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Emanuele Filiberto Duca D’Aosta

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Le croiseur léger Aosta mouillant en rade de La Spezia durant le printemps 1937. Le croiseur léger Aosta mouillant en rade de La Spezia durant le printemps 1937.

Le Duca d'Aosta fait partie des rares unités majeures de la Regia Marina à n'avoir subi aucun dégât sérieux pendant la guerre. Au terme des hostilités, le navire fut remis à l'URSS en réparation des dommages de guerre.

Activité avant guerre

Le croiseur léger Emanuele Filiberto Duca d'Aosta fut le premier navire de la classe éponyme à être mis sur cale, le 29 octobre 1932, au chantier OTO de Livourne. Construit sur la cale Morosini, le navire fut lancé le 22 avril 1934. Lors des essais à la mer, le croiseur fut placé sous le commandement du C.V. Da Zara. L'achèvement à flot eut lieu à La Spezia, tout comme l'admission au service actif le 13 juillet 1935.

L'Aosta en construction sur la cale Morosini du chantier OTO de Livourne en mars 1934. Livourne, 22 avril 1934, 10 h : l'Aosta peu avant son lancement.
Lancement de l'Aosta le 22 avril 1934 à 11 h.
(crédits photos : collection Aymeric Lopez)
L'Aosta juste après son lancement à Livourne.
Lors des essais sur la base de vitesse Isola del Tino - Punta Chiappa au printemps 1935, l'Aosta dépassa les 37 noeuds.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)

Quittant La Spezia pour Tarente le 20 août avec une escale à Augusta, l'Aosta devint quelques jours plus tard le navire amiral de la 7a Div.Incr. Le 26 octobre 1936, le croiseur gagna Naples pour participer à la revue navale en l'honneur de l'amiral Horty.

Pendant la guerre d’Espagne, l'Aosta fut employé à la protection du trafic marchand entre la Sardaigne et les côtes espagnoles entre le 18 et le 26 janvier 1937. Le 14 février, le croiseur appareilla de Palma de Majorque pour participer au bombardement de Valence.

L'Aosta au mouillage à La Spezia au printemps 1937. L'Aosta lors d'un exercice avec les croiseurs de la 7a Div.Incr. (Attendolo et Montecuccoli) durant l'été 1937. L'Aosta pendant un exercice au cours de l'été 1937.

Du 14 au 21 mars 1938, les navires de la 7a Div.Incr. réalisèrent une croisière en Libye à l'occasion de la visite de Mussolini dans la colonie. Le 5 mai, l'Aosta participa à la revue navale en l'honneur d'Hitler dans la baie de Naples.

L'équipage de l'Aosta au poste de bande lors de la revue H en baie de Naples le 5 mai 1938.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
L'Aosta appareillant de Gênes le 30 mai 1938 après 15 jours de relâche.

Le 5 novembre 1939, l'Aosta et l'Eugenio di Savoia débutèrent une croisière de représentation qui devait les mener en Europe du Nord, en Extrême Orient et en Amérique Latine. Fin janvier 1939, après avoir fait escale au Brésil, en Argentine, au Chili et au Pérou, le regain de tensions en Europe entraîna le retour prématuré des navires par la route la plus courte. Après avoir franchi le canal de Panama, les deux croiseurs firent halte au Vénézuela et aux Açores avant de gagner La Spezia le 3 mars.

Le 15 mai 1939, l'Aosta prit part à la revue navale en l'honneur du roi Paul de Yougoslavie en baie de Naples. En juin, le croiseur escorta le convoi ramenant en Italie les légionnaires du CTV après la victoire franquiste en Espagne.

L'Aosta au mouillage à Santa Cruz de Tenerife le 14 novemvre 1938.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
L'Aosta appareillant de Santa Cruz en direction de l'Amérique latine. L'Aosta escortant le convoi des légionnaires du CTV de retour d'Espagne le 5 juin 1939.
(crédits photo : collection Bargoni via Aymeric Lopez)

L'Aosta dans la seconde guerre mondiale

L'activité de l'Aosta pendant la seconde guerre fut particulièrement intense. Le 7 juillet 1940, la 7a Div.Incr appareilla de Palerme pour se joindre à la 2a Sq. afin d'escorter un important convoi à destination de la Libye. La sortie concomitante de la Mediterranean Fleet aboutit à la bataille de Punta Stilo le 9 juillet. L'Aosta n'ouvrit pas le feu contre les navires adverses mais ses pièces de DCA engagèrent trois appareils de reconnaissance. La 7a Div.Incr rentra à Naples le matin du 10 juillet.

L'Aosta évoluant en Méditerranée à l'été 1940. L'Aosta, l'Attendolo et le Montecuccoli en ligne de file le 11 juin 1940. L'Aosta rejoignant la 2a Sq. pour escorter un convoi en direction de la Libye le 7 juillet 1940.
(crédits photo : Gian Piero Accatino via Aymeric Lopez)
L'Aosta, l'Attendolo et le Montecuccoli au cours de la bataille de Punta Stilo le 9 juillet 1940.
(crédits photo : Aymeric Lopez)
Tourelles de 152/53 n°3 et 4 de l'Aosta le 26 juillet 1940.
(crédits photo : Archivio Centrale dello Stato)
Artilleurs scrutant le ciel depuis un affût double de 100/47 de l'Aosta le 26 juillet 1940.
(crédits photo : Archivio Centrale dello Stato)
Matelots de l'Aosta au poste de manoeuvre le 2 août 1940.
(crédits photo : Archivio Centrale dello Stato)
Hydravion IMAM Ro.43 sur la catapulte de l'Aosta le 2 août 1940.
(crédits photo : Archivio Centrale dello Stato)
Aosta et Attendolo lors d'un exercice au large de Palerme le 20 août 1940.

Le 31 août, l'Aosta appareilla de Brindisi pour intercepter les navires britanniques de l'opération Hats partis d'Alexandrie pour ravitailler Malte. Mais la tempête qui se déclara au matin du 1er septembre contraignit les navires italiens à faire demi-tour. Basé à Brindisi en septembre, l'Aosta gagna Tarente le 27 du mois. Entre le 2 et le 4 décembre, la 7a Div.Incr appareilla de Brindisi pour protéger l’intense trafic maritime dans le canal d'Otrante visant à alimenter la guerre contre la Grèce. La mission fut renouvelée les 13 et 14 décembre.

L'Aosta, l'Attendolo et le Montecuccoli déployés pour contrer l'opération Hats le 1er septembre 1940.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
L'Aosta affrontant la tempête dans l'après-midi du 1er septembre 1940. Mise au tube d'une torpille sur l'Aosta en octobre 1940.
(crédits photo : Archivio Centrale dello Stato)

Le 15 décembre, l'Aosta quitta Brindisi à destination de La Spezia pour une période d'entretien durant laquelle le croiseur reçut son premier schéma de camouflage. Les travaux s'achevèrent le 11 février 1941. Le lendemain, le navire effectua une première sortie pour les essais machine avant d'appareiller le 15 février pour gagner Tarente le 17. Mis à disposition de la 8a Div.Incr, il revint dans les rangs de la 7a Div.Incr mi-mars.

L'Aosta de retour à Tarente le 17 février 1941 après un grand carénage à La Spezia durant lequel il reçut sont premier schéma de camouflage. L'Aosta arborant son schéma de camouflage biton en mars 1941.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)

Les 20 et 24 avril 1941, l'Aosta participa au mouillage de mines pour constituer le barrage S1 au large du cap Bon. Entre le 29 avril et le 2 mai, il effectua une mission de mouillage de mines au large de Tripoli pour renforcer le barrage T. Du 4 au 7 mai, la 7a Div.Incr. reprit la mer pour constituer l’escorte indirecte de deux convois entre Naples et Tripoli. Entre le 2 et le 4 juin, l'Aosta compléta le barrage T devant Tripoli. Le 28 juin, il participa au mouillage du second tronçon du barrage S, puis à celui du troisième tronçon le 7 juillet.

L'Aosta et l'Attendolo de retour d'une mission de mouillage de mines sur le barrage S dans l'après-midi du 20 avril 1941. Mouillage de mines sur le barrage T au large de Tripoli le 1er mai 1941. Au second plan, on reconnaît l'Attendolo. La plage arrière de l'Aosta encombrée de mines destinées au barrage S le 28 juin 1941.

Du 5 au 18 août 1941, l'Aosta fut basé à Palerme entre deux sorties d’exercice. Le 29 novembre à midi, le croiseur, portant la marque de l'Amm.Div. De Courten, appareilla de Tarente avec la 7a Div.Incr. pour participer à l'escorte indirecte du convoi Duisburg. Mais à 19h00, les unités reçurent l'ordre de rentrer au port malgré les menaces que les forces H et K faisaient peser sur le convoi. En effet, suite à une avarie du Garibaldi qui dut rentrer à Tarente escorté par le Duilio, SUPERMARINA jugea que les 3 croiseurs et les 3 contre-torpilleurs de la 7a Div.Incr. n'étaient pas de taille à affronter les unités anglaises, surtout de nuit.

Entre le 16 et le 17 décembre, l'Aosta participa à l'opération M42 qui déboucha sur la première bataille de la Syrte. Du 3 au 6 janvier 1942, l'unité fut engagée dans l'opération M43, qui consistait en l'escorte directe d'un convoi à destination de Tripoli. Le 22 janvier, le navire appareilla de nouveau de Tarante à la tête de la 7a Div.Incr. pour l'escorte d'un convoi vers Tripoli (opération T38). Les croiseurs rentrèrent à Tarente le 25 janvier.

L'Aosta lors de la première bataille de la Syrte le 17 décembre 1941. L'Aosta traversant le canal navigable de Tarente en janvier 1942.
(crédits photo : Archivio Centrale dello Stato)
L'Aosta naviguant vers Tarente le 25 janvier 1942 de retout de la mission d'escorte du convoi T38 vers Tripoli.
(crédits photo : Archivio Centrale dello Stato)

Du 1er au 5 mars, l'Aosta resta indisponible pour une phase d'entretien de ses chaudières. Le 5 mars, la marque de l'Amm.Div. Da Zara retourna sur l'Eugenio, de retour d'une période d'entretien.

Le 15 mai 1942, l'Aosta fut incorporé dans la 8a Div.Incr. C'est dans ses rangs que le navire participa aux opérations de mi-juin 1942. Le 14 juin, l'Aosta appareilla de Tarente pour intercepter le convoi Vigorous venant d’Alexandrie. Mais devant la puissance de l'escadre italienne, les Anglais renoncèrent au passage de leur convoi et l'Aosta rentra à Tarente le 16 juin.

Du 2 juillet au 8 novembre 1942, la 8a Div.Incr. fut basée dans la rade de Navarin, en Grèce, dénommée 1a base mobile. Ce déploiement devait assurer la protection des convois de l’Axe en Méditerranée centre-orientale. Cependant, aucune mission ne fut effectuée au départ de cette base du fait que les convois à destination de la Cyrénaïque ne subirent pas de menace durant cette période. Lors du retour à destination d'Augusta, l'Aosta fut attaqué par des avions torpilleurs dans la nuit du 9 au 10 novembre. Une torpille passa sous la quille à la hauteur de la tourelle n°2 sans causer de dégâts.

L'équipage de l'Aosta au poste de bande lors de la visite de l'Amm. Ricardi à Tarente le 24 mars 1942. Le Bersagliere à couple de l'Aosta en baie de Navarin au mois d'août 1942.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
L'équipage de l'Aosta rendant les honneurs à l'Amm. De Courten à Navarin en août 1942.

Au début de l'année 1943, l'Aosta se trouvait à Messine. Le 31 janvier, il partit pour Tarente où il resta jusqu'au 10 juillet pour un grand carénage. Le 11 juillet, il appareilla pour La Spezia où il retrouva la 7a Div.Incr. Dès le 14 juillet, l'Aosta partit pour Gênes où il rejoignit la 8a Div.Incr. Le 6 août, le croiseur appareilla de Gênes pour se rendre à La Maddalena. Il devait intercepter un convoi ennemi se rendant à Palerme mais la forte escorte repérée par un avion allemand conseilla la prudence et l'Aosta rentra à La Spezia le 7 août. Deux jours plus tard, l'unité retourna à Gênes.

L'Aosta mettant en oeuvre des fumigènes au printemps 1943. L'Aosta lors d'une sortie d'exercice au large de Gênes le 21 août 1943.

D'Ouest en Est

Suite à l'armistice, l'Aosta appareilla de Gênes le 9 septembre à 3h20 et gagna Malte le lendemain. Après un mois d'internement à Alexandrie, l'unité put regagner Tarente le 18 octobre. Le 27 octobre, l'Aosta appareilla pour sa première mission au profit des Alliés. Après une semaine d'escale à Gibraltar, il gagna Freetown qui lui servit de port d'attache pour des missions de surveillance en Atlantique jusqu'au 25 mars 1944. Le 3 avril l'Aosta était de retour à Tarente.

L’Aosta ne reçut jamais de radar Fu.Mo 21/39 De.Te allemand, bien que le mât devant le recevoir ait été mis en place à l’été 1943. Ce n’est que durant l'été 1944 qu’il fut équipé d'un radar anglais type 286, qu'il ne conserva cependant que quelques mois. Le navire termina la guerre en réalisant de nombreuses missions de transport de personnels et de matériels.

L'Aosta en route pour Malte le 10 septembre 1943. Remarquez la présence du mât qui aurait dû recevoir le radar allemand Fu.Mo 21/39.
(crédits photo : IWM)
L'Aosta se dirigeant vers le canal navigable de Tarente en janvier 1945. L'Aosta à Malte à l'été 1945.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)

Selon les clauses d'armistice, l'Aosta revenait à l'URSS. Après un grand carénage à La Spezia, le navire fut rayé de la liste navale le 12 février 1949 avant d'être livré aux autorités soviétiques à Odessa le 2 mars. Rebaptisé Stalingrad puis Kertch, il resta en service dans la flotte de la mer Noire jusqu'en 1959, d'abord comme navire d'active puis comme croiseur école entre 1956 et 1958, pour finir comme navire expérimental, désigné OS-32.

L'Aosta au mouillage à Tarente le 16 juin 1946. L'Aosta à La Spezia en 1947.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
L'Aosta au bassin de carénage à La Spezia en 1948.
(crédits photo : collection Giorgio Parodi)
Le Kertch portant encore sa livrée italienne.
(crédits photo : collection V.V. Kostritchenko sur navsource.narod.ru)
Le Kertch croisant en mer Noire entre 1950 et 1954.
(crédits photo : collection Bargoni via Aymeric Lopez)
Le Kertch à Odessa le 5 juin 1958.
(crédits photo : collection V.V. Kostritchenko sur navsource.narod.ru)

 

L'Aosta arborant son premier schéma de camouflage en 1941.
(crédits : Sławomir Brzeziński)
Sources :
  • In guerra sul mare, Erminio Bagnasco, Ermanno Albertelli Editore, 2005
  • Le navi da guerra italiane 1940-1945, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, Ermanno Albertelli Editore, 2005
  • Navi e marinai italiani nella Seconda Guerra Mondiale, Elio Ando & Erminio Bagnasco, Ermanno Albertelli Editore, 1999
  • Incrociatori leggeri classe Condottieri gruppo Duca d'Aosta, parte prima, Elio Andò, Franco Bargoni & Franco Gay, Orizzonte Mare 7/III, Edizioni dell'Ateneo, 1985
  • Incrociatori leggeri classe Condottieri gruppo Duca d'Aosta, parte seconda, Elio Andò, Franco Bargoni & Franco Gay, Orizzonte Mare 7/IV, Edizioni dell'Ateneo, 1985
  • Incrociatori leggerri classi Raimondo Montecuccoli, Emanuele Filiberto Duca d’Aosta, Franco Bargoni, Orizzonte Mare immagini A6, Edizioni dell'Ateneo & Bizzarri, 1979
  • Włoski lekki krążownik Emanuele Filiberto Duca d’Aosta, Sławomir Brzeziński, Profile Morskie n°35, Wydawniczo-Handlowa, 2001
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