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Classe Mameli

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Le Tito Speri à la tête des unités de la 4a sq. sortant de Mar Piccolo par le canal navigable de Tarente dans les années 1930. Le Tito Speri à la tête des unités de la 4a sq. sortant de Mar Piccolo par le canal navigable de Tarente dans les années 1930. USMM

Premiers bâtiments du type Cavallini à être construits après la Grande Guerre, les quatre submersibles de la classe Mameli furent particulièrement réussis, à la fois robustes, manoeuvrants et rapides.

Développement et carrière

Les submersibles de la classe Mameli furent conçus par le Cap.GN Virgilio Cavallini en collaboration avec les chantiers Tosi de Tarente. Il s'agissait de submersibles à double coque partielle, dont la coque externe recouvrait environ 70% de la coque résistante. La Regia Marina souhaitait dans un premier temps tester différentes solutions architecturales avant de lancer des constructions en grande série, c'est pourquoi elle commanda en parallèle la classe Pisani aux chantiers CNT de Monfalcone, du type Bernardis à simple coque.

Les quatre unités de la classe Mameli furent commandées en 1924, mises sur cale en 1925 et lancées entre 1926 et 1928. En 1929, après la fin des essais, les quatre submersibles furent réunis dans la squadriglia di media crociera à Tarente. En 1930, elles fut renommée 4a sq. avant d'être transférée à Naples en 1931. En 1934, l'escadrille retourna à Tarente et devint la 9a sq., puis la 12a sq. en 1935 et la 41a sq. en 1938. Durant la guerre civile espagnole, le Capponi, le Procida et le Speri effectuèrent cinq missions spéciales de traque des navires ravitaillant les ports républicains.

Le Goffredo Mameli avec son massif dans sa configuration d'origine.
(crédits photo : collection Alessandro Turrini)
Le Giovanni da Procida dans le golfe de La Spezia au début de sa carrière. Le Goffredo Mameli passant sous le pont tournant de Tarante. Il arbore encore son massif d'origine.
(crédits photo : collection Alessandro Turrini)
L'un des quatre submersibles de la classe Mameli avec son massif d'origine en escale à San Remo. Le Pier Capponi lors d'une prise de plongée en 1929, après modification de son massif.
(crédits photo : USMM)
Le Tito Speri après modification de son massif.
(crédits photo : Amm. Romolo Polacchini)

À l'entrée en guerre le 10 juin 1940, les quatre Mameli formaient la 34a sq. rattachée au III Gr.smg de Messine. Dès l'été 1940, le Capponi et le Mameli coulèrent chacun un cargo, pour un total de 2900 tonnes. Le Capponi fut torpillé le 31 mars 1941 par le submersible britannique HMS Rorqual au large de Stromboli. C'est le seul navire de la classe à avoir été perdu au cours du conflit. Entre 1942 et l'été 1943, les trois submersibles survivants bénéficièrent d'une importante refonte. Après l'armistice de septembre 1943, ils opérèrent dans le golfe du Mexique au sein de la marine cobelligérante pour l'entraînement des unités de l'US Navy à la lutte anti-sous-marine. Après guerre, les trois submersibles furent placés en réserve et radiés de la liste de la flotte le 1er février 1948.

Le Pier Capponi de retour à Messine à l'issue de sa première mission de guerre fin juin 1940. Le Giovanni da Procida arborant son premier schéma de camouflage à La Spezia au printemps 1941. Le Giovanni da Procida après l'application de son second schéma de camouflage dans le bassin Duca degli Abruzzi de La Spezia à la fin du printemps 1941.
Le Goffredo Mameli entrant en rade d'Augusta au printemps 1941.
(crédits photo : Storia Militare)
Le Tito Speri en Adriatique en janvier 1942.
(crédits photo : collection Alessandro Turrini)
Le Goffredo Mameli au large des Bermudes le 27 août 1944.

Description technique

Les submersibles de la classe Mameli étaient des navires à double coque partielle, caractéristique du type Cavallini. La coque épaisse était fermée aux extrémités par deux cloisons semi-sphériques bombées vers l'extérieur. Le bordé en tôles d'acier au nickel assemblées par rivetage avait une épaisseur variant de 18 mm au centre à 16 mm aux extrémités. Les couples raidisseurs internes à la coque épaisse étaient espacés de 500 mm. Le 29 mars 1929, le Goffredo Mameli établit un record mondial en atteignant la profondeur de 117 m lors de ses essais. L'adoption d'une coque résistante ne comportant que des sections circulaires, une nouveauté en Italie, permit de doubler l'immersion maximale par rapport aux submersibles de la Grande Guerre, tout en assurant un coefficient de sécurité de 3.

La coque mince externe était formée de tôles d'acier de 7 mm d'épaisseur. Entre les deux coques étaient emménagés quatre ballasts et deux soutes à combustible.

La coque épaisse était divisée en cinq compartiments par quatre cloisons résistant à 40 m de colonne d'eau. De l'arrière vers l'avant, on trouvait :

  • le compartiment torpille arrière au-dessus du local des moteurs électriques de propulsion ;
  • le local diesel ;
  • le poste central ;
  • la zone vie des officiers et sous-officiers au-dessus de la batterie arrière ;
  • le compartiment torpilles avant au-dessus de la batterie avant.
Plan général d'emménagement des submersibles de la classe Mameli.

En plus des quatre ballasts annulaires situés entre les deux coques, on trouvait un ballast avant et un ballast arrière situés en charpente avant et arrière, dans le prolongement de la coque épaisse. Les opérations de remplissage et vidanges des ballasts pouvaient toutes être commandées depuis le poste central.

Pour faire surface, la manœuvre normale consistait à vidanger la caisse annulaire d'émersion de 8,29 t située sous le poste central avec de l'air HP stocké dans des bouteilles. Le submersible arrivait alors en affleurement, permettant d'ouvrir le sas d'accès au massif et de démarrer les deux compresseurs Reavell-Cerpelli de 60 ch unitaires. Les ballasts étaient alors vidangés par le débit de 30 m3/min délivré par les compresseurs. En cas d'urgence, il était également possible de réaliser une chasse aux ballasts par l'air HP des bouteilles.

À l'intérieur de la caisse d'émersion se trouvait un cylindre résistant servant de caisse d'immersion rapide, qui devait être vidangé tout de suite après la prise de plongée.

L'air HP était produit par un électro-compresseur San Giorgio assurant un débit de 9 L/min à 210 bar. Il était secondé par deux compresseurs récupérant l'air à 70 bar produit par les compresseurs des moteurs diesel et le portant à 225 bar au débit de 9 L/min. L'air HP était stocké dans trois groupes de bouteilles d'une capacité totale de 4580 L.

L'appareil à gouverner arrière était constitué d'une barre de direction unique semi-compensée d'une surface de 4,85 m2 et de deux barres de plongée totalisant 5,14 m2, situées derrière les hélices. Les barres de plongée avant, situées sous la flottaison, avaient une surface totale de 4,96 m2. L'ensemble des barres était manoeuvré depuis le poste central en mode normal, ou en local en mode dégradé.

Photo du Goffredo Mameli au bassin en 1941 montrant la disposition de l'appareil à gouverner arrière.

Les deux lignes d'arbre étaient entraînées soit directement par les deux moteurs diesel en surface soit par les deux moteurs électriques en plongée. Au neuvage, les Mameli étaient équipés de deux moteurs diesel à quatre temps type S 8 produits par la société Franco Tosi de Legnano. Ils développaient chacun 1500 ch et étaient lancés à l'air comprimé. Lors de la refonte de 1942/43, les moteurs diesel furent remplacés par des groupes d'une puissance de 2000 ch unitaire permettant au bâtiment d'atteindre 17,5 nœuds en surface. Les deux moteurs électriques CGE à courant continu pouvaient absorber une puissance unitaire de 550 ch pendant 1 heure. Ils étaient alimentés par une batterie d'accumulateurs au plomb composée de deux ensembles de 56 éléments chacun. Ces derniers, produits par la société SGIAE de Melzo, pouvaient délivrer 5150 Ah pour une décharge d'une heure ou 11500 Ah pour une décharge de 20 heures.

Moteur diesel S 8 de la société Franco Tosi.
(crédits photo : collection Alessandro Turrini)
Coupe au couple 78 montrant la disposition du sous-ensemble arrière de la batterie sous le carré officiers.

Les périscope d'attaque et de veille étaient fournis par la société Galileo. L'installation radio comprenait un émetteur de 3 kW pour ondes courtes, un récepteur RM modèle 1926 pour des ondes de 300 à 1200 m et un récepteur RM pour ondes courtes.

Détail du poste central du Goffredo Mameli.
(crédits photo : collection Alessandro Turrini)

La zone vie des officiers, située juste devant le poste central, consistait en un petit carré de deux banquettes qui se transformaient en quatre bannettes. Seul le commandant avait une chambre indépendante. Les sous-officiers étaient logés dans un carré placé entre celui des officiers et le compartiment torpilles avant, tandis que le reste de l'équipage partageait des bannettes chaudes dans les deux compartiments torpilles. Chose habituelle pour les submersibles de l'époque, il y avait deux cuisines à bord : l'une électrique située dans le compartiment torpilles avant, et une à gazole dans le massif. L'eau douce était stockée dans cinq caisses représentant un volume de 13,2 m3.

L'armement comprenait dix torpilles de 533 mm mises en œuvre par quatre tubes lance-torpilles à l'avant et deux à l'arrière. Pour les combats en surface, un canon de 102/35 était installé sur la plage avant, avec une dotation de 150 coups. La défense antiaérienne était assurée par deux mitrailleuses de 13,2 mm montées dans le massif et disposant de 6000 coups. Lors de la refonte de 1942/43, le canon de 102/35 fut remplacé par un canon de 20/70.

Photo du Giovanni da Procida au bassin montrant les volets d'étrave des quatre tubes lance-torpilles avant.
(crédits photo : collection Guido Alfano)
Compartiment torpilles avant du Goffredo Mameli.
(crédits photo : collection Alessandro Turrini)
Liste des submersibles de la classe Mameli
NomMis sur caleLancéEn serviceDevise
Cantiere Tosi, Taranto
Goffredo Mameli 17/08/1925 09/12/1926 20/01/1929 Osa e combatti
Pier Capponi 27/08/1925 19/06/1927 20/01/1929 -
Giovanni da Procida 21/09/1925 01/04/1928 20/01/1929 Numine et acumine
Tito Speri 28/09/1925 25/05/1928 20/08/1929 -
Fiche technique
Déplacement en surface 842,5 t
Déplacement en plongée 1010 t
Longueur hors-tout 64,64 m
Largeur au fort 6,52 m
Tirant d'eau 4,31 m
Énergie et propulsion
  • 2 moteurs diesel Tosi - puissance totale 3000 ch
  • 2 moteurs électriques CGE - puissance totale 1100 ch
  • 112 accumulateurs au plomb organisés en 1 batterie
  • 2 lignes d'arbres, 2 hélices à 3 pales
Vitesse maximale 15 nœuds en surface (17 nœuds aux essais)
7,7 nœuds en plongée
Autonomie 7100 miles nautiques à 6,9 nœuds en surface (en surcharge)
80 miles nautiques à 4 nœuds en plongée
Immersion opérationnelle 100 m
Armement
  • 4 tubes lance-torpilles de proue de 533 mm / 6 torpilles
  • 2 tubes lance-torpilles de poupe de 533 mm / 4 torpilles
  • 1 canon de 102/35
  • 2 mitrailleuses de 13,2 mm sur 2 affûts simples
Équipage 5 officiers, 44 sous-officiers et matelots
Vues de profil et de dessus d'un submersible de la classe Mameli. Profils montrant l'évolution des massifs.
Sources :
  • Sommergibili e mezzi d'assalto subacquei italiani, Alessandro Turrini, Ottorino Ottone Miozzi & Manuel Moreno Minuto, Ufficio Storico della Marina Militare, 2010
  • Le navi da guerra italiane 1940-1945, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, Albertelli, 2005
  • Sommergibili in guerra, Erminio Bagnasco & Achille Rastelli, Albertelli, 2007
  • Gli squali dell'Adriatico, Monfalcone e i suoi sommergibili nella storia navale italiana, Alessandro Turrini, Vittorelli edizioni, 1999
  • I sommergibili italiani 1940-1943, Parte 1a – Mediterraneo, Erminio Bagnasco & Maurizio Brescia, Storia Militare Dossier n°11, 2013
  • Il sommergibile italiano dal Delfino allo Scirè, Giuseppe Celeste & Graziano Tonelli, Museo Tecnico Navale, 2003

Réagissez à cet article
Re: Classe Mameli -- aymeric
Wednesday, 15 March 2017 18:20
Tout à fait Alain, merci pour la précision. La barre regroupe la partie fixe ou aileron (qui est d'ailleurs facultative) et la partie mobile ou safran.
Re: Classe Mameli -- capu rossu
Wednesday, 15 March 2017 13:06
Bonjour,

Pour être exact dans la terminologie, il convient de parler de safran et non pas de barre.

@+
Alain
Re: Classe Mameli -- aymeric
Wednesday, 15 March 2017 07:11
Bonjour et bienvenu sur le site.Une barre semi-compensée signifie que la mèche n'est pas centrée dans la longueur de la barre (cas d'une barre compensée) mais se trouve à peu près sur le tiers avant de la barre. Les efforts hydrodynamiques sur la barre tendent donc à la ramener en position neutre.
Re: Classe Mameli -- lapomme
Wednesday, 15 March 2017 07:04
Bonjour tout d'abord bravo pour votre site qui est riche et diversifié dans le monde restreint de l'armée italienne. j'aurai une question cependant: Vous parlez de "barre de direction unique semi-compensée" dans cet article. Mais qu'est ce donc exactement? pourquoi "semi-compensée".

Lu 243 fois Dernière modification le mardi, 21 mars 2017 22:26