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Classe Bandiera

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Le Santorre Santarosa et le Ciro Menotti en 1931. Le Santorre Santarosa et le Ciro Menotti en 1931. Giorgio Parodi

Descendants directs des submersibles de la classe Pisani, les sous-marins de la classe Bandiera héritèrent des piètres qualités nautiques de leurs prédecesseurs, qui furent également transmises à leurs successeurs de la classe Squalo.

Développement et carrière opérationnelle

Alors que les unités de la classe Pisani étaient encore en construction, la Regia Marina ordonna la réalisation d'une nouvelle classe de submersibles très semblable, baptisée Fratelli Bandiera. Sur les quatre navires de cette classe, deux furent commandés aux CNT de Monfalcone, les Fratelli Bandiera et Luciano Manara, et deux au chantier OTO de Muggiano, les Santorre Santarossa et Ciro Menotti. Les quatres unités furent mises sur cale en 1928 et lancées en 1929.

Le Luciano Manara en construction aux CNT de Monfalcone.
(crédits photo : collection Turrini)
Lancement du Fratelli Bandiera le 7 août 1929 à Monfalcone.
(crédits photo : collection Turrini)
Le Santorre Santarosa juste après son lancement à Muggiano le 22 octobre 1929.
(crédits photo : Giuseppe Celeste)

Mis sur cale avant les essais à la mer des Pisani, les Bandiera naquirent avec les mêmes défauts, à savoir un manque de stabilité transversale et une proue ayant tendance à s'enfoncer en navigation surface par mer formée. Peu après leur livraison à la marine, les Bandiera furent modifiés pour remédier à ces problèmes : des contre-carènes plus volumineuses que celles des Pisani furent ajoutées pour améliorer la stabilité latérale et la proue fut réhaussée et dotée d'une caisse noyable pour éviter les prises d'assiette négatives en surface. Entre 1942 et 1943, les massifs des quatres sous-marins furent modifiés pour réduire leur silhouette.

Le Ciro Menotti au neuvage avec son canon protégé par un bouclier prolongeant le massif vers l'avant.
(crédits photo : collection Turrini)
Le Fratelli Bandiera au neuvage, son canon de 102/35 encore protégé par un imposant bouclier.
(crédits photo : collection Turrini)
Quatre sous-marins des classes Bandiera et Squalo dans le dock flottant de Monfalcone, avec au premier plan à gauche le Bandiera. Les boucliers de canons ont déjà été déposé mais les carènes n'ont pas encore été modifiées. Les quatre Bandiera dans le dock flottant de Monfalcone après refonte.

À leur admission au service actif, les quatre Bandiera formèrent la 6a sq.smg basée à Tarente. En 1932, l'escadrille devint la 7a sq.smg toujours basée à Tarente, avant de redevenir la 6a sq.smg en 1934, avec cette fois-ci Naples pour port d'attache. Fin 1935, les Menotti, Santarosa et Manara furent détachés à Tobrouk, tandis que le Bandiera se rendit à Massaoua. Les trois submersibles basés à Tobrouk effectuèrent 4 missions au cours de la guerre d'Espagne. En 1937, les quatre Bandiera furent organiquement rattachés à la 32a sq.smg de Messine, qui devint ensuite la 34a sq.smg. Durant la seconde guerre mondiale, après plusieurs missions offensives, les submersibles de la classe Bandiera furent affectés au transport de matériel et à la fomration des équipages à l'école des sous-mariniers de Pola. C'est au cours d'une mission de transport vers l'Afrique du Nord le 19 janvier 1943 que le Santarosa s'échoua avant d'être sabordé le 20 à la suite d'attaques de vedettes lance-torpilles. Ce fut le seul navire de la classe perdu durant la guerre.

Le Fratelli Bandiera après refonte. Remarquez la protubérance nasale abritant une caisse noyable.
(crédits photo : collection Turrini)
Le Ciro Menotti sortant du canal navigable de Tarente dans les années 1930.
(crédits photo : Paolo de Siati)
Le Luciano Manara traversant le canal navigable de Tarente.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)

Description technique

Comme les Pisani, les Bandiera étaient des submersibles du type De Bernardis à simple coque. La coque assemblée par rivetage avait une épaisseur variant de 18,5 mm au centre à 15,5 mm aux extrémités. La maille standard mesurait 600 mm. Comme sur les Pisani, la coque était divisée en six compartiments étanches :

  • le compartiment torpilles avant;
  • la zone vie des officiers et la batterie avant;
  • le local des auxiliaires et la batterie arrière;
  • le poste central;
  • le local diesel;
  • le local des moteurs électriques de propulsion et le compartiment torpilles arrière.
Plan général d'emménagement d'un submersible classe Bandiera. Coupe au maître.
(crédits : Alessandro Turrini)
Compartiment torpilles avant du Bandiera.
(crédits photo : elettrico99 sur silenthuntergm)
Poste central du Bandiera.
(crédits photo : elettrico99 sur silenthuntergm)
Cafétéria de l'équipage du Bandiera.
(crédits photo : elettrico99 sur silenthuntergm)
Compartiment torpilles arrière du Bandiera.
(crédits photo : elettrico99 sur silenthuntergm)

Les Bandiera disposaient de deux caisses d'immersion rapide, une à l'intérieure de la coque épaisse située sous le poste central et une extérieure dans les contre-carènes. La caisse noyable installée dans la charpente avant au-dessus de la ligne de flottaison avait pour fonction d'éviter la prise d'assiette négative en surface. Située au-dessus de la ligne de flottaison, elle n'était pourvue que de clapets permettant de chasser l'air, qui étaient maintenus fermés en navigation surface. Ainsi, lorsque la proue s'enfonçait, cette caisse restait pleine d'air pour rétablir une assiette nulle. Avant la prise de plongée, les clapets étaient ouverts pour purger l'air et ainsi remplir la caisse d'eau au moment de l'immersion.

Les moteurs diesel quatre temps qui équipaient les Pisani furent remplacés par deux Fiat Q 426 deux temps lancés à l'air. Leurs 6 cylindres leurs permettaient de développer une puissance unitaire de 1500 ch (soit 1104 kW) à 420 tr/min. Les deux moteurs électriques de propulsion Savigliano entrainaient deux lignes d'arbre terminées chacune par une hélice tripale en bronze de 1,75 m de diamètre pesant 700 kg.

Local diesel du Bandiera.
(crédits photo : elettrico99 sur silenthuntergm)

La batterie au plomb était divisée en deux demi-batteries de 56 éléments chacune. Chaque accumulateur Hensemberger RM 865/28 pesait 750 kg et pouvait délivrer 5200 Ah pour une décharge d'une heure ou 10000 Ah pour une décharge de 10 h.

L'équipage était constitué de 5 officiers et 47 sous-officiers et matelots. Pour la conservation des vivres, une nouvelle usine frigorifique type Glacia fut emménagée. La capacité d'emport en eau douce était de 11,246 m3 contre 15,055 m3 sur les Pisani. En contrepartie, un bouilleur électrique de type Kirkaldy fut installé avec une capacité de production de 600 litres d'eau distillée par heure.

Par rapport aux Pisani, l'armement fut renforcé : deux tubes lance-torpilles de 533 mm furent ajoutés à l'arrière et la dotation totale fut portée à 12 torpilles au lieu de 9. En revanche, la dotation du canon de 102/35 passa de 168 à 150 coups. Au neuvage, le canon était protégé par un bouclier qui fut rapidement retiré.

Canon de 102/35 d'un sous-marin classe Bandiera.
(crédits photo : USMM)
Liste des submersibles de la classe Bandiera
NomMis sur caleLancéEn serviceDevise
CNT, Monfalcone
Fratelli Bandiera 11/02/1928 07/08/1929 12/08/1930 Ex undis signum victoriae
Luciano Manara 18/02/1928 05/10/1929 06/06/1930 Inausum aude
OTO, Muggiano
Santorre Santarosa 01/05/1928 22/10/1929 29/07/1930 Ex imis ad astra
Ciro Menotti 12/05/1928 29/12/1929 29/08/1930 In virtute vis
Fiche technique
Déplacement en surface 937,65 t
Déplacement en plongée 1146,87 t
Longueur hors-tout 69,80 m
Largeur au fort 7,18 m
Tirant d'eau 4,40 m
Énergie et propulsion
  • 2 moteurs diesel Fiat Q 426 - puissance totale 3000 ch
  • 2 moteurs électriques Savigliano - puissance totale 1300 ch
  • 112 accumulateurs au plomb organisés en 1 batterie
  • 2 lignes d'arbres, 2 hélices à 3 pales
Vitesse maximale 15,1 nœuds en surface
8,2 nœuds en plongée
Autonomie 4740 miles nautiques à 8,5 nœuds en surface
60 miles nautiques à 4 nœuds en plongée
Immersion opérationnelle 100 m
Armement
  • 4 tubes lance-torpilles de proue de 533 mm / 6 torpilles
  • 4 tubes lance-torpilles de poupe de 533 mm / 6 torpilles
  • 1 canon de 102/35 (150 coups)
  • 2 mitrailleuses de 13,2 mm (3000 coups)
Équipage 5 officiers, 47 sous-officiers et matelots
Vues de profil et de dessus d'un submersible classe Bandiera. Profils des submersibles classe Bandiera après refonte.
Sources :
  • Sommergibili e mezzi d'assalto subacquei italiani, Tomo I, Alessandro Turrini, Ottorino Ottone Miozzi & Manuel Moreno Minuto, Ufficio Storico della Marina Militare, 2010
  • Le navi da guerra italiane 1940-1945, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, Albertelli, 2005
  • Sommergibili in guerra, Erminio Bagnasco & Achille Rastelli, Albertelli, 2007
  • Sommergibili, tecnologia e cantieristica, Monfalcone 1907-2007, Associazione Culturale Tempora, 2008
  • I sommergibili di Monfalcone, Alessandro Turrini, Rivista Marittima, 1998

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