis une plate-forme double du Pigafetta lors d'un exercice au large de Gaeta en juillet 1933. Plate-forme lance-torpilles double du Pigafetta à l'été 1940.

Au neuvage, les Navigatori pouvaient embarquer 54 mines Vickers-Elia de 760 kg ou 56 mines Bollo de 590 kg. Au début de la guerre, les rails de guidage furent allongés jusqu'à la teugue sur les Pigafetta, Zeno, Da Mosto, Pessagno, Da Verazzano, Malocello et Vivaldi. Suite à cette modification, la capacité d'emport passait à 86 mines P.200, 94 mines Elia ou 104 mines Bollo. Avec une telle dotation, les tubes lance-torpilles étaient rendus inutilisables. En 1940 furent embarquées deux dragues à l'extrémité arrière du pont principal.

L'armement ASM comprenait 14 grenades sous-marines (10 de 50 kg et 4 de 100 kg) mises en oeuvres par deux grenadeurs de sillage. Durant la guerre, la dotation fut portée à 30 grenades WBD de 150 kg et 10 grenades 1941/30 T. En 1930, l'armement ASM fut complété d'une ou deux torpille(s) remorquée(s) Ginocchio 1927/46 T.

Mines P.200 chargées sur le pont principal du Vivaldi en novembre 1940, destinées à être mouillées au nord du cap Bon.
(crédits photo : F. Bargoni)
Fumigènes en action sur le Pigafetta durant l'été 1940. Remarquez les deux dragues relevées ainsi que les grenadeurs.

Refontes et carrière opérationnelle

Les unités de la classe Navigatori souffraient d'un manque de stabilité transversale du fait d'une augmentation du devis de masse de l'ordre de 50 tonnes durant la construction, en majorité dans les hauts. C'est pourquoi, dès 1930, une première refonte fut entreprise. Comme expliqué au paragraphe précédent, elle consista à réduire la hauteur des superstructures, notamment du rouf antérieur, abaissé d'un étage. Le mât tripode fut remplacé par un mât pible, les cheminées furent légèrement raccourcies, et le volumineux cabestan arrière fut remplacé par un guindeau électrique. L'emport en combustible fut également réduit (il passa de 580 t à 460 t) en condamnant les soutes situées au-dessus de la flottaison. Les Da Mosto et Pigafetta prirent en compte ces modifications au neuvage.

Après cette première refonte, la stabilité des navires n'était pas encore entièrement satisfaisante, mais leurs lignes étaient désormais plus élégantes. En 1932, un chapeau fut installé sur la cheminée avant. Largement utilisés dans les années 1930 pour des exercices, des croisières de représentation mais aussi pendant la guerre d'Espagne, les Navigatori n'échappèrent pas à l'usure de leur appareil propulsif, si bien qu'à la fin des années 1930, leur vitesse de pointe était tombée à 32-33 noeuds.

Le Da Recco en avril 1930 à Ancône, peu avant que son rouf avant ne soit abaissé d'un niveau. Navigatori au mouillage à Venise. De gauche à droite : Malocello, Da Noli, Vivaldi, Tarigo et Zeno à Naples le 5 mai 1938.
(crédits photo : F. Bargoni)

Dix ans après la mise en service des Navigatori, il fut décidé de régler une fois pour toutes leur problème de stabilité. La seconde refonte entreprise à la fin des années 1930 prévoyait d'une part une révision en profondeur de l'appareil propulsif pour les douze navires, mais surtout une transformation de la coque sur dix d'entre eux. Le Da Recco et l'Usodimare n'eurent pas le temps d'en bénéficier avant le début de la guerre. Les travaux de modification de la coque comprenaient un élargissement d'un mètre environ et l'ajout d'une étrave élancée et rehaussée, qui augmentait la longueur hors-tout sans modifier la longueur à la flottaison. Le Vivaldi fut la première unité à être transformée à La Spezia à partir d'octobre 1938. Sur les neufs suivants, la proue fut davantage rehaussée et les écubiers furent portés au niveau de la plage avant. L'élargissement de la coque permit d'accroître la capacité d'emport en mazout pour arriver à un total de 680 tonnes.

Coupe au maître d'un contre-torpilleur de la classe Navigatori après les travaux d'élargissement de la coque. Vue de la proue du Vivaldi après refonte en février 1939. Vue de la proue du Pancaldo après refonte en janvier 1940.
(crédits photo : F. Bargoni)

En août 1940, au terme de cette seconde refonte, les Navigatori voyaient leurs caractéristiques sensiblement modifiées : la stabilité n'était plus un problème, leur autonomie était augmentée, mais leur vitesse était limitée à 27-28 noeuds, ce qui était insuffisant pour des contre-torpilleurs d'escadre. Mais le déclenchement de la seconde guerre mondiale allait leur apporter un emploi pour lequel ils se révéleraient particulièrement bien adaptés, à savoir l'escorte de convois. Pour ces missions, l'autonomie et l'armement comptaient en effet bien plus que la vitesse.

La carrière opérationnelle des Navigatori ne fut pas privée de succès : le Vivaldi éperonna le sous-marin HMS Oswald le 1er août 1940 et le Tarigo torpilla le destroyer HMS Mohawk le 16 avril 1941. La robustesse de ces unités put être mise à l'épreuve à deux reprises : le Vivaldi le 15 juin 1942 et le Da Recco le 2 décembre de la même année, quoique gravement endommagés, purent être réparés. Quant au Pancaldo, torpillé à Augusta le 10 juillet 1940, il fut renfloué et remis en service plus de deux ans après. Sur les 9 Navigatori perdus avant l'armistice, 6 le furent durant des missions d'escorte ou de transport de troupes. Le 8 septembre 1943, deux navires se trouvaient en réparation : le Zeno qui se saborda à La Spezia, et le Pigafetta qui fut capturé par les Allemands et rebaptisé TA 44. Seul le Da Recco, qui se trouvait alors à Tarente, survécut au conflit et fut radié en 1954.

Le Pigafetta porte assistance au Da Recco, gravement endommagé dans le canal de Sicile le 2 décembre 1942. Le Pigafetta et le Pancaldo à quai à Gaeta en avril 1943, peu avant de partir pour la Tunisie.
Liste des contre-torpilleurs de la classe Navigatori
NomMarque de coqueMis sur caleLancéEn serviceDevise
Ansaldo, Sestri Ponente
Luca Tarigo TA 14/07/1927 09/12/1928 16/11/1929 A voga arrancata, a spada tratta
Lanzerotto Malocello MO 05/10/1926 14/03/1929 18/01/1930 A tutti i costi
Cantieri del Tirreno, Riva Trigoso
Leone Pancaldo PN 07/07/1927 05/02/1929 30/11/1929 D'Aquila penne - Ugne di leonessa
Antonio da Noli DN 27/07/1927 22/05/1929 29/12/1929 Prendini teco a l'ultima fortuna
Odero, Sestri Ponente
Ugolino Vivaldi VI 16/05/1927 09/01/1929 06/03/1930 Con la prora diritta a gloria e a morte
Antoniotto Usodimare US 01/06/1927 12/05/1929 21/11/1929 Navigare Necesse
Cantieri Navali Riuniti, Ancône
Emanuele Pessagno PS 09/10/1927 12/08/1929 10/03/1930 Superare e superarsi
Nicoloso da Recco DR 14/12/1927 05/01/1930 20/05/1930 Ardisci e vinci
Cantieri Navali del Quarnaro, Fiume
Nicolò Zeno ZE 05/06/1927 12/08/1928 27/03/1930 Più oltre
Giovanni da Verazzano DV 17/08/1927 15/12/1928 25/09/1930 Ultra terminos ausus
Alvise da Mosto DM 22/08/1928 01/07/1929 15/03/1931 In ogni rischio e con ogni arme
Antonio Pigafetta PI puis TA 44 29/12/1928 10/11/1929 01/05/1931 L'onore più che la vita
Fiche technique
 Au neuvageAprès seconde refonte (armement 1941-42)
Déplacement standard 1908 t 2125 t
Déplacement à pleine charge 2649 t 2888 t
Longueur hors-tout 107,28 m 110 m
Largeur 10,2 m 11,15 m
Tirant d'eau 4,35 m 4,50 m
Propulsion 4 chaudières et 2 turboréducteurs développant 55 000 ch et entraînant 2 hélices 4 chaudières et 2 turboréducteurs développant 55 000 ch et entraînant 2 hélices
Vitesse maximale 38 nœuds au neuvage
32-33 nœuds en 1940
28 nœuds
Autonomie 800 miles nautiques à 36 nœuds
3800 miles nautiques à 18 nœuds
1200 miles nautiques à 28 nœuds
5000 miles nautiques à 18 nœuds
Armement
  • 6 canons de 120/50 sur 3 affûts doubles
  • 2 canons de 40/39 sur 2 affûts simples
  • 4 mitrailleuses de 13,2 mm sur 2 affûts doubles
  • 6 tubes lance-torpilles de 533 mm sur 2 plate-formes triples
  • 2 grenadeurs
  • 56 mines
  • 6 canons de 120/50 sur 3 affûts doubles
  • 2 canons de 37/54 sur 2 affûts simples
  • 7 mitrailleuses de 20/65 (20/70 sur le Da Recco) sur affûts simples
  • 4 ou 6 tubes lance-torpilles de 533 mm sur 2 plate-formes doubles ou triples
  • 2 grenadeurs
  • 2 torpilles remorquées Ginocchio 1927/46 T
  • 104 mines
Équipage 9 officiers, 164 sous-officiers et matelots 15 officiers, 215 sous-officiers et matelots
Vue de profil du Pessagno en 1931. Silhouettes des contre-torpilleurs de la classe Navigatori après la seconde refonte. Vues de profil et de dessus du Vivaldi en novembre 1940.
Sources :
  • Esploratori Italiani, Ufficio Storico della Marina Militare, Franco Bargoni, 1996
  • In guerra sul mare, Erminio Bagnasco, Ermanno Albertelli Editore, 2005
  • Le navi da guerra italiane 1940-1945, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, Ermanno Albertelli Editore, 2005
  • Navi e marinai italiani nella Seconda Guerra Mondiale, Elio Ando & Erminio Bagnasco, Ermanno Albertelli Editore, 1999
  • Le armi delle navi italiane nella seconda guerra mondiale, Erminio Bagnasco, Albertelli, 2007
Pour reproduire ce navire :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Regia Marina 1/700 RM006A Cacciatorpediniere classe Navigatori 1° serie Maquette d'Aymeric Lopez
Regia Marina 1/700 RM006A Cacciatorpediniere classe Navigatori 2° serie Maquette d'Aymeric Lopez
Regia Marina 1/700 RM006C Cacciatorpediniere classe Navigatori 2° serie intermedia Ct "Vivaldi" -
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