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Classe Pegaso

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Le Procione à couple du Solferino au Pirée le 3 septembre 1942. Le Procione à couple du Solferino au Pirée le 3 septembre 1942.

La classe Pegaso représenta la première tentative de la Regia Marina pour disposer d'unités d'escorte anti sous-marine, après l'expérimentation réalisée avec l'Albatros au début des années 1930.

Développement et carrière opérationnelle

Alors que la première série des torpilleurs de classe Spica était en chantier, leur architecte, le Gen.GN Gustavo Bozzoni, fut chargé par MARICOMINAV d'en étudier une version dérivée dédiée à l'escorte anti sous-marine et antiaérienne des convois. Les nouveaux navires devaient présenter une meilleur tenue à la mer et un meilleur niveau de confort pour l'équipage qui devrait durer davantage à la mer, l'autonomie de ces bâtiment devant être supérieure avec une vitesse moindre.

Les quatre unités de la nouvelle classe furent commandées dans le cadre du programme 1934-1935, et la tête de série, le Pegaso, fut mis en chantier en février 1936. Les quatre torpilleurs entrèrent en service en mars 1938. La vitesse relevée lors des essais dépassaient les 28 nœuds contractuels, l'Orione atteignant 29,19 nœuds pour un déplacement de 1053 tonnes. Mais après les premiers mois de service, des faiblesses dans la structure de la coque furent mises en évidence par mer formée. Les renforts nécessaires alourdirent les navires, dont la vitesse opérationnelle chuta à 26 nœuds, ce qui restait malgré tout suffisant pour les tâches qui leurs étaient confiées.

Le Procione avant son lancement à Naples le 31 janvier 1937. L'Orione en avril 1937 à Palerme, peu avant son lancement. Le Pegaso à la fin des années 1930.
L'Orsa dans sa configuration initiale.
(crédits photo : collection E. Bianchi)
Le Procione à la fin des années 1930. Le Procione et le Pegaso à Naples.
(crédits photo : NHHC)
Le Procione et l'Orsa à Naples en 1939.
(crédits photo : collection Franco Bargoni)

Jugés initialement trop coûteux pour être produits en grande série, les Pegaso restèrent au nombre de quatre, d'autant que l'état-major de la marine ne considérait alors pas la protection du trafic marchand comme prioritaire. En 1939, ils servirent de base au projet de torpilleurs coloniaux, qui fut cependant abandonné à l'entrée en guerre en juin 1940. Leur architecture fut cependant reprise sur la classe Ciclone.

Classés au départ comme aviso-escorteurs, les Pegaso prirent le qualificatif de torpilleurs le 5 septembre 1938 avant d'être considérés comme torpilleurs d'escorte à compter du 31 mai 1943, comme les Ciclone.

Entre l'été 1938 et la fin de la guerre civile espagnole, les Pegaso comptaient parmi les principaux protagonistes de l'escorte des cargos ravitaillant les troupes nationalistes et le CTV. Pendant la seconde guerre mondiale, ils furent très actifs dans la protection des convois et dans la lutte anti sous-marine, totalisant 938 missions à eux quatre avant l'armistice. La destruction du HMS Upholder le 14 avril 1942 est très probablement à mettre au crédit du Pegaso, qui coula également le HMS Thorn le 6 août de la même année. Malgré leur utilisation intensive, les quatre unités parvinrent sans encombre jusqu'à l'armistice. Après le 8 septembre 1943, le Procione se saborda à La Spezia, l'Orsa et le Pegaso gagnèrent les Baléares, le premier y étant interné jusqu'en janvier 1945, tandis que le second se saborda, et l'Orione gagna Malte pour combattre aux côtés des Alliés.

L'Orione escortant un cargo allemand de type Wachenfels en 1941. Le Pegaso en mars 1942.
(crédits photo : collection Franco Bargoni)
Le Procione dans le port du Pirée le 3 septembre 1942. Au second plan, on distingue le Solferino.
L'Orsa interné aux Baléares en 1944.
(crédits photo : collection E. Bianchi)
L'épave du Procione avant sa remise à flot à La Spezia le 25 janvier 1947.

Après-guerre, la marine italienne put conserver en service les Orsa et Orione, qu'elle modernisa entre 1953 et 1955 pour en faire des frégates ASM. Transformés en 1958 pour mettre en œuvre des cibles aériennes radiocommandées, ils furent utilisés jusque dans les années 1960.

L'Orione à Savone à l'été 1949.
(crédits photo : collection Maurizio Brescia)
L'Orione traversant le canal navigable de Tarente entre 1950 et 1951, après une première modernisation. L'Orsa rentrant dans Mar Piccolo à Tarente aux alentours de 1950.
L'Orsa arborant le numéro de coque F 558 à Tarente après sa refonte de 1953-1955.
(crédits photo : collection Marcello Risolo)
L'Orione portant le numéroque de coque F 559 à Venise le 2 septembre 1959, après sa dernière refonte.

Description technique et évolution

Par rapport aux Spica, les Pegaso adoptaient une forme de carène moins fine avec une poupe arrondie, et surtout plus adaptée à faire face à une mer formée qu'à réaliser des pointes de vitesse. Une meilleur répartition des masses permit également d'augmenter la stabilité transversale. Côté superstructure, un long rouf central facilitait les allées et venues de l'équipage lorsque le pont principal était balayé par les vagues. Une attention particulière fut portée à l'amélioration des conditions de vie de l'équipage, avec par exemple l'installation d'un four à pain.

Coupe longitudinale d'un torpilleur classe Pegaso. Les affûts Breda de 37/54 dessinés sur le rouf ne furent jamais installés.

En ce qui concerne l'appareil moteur, la puissance totale installée fut réduite de 19 000 à 16 000 ch par rapport aux Spica. La configuration restait en revanche inchangée, à savoir deux chaudières emménagées dans deux locaux étanches situés sous l'unique cheminée, et deux groupes turboréducteurs installés dans deux locaux en arrière des chaufferies. La machine avant entraînait la ligne d'arbre bâbord et la machine arrière la ligne tribord. Les chaudières étaient du type Yarrow modifié avec surchauffeurs de type Thornycroft à tubes horizontaux fonctionnant à la pression de 25 bar. Les turbines Tosi comprenaient trois étages : haute, moyenne et basse pression. La vapeur sortant des turbines était ensuite envoyée vers deux condenseurs, et l'eau retournait aux chaudières via quatre pompes de circulation. Les machines des deux unités construites à Palerme étaient produites par les Cantieri del Tirreno à Gênes, tandis que celles des unités réalisées à Naples provenaient de l'usine Tosi de Legnano. La dotation normale en combustible de 305 tonnes pouvait être portée à un maximum de 497 tonnes. Les excellents résultats en terme de consommation permirent aux Pegaso d'atteindre une autonomie plus de deux fois supérieure à celle des Spica.

L'innovation majeure des Pegaso résidait dans la présence d'un local au niveau de la quille, au droit de la passerelle, destiné à recevoir un sonar. Mais seul l'Orsa fut équipé d'un sonar SAFAR 2000 de présérie en 1938, les trois autres unités en étant doté en 1942 (en mai pour l'Orione et le Pegaso, en juillet pour le Procione).

En mars 1942, lors de travaux de carénage à Naples, l'Orsa fut équipé d'un dispositif expérimental pour la démagnétisation de la coque et le dragage des mines à influence magnétique. L'installation comprenait une boucle d'immunisation ceinturant la coque et quatre caissons métalliques placés sur la proue et la poupe contenant les circuits générant les impulsions destinées à provoquer l'explosion des mines à distance. Les prestations de ces dispositifs se révélant décevantes, ils furent rapidement débarqués.

Installation des dispositifs expérimentaux de démagnétisation et dragage de mines sur l'Orsa lors d'un carénage dans un bassin de la Società Navalmeccanica à Naples en mars 1942.

L'artillerie principale des Pegaso consistait en deux canons de 100/47 OTO 31 sur affûts mod.35, contre trois sur les Spica, remplacés par des OTO 37 sur l'Orsa et le Procione en 1943.

Le Procione ouvrant le feu de ses canons de 100/47.
(crédits photo : collection Giorgio Parodi)
Canon de 100/47 OTO 31 sur affût mod.35 sur la plage avant de l'Orione au printemps 1944. Canon de 100/47 OTO 31 sur affût mod.35 à l'arrière du rouf de l'Orione au printemps 1944. On distingue deux canons Oerlikon de 20/70 sur le pont.

Au moment du développement, il était prévu d'embarquer deux affûts doubles Breda de 37/54 sur le rouf pour assurer la défense antiaérienne. Cependant, les concepteurs durent y renoncer du fait des sollicitations excessives auxquelles les structures auraient été soumises lors du tir, à cause de l'affût rigide des armes Breda. Il fallut donc se rabattre sur des mitrailleuses Breda mod.31 de 13,2 mm, réparties en trois affûts doubles et secondées par des mitrailleuses Breda mod.37 de 8 mm sur affûts à chandelier. Au cours de la guerre, les armes de 13,2 mm furent remplacées par des canons Breda de 20/65 ou Oerlikon de 20/70. En 1943, les Pegaso comptaient jusqu'à onze canons de 20 mm sur affûts simples et doubles, voir quadruples du modèle Flakvierling 38 sur l'Orsa et l'Orione. Toujours en 1943, le mât arrière fut débarqué sur ces deux unités de manière à dégager le champ de battage de l'armement antiaérien.

L'armement ASM d'origine était composé de six lance-grenades pneumatiques de 432/302 mm mod.34/37 pour grenades de 50 et 100 kg, dont le rechargement était assez lent et laborieux. En 1941, ils furent remplacés par des lance-grenades pyrotechniques mod.G d'origine allemande, plus simples d'utilisation, mettant en œuvre des grenades de 125 kg type WB-D. Deux rampes multiples étaient disposées à la poupe au neuvage. Leur nombre fut porté jusqu'à un maximum de quatre en 1941. Les torpilles de 450 mm étaient mises en œuvre par deux plate-formes doubles situées de part et d'autre du rouf.

Évolution de l'armement des Pegaso entre 1938 et 1945. Aperçu du Pegaso depuis le mât avant en 1941. Sur le rouf, on distingue, d'avant en arrière, deux mitrailleuses de 8 mm, un affût double de 13,2 mm et un affût simple de 100/47. Sur le pont principal, on reconnaît les six lance-grenades pyrotechniques mod.G.
(crédits photo : collection Aldo Fraccaroli)
Affût quadruple Flakvierling 38 sur l'Orione en 1944. Curieusement, les servants portent des casques allemands peints de couleur claire.
(crédits photo : collection A. Starace)

Pour les missions de mouillage de mines, les Pegaso étaient équipés de rails démontables à l'arrière du pont principal pouvant recevoir jusqu'à 20 mines.

En février 1943, au cours d'un carénage à La Spezia, le Procione fut équipé d'un radar allemand Fu.Mo 21/40 G De.Te.

Le Procione en carénage à La Spezia en mars 1943, peu après l'installation du radar Fu.Mo 21/40G.
Liste des de la classe
NomMis sur caleLancéEn serviceDevise
Bacini e Scali Napoletani, Naples
Pegaso 15/02/1936 08/12/1936 30/03/1938 -
Procione 15/02/1936 31/01/1937 30/03/1938 Cave canem
Cantieri Navali Riuniti, Palerme
Orione 27/04/1936 21/04/1937 31/03/1938 Splendor in cielo gloria in mare
Orsa 27/04/1936 21/03/1937 31/03/1938 Fortitudine fortior
Fiche technique
 Au neuvageEn 1943
Déplacement standard 1065 t 1065 t
Déplacement à pleine charge 1630 t 1750 t
Longueur hors-tout 89,25 m 89,25 m
Largeur 9,48 m 9,48 m
Tirant d'eau 3,74 m 3,74 m
Propulsion 2 chaudières et 2 turboréducteurs Tosi développant 16 000 ch et entraînant 2 hélices 2 chaudières et 2 turboréducteurs Tosi développant 16 000 ch et entraînant 2 hélices
Vitesse maximale 28 nœuds au neuvage
25-26 noeuds en 1940
24-25 nœuds
Autonomie 2050 miles nautiques à 25 nœuds
4025 miles nautiques à 15 noeuds
2050 miles nautiques à 25 nœuds
4025 miles nautiques à 15 noeuds
Armement
  • 2 canons de 100/47 sur 2 affûts simples
  • 6 mitrailleuses de 13,2 mm sur 3 affûts doubles
  • 2 mitrailleuses de 8 mm sur 2 affûts simples
  • 4 tubes lance-torpilles de 450 mm sur 2 plate-formes doubles
  • 6 lance-grenades pneumatiques
  • 2 rampes pour grenades ASM
  • 2 canons de 100/47 sur 2 affûts simples
  • 6 à 11 canons de 20/65 ou 20/70
  • 4 tubes lance-torpilles de 450 mm sur 2 plate-formes doubles
  • 4 lance-grenades pyrotechniques
  • 2 rampes pour grenades ASM
Équipage 6 officiers, 148 sous-officiers et matelots 6 officiers, 148 sous-officiers et matelots
Profil et vue de dessus de l'Orsa en 1940.
(crédits : Roberto Maggi)
Sources :
  • In guerra sul mare, Erminio Bagnasco, Ermanno Albertelli Editore, 2005
  • Le navi da guerra italiane 1940-1945, Erminio Bagnasco & Enrico Cernuschi, Ermanno Albertelli Editore, 2005
  • Navi e marinai italiani nella Seconda Guerra Mondiale, Elio Ando & Erminio Bagnasco, Ermanno Albertelli Editore, 1999
  • Le armi delle navi italiane nella seconda guerra mondiale, Erminio Bagnasco, Albertelli, 2007
  • Le torpediniere italiane, contramm. Paolo M. Pollina, Ufficio Storico della Marina Militare, 1974
  • I motti delle navi italiane, Mario Buracchia, Ufficio Storico della Marina Militare, 1998
  • L'impegno navale italiano durante la guerra civile spagnola (1936-1939), Franco Bargoni, Ufficio Storico della Marina Militare, 1992
  • Le torpediniere di scorta classe « Orsa » del 1938 (parte 1a), Erminio Bagnasco & Achille Rastelli, Storia Militare n°1, 1993
  • Le torpediniere di scorta classe « Orsa » del 1938 (parte 2a), Erminio Bagnasco & Achille Rastelli, Storia Militare n°2, 1993
Pour reproduire ce navire :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Regia Marina 1/700 RM002 Torpediniera di scorta classe « Orsa » -
EVA 1/350 Regia Torpediniera Pegaso -

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Lu 217 fois Dernière modification le samedi, 25 novembre 2017 14:27