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samedi, 12 avril 2014 10:32

Fiat 626

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Fiat 626 armé d'une mitrailleuse Fiat mod.35 escortant une colonne motorisée, probablement dans les Balkans. Fiat 626 armé d'une mitrailleuse Fiat mod.35 escortant une colonne motorisée, probablement dans les Balkans.

Le Fiat 626 figure parmi les camions unifiés les plus diffusés dans l'armée italienne. Construit à partir de 1939 et resté en production durant l'après-guerre, on pouvait encore en croiser sur les routes de la péninsule dans les années 1960.

Naissance d'un camion unifié

Afin de pouvoir mobiliser facilement les camions civils en cas de guerre, le décret royal n°1809 promulgué le 14 juillet 1937 donna naissance aux camions dits "unifiés". Il s'agissait de fixer des règles précises pour l'étude et la production des camions moyens et lourds, communes aux véhicules civils et militaires. Dans le domaine des camions moyens, le décret préconisait l'utilisation d'un moteur Diesel (bien que les moteurs essence soient également admis) et spécifiait un poids maximal en charge de 6500 kg, une charge utile de 3000 kg, un rayon de braquage de 7 m et une vitesse maximale de 60 km/h. La largeur maximale de 2,35 m et la garde au sol minimale de 200 mm étaient commune entre les camions moyens et lourds.

Pour répondre à ce cahier des charges, Fiat proposa en 1939 un nouveau modèle de camion moyen baptisé Fiat 626 en vue de remplacer les Fiat 621 vieillissants. Il s'agissait du premier modèle à cabine avancée de la firme turinoise. Deux versions étaient disponible : le 626 N (Nafta, désignant le combustible utilisé) pour l'usage civil et le 626 NM (Nafta Militare) pour l'usage militaire. Les deux modèles furent présentés au public le 15 mai 1939 à l'occasion de l'inauguration de l'usine Fiat de Mirafiori.

Le 626 NM se distinguait par son plateau à ridelles latérales fixes, dont la hauteur était augmentée par rapport à la version civile, l'ajout de phares à l'acétylène, d'un avertisseur sonore à poire et de flèches de direction manuelles sur les flancs du parebrise. Sur la version civile, les flèches de direction étaient électriques et implantées sur l'arrière de la cabine. Un triangle signalant la présence d'une remorque était également monté sur la cabine des modèles civils. Cependant, de nombreux véhicules militaires utilisèrent des châssis produits pour le marché civil, ce qui ne simplifie pas leur identification...

Fiat 626 N civil. La version civile se distingue par le triangle sur la cabine, les flèches de direction électriques et les ridelles latérales rabattables.
Fiat 626 N tractant une remorque. Fiat 626 N tractant une remorque Viberti.
(crédits photo : Viberti)
Affiches publicitaires pour le Fiat 626 N.
Fiat 626 NM photographié au CSM de Rome. La présence de flèches de direction électriques et du triangle sur le toit témoignent que ce camion militaire a été obtenu à partir d'une base civile.
(crédits photos : AUSSME)

Description technique des Fiat 626 N et NM

Le Fiat 626 N était un camion moyen à cabine avancée et conduite à droite. Malgré son aspect moderne, il conservait une architecture classique avec moteur antérieur et roues motrices postérieures. Il était propulsé par un moteur Diesel 6 cylindres en ligne désigné 326, d'une cylindrée de 5750 cm3 développant 65 ch à 2200 tr/min. Les soupapes verticales en tête étaient commandées par des culbuteurs actionnés par l'arbre à came situé en partie basse. L'air comburant était aspiré via deux filtres à air à cartouche. Le naphta était stocké dans le réservoir principal de 75 L situé sur le longeron droit du châssis avant d'être envoyé dans la caisse alimentaire (ou nourrice) de 5,5 L située derrière le tableau de bord par le biais de la pompe d'alimentation à membrane. De là, il alimentait par gravité la pompe d'injection. Pour les opérations de maintenance, le moteur pouvait être sorti par l'avant après dépose de la calandre grâce aux galets dont étaient munis les deux supports arrière du bloc, roulant sur des guides fixés aux longerons du châssis.

Châssis du Fiat 626 N. Cabine du Fiat 626 N. Le moteur est dissimulé sous le capot entre les deux sièges.
(crédits photo : Fondazione Negri)
Dessin de la cabine. La caisse alimentaire était logé sous la planche de bord.
Moteur type 326 alimenté via deux filtres à air à cartouche. Coupe transversale du moteur Diesel type 326. Coupe longitudinale du moteur Diesel type 326.
L'extraction du moteur par l'avant était facilitée par la présence de galets sous les deux supports arrière. Circuit de combustible.

L'embrayage monodisque à sec pouvait être démonté indépendamment de la boîte de vitesse et du moteur, en déposant simplement le carter inférieur. La boîte de vitesse disposait de 5 rapports avant et d'une marche arrière. Le pont arrière accueillait le différentiel et le couple conique. Les demi-essieux pouvaient se sortir en bout sans démonter les roues ni soulever le véhicule. Les freins à tambour hydrauliques étaient actionnés par un servofrein à air comprimé commandé par pédale. Ils étaient épaulés par un frein à main mécanique agissant sur la transmission. La suspension postérieure était assurée par des ressorts à lames semi-elliptiques longitudinaux, doublés par des ressorts compensateurs. À l'avant, les ressorts à lames étaient couplés à des amortisseurs hydrauliques. Les roues présentaient des rais en acier moulé et des jantes Trilex trois pièces en alliage d'aluminium.

Éclaté de l'arbre de transmission. Éclaté du différentiel. Éclaté du pont arrière.
Roues à jante Tritex.

Le circuit électrique 24 V était alimenté par une dynamo de 300 W et desservait deux phares et deux feux de position à l'avant, un feu rouge sur la plaque d'immatriculation arrière, les essui-glaces, l'avertisseur sonore électrique et l'éclairage du tableau de bord.

Le plateau en bois était doté de ridelles rabattables sur la version civile. Sur la version militaire, seule la ridelle arrière, munie d'un marchepied, était rabattable. Pour le transport des troupes, 6 banquettes transversales pouvaient être installées, pour une capacité de 18 hommes.

Fiat 626 N Coloniale

Pour le marché civil, Fiat développa une version destinée à être utilisée en Afrique, présentant quelques évolutions pour l'adapter au climat des colonies. Les deux filtres à air d'origine furent remplacés par des filtres à bain d'huile placés dans un caisson fixé sur le longeron gauche du châssis, devant la batterie. L'air était ensuite convoyé vers le moteur par un flexible qui attaquait le collecteur d'admission unique pour les 6 cylindres. Pour augmenter l'efficacité du refroidissement, un ventilateur à 6 pales remplaça le précédent à 3 pales. Afin d'augmenter l'autonomie du véhicule, un réservoir supplémentaire de 135 L fut monté transversalement à l'arrière du châssis. Enfin, les roues montaient des pneus basse pression 8,25x20 et des amortisseurs hydrauliques furent ajoutés sur l'essieu arrière. Le Fiat 626 N Coloniale fut produit jusqu'en 1940.

Caisson renfermant les filtres à bain d'huile du 626 N Coloniale. Coupe transversale du moteur type 326 avec collecteur d'admission unique. Réservoir additionnel de 135 L du Fiat 626 N Coloniale.

Fiat 626 NL et NLM : les châssis allongés

En 1940 fut étudié un nouveau modèle du camion avec châssis allongé, décliné en deux versions : le 626 NL (Nafta Lungo) pour le marché civil et le 626 NLM (Nafta Lungo Militare) pour l'usage militaire. Le 626 NLM fut produit à partir du second semestre 1940 et jusqu'en 1945, tandis que le NL ne quitta les chaînes de montage qu'en 1948.

La puissance du moteur type 326 était portée à 70 ch et les filtres à air remplacés par un filtre à bain d'huile, comme sur le 626 N Coloniale. Le pont arrière était équipé d'un système de blocage de différentiel manuel., tandis que le circuit électrique fonctionnait sur deux tensions : 12 V pour l'alimentation des phares et accessoires et 24 V pour le démarrage. L'augmentation de l'empattement, qui passait de 3000 à 3320 mm, permettait d'allonger le plateau qui passait de 3650 mm à 4004 mm. La hauteur des ridelles était également revue à la hausse, passant de 500 mm à 600 mm (et 650 mm pour la version NLM). La roue de secours, disposée à l'horizontale sur le châssis juste en arrière de la cabine sur les versions précédentes, fut déplacée après le pont arrière pour laisser la place au caisson du filte à bain d'huile. Le réservoir d'air comprimé, sur le flanc droit du châssis, qui se trouvait en partie sous la cabine sur les 626 N et NM, fut reculé et ainsi complèment dégagé de la cabine.

Fiat 626 NL reconnaissable à ses ridelles plus hautes que sur le 626 N et son réservoir d'air dégagé de la cabine.
(crédits photo : Fondazione Negri)
Fiat 626 NL tracant une remorque, tous deux chargés de bidons de peinture. Les ridelles à la hauteur de la base des vitres latérales de la cabine sont celles d'un 626 N, mais la roue de secours à l'arrière du châssis et le réservoir d'air reculé témoignent de l'empattement long de ce camion. Fiat 626 NL prêts à être livrés à la sortie de l'usine en 1947. Il manque deux roues sur l'essieu arrière. (crédits photo : Alfred Eisenstaedt, Life)
Fiat 626 NLM. Sa cabine est un mixte entre les modèles civil et militaire : flèches électriques et triangle de toit appartiennet au premier, tandis que les phares à l'acétylène et l'avertisseur sonore à poire caractérisent le second. Vue de dessus du châssis du Fiat 626 NL. Moteur type 326 avec collecteur d'admission unique.

Les exemplaires produits pour la Regia Aeronautica se distinguaient par la présence de deux roues de secours, augmentant le poids du véhicule de 75 kg.

Fiat 626 BM et BLM : les modèles essence

Suite aux premières expériences hivernales dans les Balkans qui mirent en évidence les difficultés de démarrage à froid du moteur Diesel, Fiat décida de développer des modèles propulsés par un moteur essence, désignés Fiat 626 BM (Benzina Militare) et BLM (Benzina Lungo Militare). Ces modèles conservaient la même structure que les NM et NLM et étaient propulsés par un moteur essence type 226 conservant le bloc du type 326, avec une alimentation modifiée par l'ajout de bougies et d'un carburateur. Le réservoir voyait sa capacité portée à 110 L pour compenser la consommation plus élevée du moteur essence. En conséquence, le réservoir d'air comprimé fut avancé et se retrouva en partie sous la cabine, comme sur les 626 N et NM.

Fiat 626 BLM bâché. Les flèches électriques et le triangle de toit indiquent une base civile. Sur ce Fiat 626 BLM, la cabine ne porte aucune trace d'équipements civils.
Châssis du Fiat 626 BLM. Moteur essence type 226 du Fiat 626 BLM.

Produits de 1941 à 1945, les Fiat 626 BLM (il n'est pas certain que la version essence à châssis court ait été produite en série) furent très appréciés par les militaires grâce à la grande flexibilité de leur moteur à carburation qui était plus facile à mettre en route que le Diesel.

Fiat 626 RN et RB : les versions surbaissées

En 1941, Fiat proposa deux modèles surbaissés de son 626, propulsés par un moteur Diesel ou essence, désignés respectivement RN (Ribassato Nafta) et RB (Ribassato Benzina). Outre un châssis surbaissé, ces modèles présentaient un empattement porté à 3700 mm. Quoique destinés à servir de base à des versions spéciales (autobus, ambulance, fourgon radio...), certains furent proposés avec un plateau agrandis. Leur production prit fin en 1942.

Fiat 626 RB carossé par Viberti. Cet exemplaire destiné aux pompiers est équipé d'une cloche et non d'une sirène, pour éviter la confusion avec les alarmes aériennes.
(crédits photos : Viberti)

Le 626 EL à moteur électrique

Resté au stade de prototype, le Fiat 626 EL était propulsé par un moteur électrique alimenté par des batteries logées sur les flancs du châssis.

Unique prototype du Fiat 626 EL.

Fiat 625

Si le Fiat 626 pouvait être utilisé en tout terrain dans une certaine mesure, l'expérience acquise en Afrique du Nord démontra la nécessité de disposer d'un camion à traction intégrale. Fiat décida de partir du 626 BLM pour en faire une version à quatre roues motrices, baptisée Fiat 625. La transmission aux roues avant fut obtenue en remplaçant l'essieu existant par un autre de section tubulaire renfermant des demi-axes entraînés par un différentiel, désaxé par rapport au plan médian du camion. Les réducteurs placés près des roues entraînaient une augmentation significative de la largeur de l'essieu et des garde-boue. Pour l'utilisation en tout terrain, le diamètre des roues passa de 22 à 24 pouces. Cependant, la solution adoptée pour l'essieu avant limitait la possibilité d'évolution en terrain accidenté du fait de la faible garde au sol.

Un unique prototype du Fiat 625 fut produit. Au moment de l'armistice, il se trouvait encore en essai au CSM de Rome. Après-guerre, son architecture fut reprise pour réaliser les premiers Fiat 639 en 1950.

Prototype du Fiat 625 au CSM de Rome.

Fiat 626 citerne

Le Fiat 626 servit de base pour de nombreuses versions spéciales. La version citerne fut déclinée sur châssis long et court et montait une citerne de 3000 L environ produite par SAIV permettant le transport d'eau ou de carburant. Lorsqu'il n'était pas possible de transvaser le carburant par gravité, on utilisait une pompe à main montée derrière le garde-boue postérieur, qui pouvait être entraînée par deux manivelles en même temps. Actionnée à 200 tr/min, elle délivrait un débit de 120 L/min. Sur le châssis Fiat 626 NL, la pompe à main était remplacée par une pompe reliée à une prise de force sur la boîte de vitesse.

Le Fiat 626 citerne fut utilisé aussi bien par le Regio Esercito que par la Regia Aeronautica. Pour augmenter sa capacité, il était possible de lui atteler une remorque citerne Viberti.

Camion citerne SAIV type RA.2 sur châssis Fiat 626 N.
(crédits photo : Viberti)
Camion citerne sur châssis Fiat 626 NLM.

Imprimerie mobile de campagne

Une série de fourgons sur châssis de Fiat 626 servit d'imprimerie mobile de campagne (tipografia mobile campala) qui fut envoyée sur le front russe au sein de l'ARMIR. D'aspect identique extérieurement, les fourgons composants l'imprimerie de campagne remplissaient chacun une fonction précise : rédaction, imprimerie, radio... Ces fourgons étaient chauffés par un poêle.

Fourgon radio de l'imprimerie mobile de campagne. Remarquez la cheminée du poêle sortant sur l'arrière.

Train routier RT 1000

Le train routier RT 1000 (Autotreno Radio RT 1000) fut conçu en 1940 par la société SAFAR pour les besoins de la Regia Aeronautica. Il se composait d'un fourgon radio récepteur sur châssis de Fiat 626 N et d'une remorque émettrice. La carosserie du fourgon, produite par Macchi, était divisée en trois parties dans le sens de la longueur. Derrière le poste de conduite se trouvait le central téléphonique et radiophonique qui accueillait les postes récepteurs SAFAR 850/A et 741/A. Le compartiment arrière abritait les couchettes du personnel et, en-dessous, les 4 batteries d'accumulateurs au fer-nickel. La remorque, conçue et carossée par Viberti, recevait l'émetteur RT 1000, un groupe électrogène composé d'un moteur Lancia-Aprilia de 20 ch et d'un alternateur, deux batteries et les couchettes du personnel.

Le rôle du train routier RT 1000 était de guider la chasse pour intercepter les formations de bombardiers alliés depuis les terrains d'aviation.

Train routier RT 1000. Fourgon récepteur sur châssis de Fiat 626 N carossé par Macchi. Remorque émettrice Viberti.

Fourgon-atelier

Viberti fabriqua un fourgon atelier sur châssis 626 NL destiné aux installations électriques et doté d'équipements Marelli. Il fut utilisé par la Regia Aeronautica.

Fourgon-atelier Viberti sur châssis Fiat 626 NL.
(crédits photo : Viberti)

Dépanneuse

Viberti réalisa également une dépanneuse sur le châssis du 626 NML. Elle était équipée d'une grue à bras montée sur le plateau et embarquait un charriot mobile à positionner sous l'essieu avant ou arrière du véhicule en panne pour pouvoir le tracter. Il ne semble pas que cette dépanneuse ait été utilisée au front, l'Esercito ayant pour habitude de remorquer ses véhicules en panne avec d'autres camions, faute de mieux.

Dépanneuse réalisée par Viberti sur châssis Fiat 626 NLM.
(crédits photos : Viberti)

Ambulances

Deux modèles d'ambulance furent développés sur le châssis du Fiat 626. Le premier était destiné à la PAI et se caractérisait par une carosserie entièrement métallique. Le second, beaucoup plus répandu, était carossé par Borsani à Milan et par Boneschi à Brianza (banlieue de Milan), sur un châssis 626 NM. Le compartiment sanitaire, recouvert de bois, pouvait accueillir 6 civières.

Ambulance sur châssis Fiat 626 carossée par Borsani. Soldat posant devant une ambulance carossée par Borsani sur châssis Fiat 626.
(crédits photo : collection Claudio Pergher)
Ambulance sur châssis Fiat 626 avec une carosserie métallique utilisée en Afrique du Nord par la Wehrmacht.
(crédits photo : collection Daniele Guglielmi)
Colonne d'ambulances sur châssis Fiat 626.
( crédits photo : collection Aymeric Lopez)
Ambulance sur châssis Fiat 626 croisant un Panzer III sur le front russe. Ambulances sur châssis Fiat 626 dans la cour de la carosserie Scioneri de Savigliano pour révision.
Ambulance sur châssis Fiat 626 carossée par Borsani dans l'arsenal de Turin après-guerre.
(crédits photo : collection Claudio Pergher)

Autobus

De 1939 à 1947, Fiat produisit un autobus de 27 places sur châssis NL surbaissé, baptisé Fiat 626 RNL. Par rapport au 626 NL, il avait un empattement porté à 4050 mm et une garde au sol de 220 mm. Le châssis allongé était rigidifié à l'arrière par deux traverses et débarassé des deux crochets d'attelage. Au droit de l'essieu arrière, les longerons étaient courbés pour abaisser au maximum le plancher de l'autobus. La suspension arrière ne comportait plus de ressorts compensateurs, qui étaient remplacés par des amortisseurs hydrauliques identiques à ceux montés à l'avant. La carosserie, dessinée par Fiat et construite par Aeronautica d'Italia et Viberti, revêtait des lignes particulièrement aérodynamiques. L'accès se faisait par deux portes à battant simple. Les derniers bus sur châssis 626 RNL ne furent retirés du service qu'au début des années 1980.

Brochure commerciale en français pour l'autobus Fiat 626 RNL. Châssis surbaissé de l'autobus Fiat 626 RNL. Détail du pont arrière bénéficiant des mêmes amortisseurs hydrauliques que la suspension avant.
   
  Alignement de châssis de Fiat 626 RNL prêts à être carrossés.
(crédits photo : Carl Mydans pour Life)
 
L'autobus Fiat 626 RNL était utilisé sur les lignes extra urbaines. Autobus Fiat 626 RNL carossé par Viberti utilisé par la SATA en Albanie. Fiat 626 RNL de la SATA utilisé sur la ligne Tirana-Shköder.
Fiat 626 RNL réquisitionné par le Regio Esercito et utilisé dans les Balkans. Fiat 626 RNL utilisé par la Regia Aeronautica à Athènes en 1943.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
Fiat 626 RNL transportant des partisans dans les rues de Gênes.
Fiat 626 RNL sur la place Vittorio Veneto à Turin en 2006.
(crédits photo : Christian Bizzi)
Fiat 626 RNL n°15 de la SATTI de Turin après restauration.

Véhicules de pompiers

De nombreux dérivés du Fiat 626 servirent dans le corps national des sapeurs pompiers, que ce soit comme grande échelle, fourgon pompe, fourgon citerne ou fourgon mousse.

La grande échelle sur châssis 626 RB fut produite par Bergomi à partir de 1940. Elle était dotée d'une échelle Magirus K26 de 26 mètres actionnée à la main.

Funérailles de quatre pompiers transportés par une grande échelle sur châssis 626 RB à Rivarolo Canavese en janvier 1961. Grande échelle sur châssis 626 RB conservée au musée des pompiers de Mantoue.
(crédits photos : Guillaume Terret)

Le fourgon pompe produit par Bergomi sur châssis 626 RB à partir de 1939 était équipé d'une pompe centrifuge SAB de 2000 L/min à 8 bar. Son équipage comprenait 9 pompiers en plus du chauffeur.

Fourgon pompe sur châssis Fiat 626 RB à Arezzo en 1943.
(crédits photo : collection Simi)
Les disques métalliques montés sur les jantes des roues avant de ce fourgon pompe permettent au véhicule de conserver sa trajectoir en cas d'éclatement à vitesse soutenue. Brigade partisane devant un fourgon pompe Fiat 626 RB à la caserne de Fontane di Santa Barbara de Turin.
Fourgon pompe sur châssis Fiat 626 RB conservé au musée des pompiers de Mantoue.
(crédits photos : Guillaume Terret)
Pompe centrifuge SAB de 2000 L/min à l'arrière du fourgon pompe Fiat 626 RB.
(crédits photo : Pietro de Castiglioni sur Fiammeblu)

Construit sur châssis 626 NL en 1940, le fourgon mousse embarquait 2500 L d'eau et 500 L de mousse. Sa pompe centrifuge ASPI délivrait un débit de 1000 L/min à 10 bar.

Fourgon mousse Fiat 626 NL à Guidonia en 1941. Fourgon mousse Fiat 626 NL.

Production et utilisation

Le Fiat 626 N fut construit à 7941 exemplaires à l'usine de Mirafiori et, bien que les chiffres de production des autres modèles ne soient pas connus, on peut affirmer que ce véhicule devint rapidement le camion moyen le plus répandu dans les rangs du Regio Esercito. Les camions civils réquisitionnés furent assez peu nombreux du fait que leur production était concentrée entre la fin de l'année 1939 et les 6 premiers mois de l'année 1940, et que les industriels, sentant venir la guerre, se gardaient bien d'investir dans un camion de type unifié qui serait le premier à être réquisitionné au début des hostilités. Les commandes passées par l'armée italienne se succédèrent ainsi :

  • 1650 Fiat 626 NLM le 19/12/1940 ;
  • 1000 Fiat 626 NLM le 04/08/1941 ;
  • 490 Fiat 626 destinés à la Regia Aeronautica le 23/10/1941 ;
  • 1000 Fiat 626 BLM, 700 châssis de 626 NLM et 14 carrosseries d'autobus le 05/03/1942 ;
  • 3466 Fiat 626 BLM, 247 NLM et 3 châssis de NLM le 10/10/1942 ;
  • 19000 Fiat 626 BLM le 29/02/1943 ;
  • 600 Fiat 626 BLM le 16/06/1943.

Fiat reçut une commande de l'armée française portant sur 1650 camions, à livrer à raison de 150 exemplaires par mois à compter de février 1940. Environ 700 d'entre eux furent livrés avant le 10 juin 1940.

Fiat 626 à l'usine de Mirafiori, prêts à être livrés.

Utilisé sur le front occidental et dans les Balkans, c'est en Afrique du Nord que son usage permit de mettre en lumière de graves déficiences, notamment en ce qui concerne l'alimentation du moteur, la manoeuvrabilité et sa faible durée de vie lorsqu'il était dépourvu de filtres à bain d'huile (on parle alors des modèles N et NM).

Fiat 626 civil participant à un exercice du VII settore GaF en août 1939. Fiat 626 progressant sur la route côtière en juin 1940. Le moteur Diesel des Fiat 626 NM apprécia peu la rigueur de l'hiver dans les montagnes albanaises.
Colonne de Fiat 626 transportant le 3° rgt. granatieri à Athènes en avril 1941. Fiat 626 défilant à Athènes le 3 mai 1941.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
Fiat 626 transportant des Alpini du gr.art Belluno sur la route de Podgorica au Monténégro en juillet 1941.
(crédits photo : collection David Zambon)
Colonne de camions sur la route de Tirana le 6 octobre 1941. On reconnaît un Fiat 626 au premier plan, suivi par des SPA 38.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
Fiat 626 devant l'acropole d'Athènes en février 1942.
(crédits photo : collection Claudio Pergher)
Fiat 626 NLM défilant dans une ville de Libye suivi par des SPA 38R. Le véhicule arbore un camouflage composé de tâches foncées (peut-être vertes) sur un fond jaune sable. Fiat 626 NLM transportant des prisonniers anglais en Afrique du Nord. Le réservoir placé sur la cabine relié à la nourice par un flexible indique probablement une panne de la pompe d'alimentation. Colonne de Fiat 626 en Afrique du Nord.
Fiat 626 armé d'une mitralleuse Fiat mod.35 pour la défense antiaérienne. Canon Breda de 20/65 installé dans le plateau d'un Fiat 626.
(crédits photo : collection Benvenuti)
Soldat américain inspectant la carcasse d'un Fiat 626 en Afrique du Nord. L'inscription traduite en allemand sur la cabine signifie "Donner la priorité".
(crédits photo via Daniele Guglielmi)

En 1942, le XIV autogruppo di manovra fut envoyé en URSS avec plus de 200 exemplaires de Fiat 626 (probablement des modèles NLM et BLM). Les modèles à moteur essence se montrèrent bien plus fiables que les Diesel, capables de démarrer sans problème par n'importe quelle température.

Fiat 626 N du 34° autoreparto pesante traversant un pont en URSS.
(crédits photo : Istituto Luce)
Fiat 626 NLM en URSS durant l'automne 1942. Le treuil de remorquage est enroulé sur le pare-choc, prêt à servir. Fiat 626 N sur le front russe en 1942.
Fiat 626 N de la division Pasubio sur le front russe. Colonne de Fiat 626 de la legione CC.NN. Tagliamento à Dniepropetrovsk.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
Fiat 626 sur une piste poussiéreuse des environs de Dobropolie en juin 1942.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)

Le Fiat 626 après le 8 septembre 1943

Dès le mois d'avril 1943, dans le but d'éparnier les matériaux stratégiques, Fiat proposa un 626 BLM dont la cabine en tôle était remplacée par une cabine en contreplaqué avec un toit en toile imperméabilisée à l'huile de lin sur une structure en bois, n'altérant pas la forme d'origine. Ce modèle fut produit durant l'occupation allemande et donna naissance au Fiat 628, reprenant la mécanique du 626 mais n'ayant extérieurement aucun point commun avec lui. Équipé d'une cabine "Einheits" de forme cubique en isorel et d'un plateau allemand, ses roues étaient munies de jantes tôle à voile percé. Au total, 3323 Fiat 626 et 628 furent livrés aux Allemands en 1944, et 23 en janvier 1945. Le véhicule fut aussi utilisé par les forces de la RSI, les forces cobelligérantes et par les partisans.

Fiat 626 BLM avec cabine en bois aux mains des partisans. Fiat 626 BLM à cabine en bois endommagé à la fin de la guerre. Fiat 628 à cabine Einheits en isorel.
Fiat 626 utilisé par les forces allemande. Le soldat au premier plan est armé d'un pistolet-mitrailleur MAB mod.38A. Fiat 626 du gr.cr. Leonessa défilant à Milan le 25 juillet 1944. Deux fusils-mitrailleurs Breda mod.30 sont placés sur la cabine.
(crédits photo : Archivio Borgatti)
Fiat 626 des forces cobelligérantes participant à une cérémonie funéraire. Les pneux arrière sont d'origine américaine.

La pénurie de carburant durant les dernières années de guerre imposa le développement de véhicules utilisant des carburants alternatifs. C'est ainsi que vit le jour en mars 1945 le Fiat 626 GL au gazogène, dont le rendement du moteur chutait de 25 à 50% selon le dispoitif employé. La faible autonomie du véhicules limita sa diffusion au marché civil.

Après la fin de la guerre, le Fiat 626 resta en production jusqu'en 1948 et demeura la camion moyen par excellence de l'Esercito Italiano jusqu'en 1954.

Fiche technique
 Fiat 626 NFiat 626 NLFiat 626 BLMFiat 626 RNL
Longueur 5790 mm 6220 mm 6220 mm 7905 mm
Empattement 3000 mm 3320 mm 3320 mm 4050 mm
Largeur 2157 mm 2133 mm 2133 mm 2350 mm
Voie avant / arrière 1712 / 1610 mm 1712 / 1610 mm 1712 / 1610 mm 1712 / 1610 mm
Hauteur 2675 mm 2675 mm 2675 mm 2694 mm (sans la galerie)
Garde au sol 225 mm 225 mm 225 mm 220 mm
Poids à vide 3500 kg 3960 kg 3970 kg 4840 kg
Équipage 2 2 2 1 chauffeur + 27 passagers
Charge utile 3000 kg 3000 kg 3000 kg 1960 kg
Configuration d'essieux 4x2 4x2 4x2 4x2
Moteur Type 326 : 6 cylindres Diesel de 5750 cm3, développant 65 ch à 2200 tr/min Type 326 : 6 cylindres Diesel de 5750 cm3, développant 70 ch à 2200 tr/min Type 226 : 6 cylindres essence de 5750 cm3, développant 70 ch à 2200 tr/min Type 326 : 6 cylindres Diesel de 5750 cm3, développant 70 ch à 2200 tr/min
Vitesse maximale 62,2 km/h sur route 63,6 km/h sur route 63,6 km/h sur route 74 km/h sur route
Autonomie 450 km sur route
340 km en tout terrain
450 km sur route
340 km en tout terrain
250 km sur route -
Emport en carburant 75 L 75 L 110 L 75 L
Plan 4 vues de Fiat 626 NLM.
(crédits : A.M. Feller)
Plan 4 vues de Fiat 626 BLM avec cabine en bois. Profil de Fiat 628.
   
  Plan 4 vues de l'autobus Fiat 626 RNL.  
Sources :
  • Gli Autoveicoli tattici e logistici del Regio Esercito Italiano fino al 1943, tomo primo, Nicola Pignato & Filippo Cappellano, Stato Maggiore dell'Esercito, Ufficio Storico, 2005
  • Gli Autoveicoli tattici e logistici del Regio Esercito Italiano fino al 1943, tomo secondo, Nicola Pignato & Filippo Cappellano, Stato Maggiore dell'Esercito, Ufficio Storico, 2005
  • Gli autoveicoli da combattimento dell'Esercito Italiano, Volume secondo (1940-1945), Nicola Pignato & Filippo Cappellano, Stato Maggiore dell'Esercito, Ufficio Storico, 2002
  • Gli Autoveicoli del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale, Nicola Pignato, Storia Militare, 1998
  • Ruote in divisa, I veicoli militari italiani 1900-1987, Brizio Pignacca, Giorgio Nada Editore, 1989
  • Semicingolati, motoveicoli e veicoli speciali des Regio Esercito italiano 1919/1943, Giulio Benussi, Intergest, 1976
  • Il grande libro dei camion italiani, Sergio Puttini & Giuseppe Thellung di Courtelary, Giorgio Nada Editore, 2010
  • Cent'anni di Camion Fiat, Paolo Bossi, Fondazione Negri, 2012
  • Storia illustrata dell'Autobus Italiano, Massimo Condolo, Fondazione Negri, 2010
  • Gran Turismo, L'avventura dei carrozzieri italiani di pullman, Carla Dolcini, Fondazione Negri, 2012
  • Torino in corriera, Massimo Condolo, Fondazione Negri, 2009
  • Automezzi Italiani per i Vigili del Fuoco, Massimo Condolo, Fondazione Negri, 2005
  • Dal 1783 Pompieri in Arezzo, Claudio Gialli & Rafaello Simi, Calosci-Cortona, 2010
  • Le ambulanze italiane, Alessandro Sannia & Pierfrancesco Mainetti, Fondazione Negri, 2006
  • Autocarro medio Fiat 626, Claudio Pergher, Notiziario Modellistico 2/01, GMT, 2001
  • Autocarro medio Fiat 626, Claudio Pergher, Notiziario Modellistico 3/01, GMT, 2001
  • Études des types 626 N, NL, NLM, RNL, Revue technique automobile n°51, 1950
  • I granatieri del 3° reggimento nella guerra contro la Grecia, Casa Editrice d'Arte V.E. Boeri, 1942
  • La guerra degli Italiani 1940-1945, Piero Melograni, De Agostini, 2006
  • La fulgida epopea della divisione « Pasubio », Armando Rati, Editoriale Sometti, 2012
  • VII Settore G.A.F., Il Vallo Alpino nella conca di Cesana, Pier Giorgio Corino, Associazione per gli studi di storia e architettura militare, 2010
  • …Come il diamante, I Carrisit italiani 1943-45, Sergio Corbatti & Marco Nava, Laran Éditions, 2008
  • I reparti corazzati della Repubblica Sociale Italiana 1943/1945, Paolo Crippa, Marvia Edizioni, 2006
  • Autocarro modello 626 NL e derivati, Uso e manutenzione, 7a edizione, Ufficio Pubblicazioni Techniche Fiat, 1944
  • Autocarro mod.626 BL Militare, Uso e manutenzione, 3a edizione, Ufficio Pubblicazioni Techniche Fiat, 1943
  • Page sur le fourgon mousse sur le site VVF Carate
Pour reproduire ce véhicule :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Doc Models 1/72 DM72200 Fiat 626 NLM -
Doc Models 1/72 DM72208 Fiat 626 NLM with closed sheet -
Doc Models 1/72 DM72260 Fiat 626 NLM with italian colonial troops -
Doc Models 1/72 DM72261 Fiat 626 NLM with italian troops and fittings -
Doc Models 1/72 DM72262 Fiat 626 NLM with Breda 20/65 and italian artillerymen -
Doc Models 1/72 DM72220 Fiat 626 oven/cooken -
Doc Models 1/72 DM72212 Fiat 626 ambulance -
Italian Kits Armor 1/72 IKA72001 Fiat 626 NLM Maquette d'Aymeric Lopez
Model Victoria 1/35 4071 Fiat mod.626 N.L. Militare -

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Re: Fiat 626 -- alexderome
Saturday, 12 April 2014 09:08
Et même dans les années 70, du moins parmi mes vagues souvenirs.
Alex

Lu 16185 fois Dernière modification le dimanche, 24 août 2014 18:27

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