Dernières mises à jour

Se connecter

lundi, 29 juin 2015 19:24

L 6/40

Ecrit par 
L 6/40 de série. L 6/40 de série. ACSF

Seul véritable char léger italien de la seconde guerre mondiale, le L 6/40, conçu à l’origine pour des opérations en montagne, se révéla inadapté aux opérations menées en Afrique du Nord ou en Russie. Avant même son entrée en action, il se trouvait dépassé tant par son armement que par son faible blindage.

Développement et production

Dès le milieu des années 1930, le haut commandement italien chercha à développer un nouveau char léger pour remplacer les chenillettes L 3, dont le principal défaut (son armement en superstructure) fut été révélé au cours de la guerre d’Éthiopie.

La première évolution du L 3, le carro d’assalto modello 36, vit le jour en novembre 1935 sous la forme d’un prototype. Il retenait de son prédécesseur la partie inférieure du châssis et le compartiment moteur, tandis qu’il bénéficiait d’une superstructure plus spacieuse et d’un armement en tourelle composé d’un canon de 37 mm jumelé à une mitrailleuse de 6,5 mm. Les suspensions du train de roulement étaient assurées par des barres de torsion, solution qui fut retenue pour le futur L 6/40. Les essais menés par Ansaldo et par le CSM donnèrent des résultats mitigés : si les suspensions firent bonne impression, le manque de stabilité du véhicule laissait à désirer.

Modèle statique du carro d'assalto Ansaldo avec suspensions à barres de torsion. Le carro d'assalto mod.36 était armé d'un canon de 37/26 et d'une mitrailleuse de 6,5 mm. Vue de face du carro d'assalto mod.36.
Le carro d'assalto mod.36 lors des essais d'homologation à Rome le 12 novembre 1935.
(crédits photo : CETEM)
Essais en tout terrain dans le secteur de Nepi. Le char est immatriculé "RE 3". Essais de franchissement dans le secteur du foro Mussolini à Rome.

En avril 1936 fut testé au CSM le prototype du carro cannone mod.36, toujours basé sur la caisse d'un L 3 mais armé d’un canon de 37/26 dans la caisse et de deux mitrailleuses en tourelle. Mais cette dernière fut bientôt retirée. Le but de ce char était de fournir une puissance de feu accrue aux bataillons de L 3, mais ce projet fut abandonné en novembre 1938 du fait du développement des chars moyens.

Modèle en bois à échelle 1 du carro cannone. Carro cannone mod.36 à l'usine Ansaldo Fossati dans sa configuration d'origine. Carro cannone mod.36 après suppression de la tourelle.
(crédit photo : CETEM)
Essais du carro cannone mod.36 sur l'hippodrome de villa Glori. Essais en tout terrain dans le secteur de Nepi. Essais de stabilité du carro cannone mod.36.

En 1937, les ingénieurs d’Ansaldo et de Fiat décidèrent de lancer sur fonds propres les études et la construction d'un nouveau prototype de char léger, qui délaissait le canon de 37 mm au profit de deux mitrailleuses jumelées en tourelle. L'autorisation d'étude fut délivrée par le ministère de la guerre le 13 décembre 1937. Pesant un peu plus de 6 tonnes, le prototype fut baptisé M 6 (pour Medio, moyen) puis L 6 (pour Leggero, léger) lorsque la circulaire n°1400 du 13 juin 1940 releva la limite de catégorie pour les chars M de 5 à 8 tonnes. Ce prototype fut présenté aux plus hautes autorités de l'État à la villa Glori le 26 octobre 1939, mais sans convaincre. Le même jour, le général Manera du CSM manifesta cependant de l'intérêt pour le blindé à condition que soit monté en tourelle un canon de 20 mm au moins.

Vue de profil du prototype M 6 armé de deux mitrailleuses Breda mod.38.
(crédits photo : Archivio Fiat)
Vue frontale du prototype M 6. Vue arrière du prototype M 6.
Présentation du M 6 dans la région de Savone. Essais du prototype M 6 à San Polo dei Cavalieri en compagnie d'un CV 35. Sur le monte Mario, le CSM effectua des essais en terrain boueux.
La plage d'Ostie fut choisie pour mener les essais sur terrain sablonneux du M 6.

Ansaldo présenta peu après un nouveau prototype du M 6, basé sur un châssis similaire mais agrandis du fait de l'emménagement axial du moteur. Le nouveau char M 6 était proposé avec deux combinaisons d'armement différentes en tourelle : la première comprenait un canon de 37/26 jumelé avec une mitrailleuse de 8 mm et la seconde un canon Breda mod.35 de 20/65, toujours associé à une mitrailleuse de 8 mm. Le fait que ces deux combinaisons d'armement soient apparus successivement sur le même prototype ou aient fait l'objet de deux prototypes distincts n'est pas clairement établis.

Prototype M 6 armé d'un canon de 37/26 jumelé à une mitrailleuse Breda mod.38. Vue de profil du M 6 armé du canon de 37/26. M 6 armé du canon de 37/26 à l'usine Ansaldo Fossati.

Le prototype armé du canon Breda fut testé par le CSM, mais il prit feu au cours des essais sur terrain accidenté après le retournement du char à San Polo dei Cavalieri à cause de la mauvaise disposition des réservoirs d’essence. Après avoir subi les modifications nécessaires et passé de nouveaux tests, le prototype fut homologué en avril 1940. Sa dénomination officielle fut L 6 jusqu’au 4 août 1942, puis L 40 ensuite. Par commodité, nous l’appellerons donc L 6/40.

Prototype M 6 armé du canon Breda mod.35 à l'usine Ansaldo Fossati de Sestri Ponente. M 6 armé du canon Breda mod.35 accidenté lors des essais à San Polo dei Cavalieri. M 6 récupéré après l'accident à San Polo dei Cavalieri.
Prototype M 6 armé du canon Breda mod.35 arborant un camouflage trois tons à l'usine Ansaldo Fossati. Vue de profil du prototype M 6 armé du canon Breda mod.35 à l'usine Ansaldo Fossati. Remarquez le cric sur le garde-boue, juste devant le pot d'échappement. Vue frontale du prototype M 6 armé du canon Breda mod.35 à l'usine Ansaldo Fossati. La vitre blindée derrière l'écoutille ne sera pas reconduite sur les chars de série.

Le premier exemplaire de série se différenciait du prototype armé du canon de 20/65 par l'emménagement du cric sur le garde-boue avant droit et du pied-de-biche sur le garde-boue avant gauche, la caisse à outils unique remplacée par deux caisses de plus petites dimensions laissant la place à une roue porteuse jumelée de rechange sur le garde-boue arrière gauche et par l'emménagement des bouchons des réservoirs, isolés du compartiment moteur, dans les caisses à outils afin de limiter les risques d'incendie. Sur les exemplaires de série, le masque de canon fut légèrement modifié et le toit de la tourelle fut légèrement incliné vers l'avant pour se raccorder au masque.

Premier exemplaire de série du L 6/40 arborant un camouflage trois tons. Le masque de canon sera modifié sur les exemplaires suivant.
(crédits photo : AUSSME)
Premier exemplaire de série du L 6/40. Remarquez le cric sur le garde-boue avant droit. Vue arrière du premier exemplaire du L 6/40. Une roue jumelée de rechange est apparue sur le garde-boue gauche.

La première commande portant sur 583 exemplaires fut officialisée par la DGM le 18 mars 1940, avant même l’homologation du véhicule. Les premières livraisons n'intervinrent qu'à partir du 22 mai 1941, avec trois mois de retard sur le planning prévisionnel. Fin juin 1941 , la commande fut réduite à 300 exemplaires, avant d’être finalement fixée à 444 véhicules. Les tôles composant la caisse étaient approvisionnées auprès de Terni tandis que le montage était assuré à Turin par Fiat-SPA.

Au début du mois de mai 1943, 402 exemplaires du L 6/40 avaient été construits. Ce nombre fut porté à 440 à la veille de l’armistice de septembre 1943.

L 6/40 de début de production immatriculé "RE 3825". La tourelle présente désormais son aspect définitif. Exemplaire de série tout juste sortie de la ligne de montage.
Premier lot de L 6/40 en attente de livraison à l'usine Fiat-SPA de Turin. L 6/40 se partageant la ligne de montage de l'usine Fiat-SPA de Turin avec des AS 37 en 1942.
Affiche Fiat représentant des L 6/40.

Description technique

Comme pour la quasi-totalité des véhicules blindés italiens de la seconde guerre mondiale, le L 6/40 était construit en tôles d’acier rivetées sur une armature interne rigidifiée par des traverses. La qualité du blindage était inférieure à celle des autres belligérants à cause des limitations de l’industrie métallurgique italienne.

L’habitacle était séparé du compartiment moteur par une paroi verticale partiellement démontable. Dans la partie antérieure de la caisse, très similaire à celle du L 3, se trouvait la boîte de vitesses à 4 rapports pour la marche avant plus une marche arrière et la partie finale de la transmission. Sur la partie inclinée supérieure était découpée une trappe rectangulaire se trouvant au niveau des freins, qu’il était possible d’ouvrir pour les refroidir durant la marche.

L 6/40 conservé au musée de Koubinka.
(crédits photo : Iouriy Morozov)
Dessins légendés du L 6/40. Section longitudinale.
Aperçu du compartimentage de la caisse à travers la trappe arrière. Vue du compartiment moteur. Schéma de la transmission.

Sur les parois avant et arrière de la caisse étaient rivetés un anneau et deux crocs pour permettre au char de remorquer ou d’être remorqué. Une écoutille était aménagée sur la partie frontale de la superstructure, au niveau de la tête du conducteur. Pour assurer une meilleure visibilité, un épiscope de 190x36 mm était installé au-dessus de l'écoutille. Il couvrait un champ horizontal de 52° à 82°, un champ verticale de 8° à 16° et avait une élévation de –1° à +18°. L’équipage de deux personnes accédait à l’habitacle par une trappe logée dans le flanc droit de la superstructure.

Détail de la superstructure avant avec l'écoutille du conducteur.
(crédits photo : Iouriy Morozov)
Trappe d'accès sur la droite de la superstructure.
(crédits photo : Iouriy Morozov)
Face arrière de la caisse avec les crocs de remorque.
(crédits photo : Iouriy Morozov)
Poste de pilotage sur l'avant droit de l'habitacle. Côté gauche de l'habitacle. Paroi arrière de l'habitacle.

Le train de roulement se composait de chaque côté d’un barbotin antérieur à 16 dents, de quatre roues porteuses montées par paire sur deux trains à balancier, de deux galets et d’une roue de renvoi arrière. Le train à balancier avant était relié à un amortisseur hydraulique. Les bras oscillants fixés sur les flancs du châssis étaient quant à eux munis de barres de torsion, une première pour la suspension d’un véhicule du Regio Esercito. Les chenilles, améliorées par rapport à celles des L 3, comprenaient 88 maillons.

Barbotin, galet et train avant.
(crédits photo : Iouriy Morozov)
Schéma du train arrière à balancier. Roue de renvoi.
(crédits photo : Iouriy Morozov)

Le L 6/40 était propulsé par un moteur essence SPA de type 18 VT à 4 cylindres en ligne, alimenté par deux réservoirs pour un total de 165 litres. Le carburateur Zenith 42 TTVP comprenait un dispositif pour le démarrage à froid. Le lancement se faisait normalement électriquement ou bien mécaniquement par le biais d’une pédale de secours, ou encore de l’extérieur avec une manivelle.

Le niveau d’huile devait être refait toutes les 100 heures ou tous les 2000 km, avec de l’huile ultra dense si la température extérieure dépassait les 30° C, dense entre 30° C et 10° C et semi dense en-dessous de 10° C.

Le compartiment moteur se trouvait à l’arrière de la caisse. Le capot moteur était percé de deux panneaux d’inspection munis de grilles pour permettre le passage de l’air aspiré par le ventilateur. Deux autres grilles sur l'arrière du capot moteur assuraient pour leur part le refoulement de l’air chaud provenant du radiateur.

Cloison pareflamme du compartiment moteur et capot. Grilles d'aération sur le capot moteur.
(crédits photo : Iouriy Morozov)
Pot d'échappement.
(crédits photo : Iouriy Morozov)

La paroi verticale à l’arrière de la caisse contenait une ouverture circulaire fermée par une plaque démontable permettant la manutention du moteur et le changement des pièces. Le pot d’échappement, placé sur le garde-boue arrière droit, était couvert par une tôle revêtue d’amiante.

Les gardes-boue étaient constitués de trois sections de tôle rivetées sur la caisse. Une lumière était pratiquée sur l'avant pour permettre au conducteur de vérifier l'état des chenilles en marche. Sur les sections centrales prenait place un marchepied pour faciliter l’accès de l’équipage.

Le chargement externe était très réduit : une pelle et un pied-de-biche étaient fixés sur l’avant du garde-boue gauche, qui recevait également à l’arrière l’unique roue de secours en dotation. A l’avant du garde-boue droit se trouvait le support circulaire du cric, tandis qu’une pioche était attachée à l’arrière de la caisse.

L’éclairage extérieur était assuré par des phares orientables à la main placés sur les angles avant de la superstructure, et un phare arrière placé au-dessus de la plaque d’immatriculation.

La tourelle octogonale était montée sur la superstructure, à gauche de la ligne médiane du char. Le canon mitrailleur Breda de 20/65 mod.35 était protégé par un support blindé fixé sur le bouclier semi cylindrique pivotant dans le bâti de la tourelle, avec un angle de tir de –12° à +20°. Le pointage était effectué par le biais d’un collimateur placé sur la droite de l’arme. Le tir était commandé par de pédales, à droite pour le canon mitrailleur et à gauche pour la mitrailleuse coaxiale Breda mod.38 de 8 mm.

Le siège du chef de char était fixé à la base de la paroi interne de la tourelle. Pour l’observation, il disposait d’un périscope panoramique orientable sur 360° logé dans la partie gauche de la tourelle et offrant un champ de vision de 30°. Cette dernière se manoeuvrait à l’aide d’un volant commandant sa rotation via un engrenage à crémaillère. Contrairement à celle des AB 40 et 41, la tourelle du L 6/40 était dépourvue d’ouverture blindées sur les côtés pour l’évacuation des gaz de tir.

Schéma de la tourelle et du masque de canon. Canon Breda mod.35 et mitrailleuse Breda mod.38 coaxiale. Chemin de roulement et crémaillère entraînant la tourelle.

Pour les communications, le L6/40 était équipé d’un poste radio RF 1 CA dont l’antenne rabattable se trouvait sur le côté droit de la superstructure. La version centro radio du L 6 était en plus dotée d’un poste RF 2 CA, mais emportait en contrepartie moins de projectiles de 20 mm pour le Breda mod.35 (216 au lieu de 312 pour le L 6 standard). Dans ce cas, les deux antennes se trouvaient à l’arrière de la superstructure.

Installation radio du L 6 standard. Installation radio du L 6 centro radio. L 6 centro radio de la cp. comando du LXVII btg.bers. sur le front de l'Est.

Les seuls modifications apportées en cours de production concernèrent la forme de la tôle protégeant le pot d'échappement à partir du moteur n°100568 et des caisses à outils à compter du char n°48315.

L6 Lf

Une version lance-flammes baptisée L 6/40 Lf (pour Lanciafiamme) fut élaborée sur la base du char RE 3812 en décembre 1941. Après les essais d'évaluation menés par le CSM à l'été 1942, le L 40 Lf fut adopté le 1er septembre de la même année.

Le tube lance-flammes, construit sur le même modèle que celui installé sur les L3 Lf, occupait la place du canon de 20 mm. Il semblerait qu'un petit lot de ces blindés ait été réalisé, et il n'est pas à exclure que certains d'entre eux aient été envoyés dans les Balkans. Pesant 7 tonnes, ce blindé embarquait 200 litres de liquide inflammable.

Le prototype du L 6 Lf en décembre 1941. Prototype du L 6 Lf au CSM. Vue de face du prototype du L 6 Lf.

Considérations

Le L 6/40 ne remporta pas un franc succès auprès des équipages. Le generale Gervasio Bitossi, commandant de la division Littorio qui eut sous ses ordres le III gr.cr. Novara, critiqua en particulier son armement et sa faible autonomie, qui étaient loin d’en faire un véhicule idéal pour des missions de reconnaissance à long rayon d’action. Pour ce genre de mission, sa vitesse était elle aussi bien trop faible.

Pour ne pas arranger les choses, le L6/40 avait tendance à s’enfoncer dans les terrains sablonneux, et la rupture des barres de torsion était une panne fréquente. La haute silhouette du blindé le rendait bien visible aux yeux des observateurs ennemis et son centre de gravité trop élevé le rendait instable en devers.

S’il était comparable au Panzer II allemand, il convient de souligner que sur le L 6/40, le chef de char opérait seul en tourelle et remplissait aussi le travail du tireur.

Carrière opérationnelle

Les premiers L 6/40 produits en 1941 furent assignés à l'école de cavalerie de Pinerolo puis au centre de formation des équipages de chars. Certains exemplaires livrés n'avaient pas encore reçus leur canon de 20/65, les automitrailleuses étant (à juste titre) jugées prioritaires.

L 6 "RE 3942" à l'entraînement. Il est encore privé de son armement.
(crédits photo : AUSSME)
L 6 sans canon de l'école de cavalerie de Pinerolo. L 6 centro radio du centre de formation des équipages de chars à Rome. L'un des membres d'équipage est Alfredo Corradini.
(crédits photo : collection Luca Massacci)
L 6/40 regroupés pour un exercice dans la région de Bologne à la fin de l'année 1941.
(crédits photo : collection Tatsuya Noda)
L 6/40 du 15° RECo Cavalleggeri di Lodi à Cascina Colla.
(crédits photo : collection Temperino)
L 6/40 se livrant à un essai comparatif avec un T-34 sur les dunes de Castel Fusano. Remarquez le cercle blanc d'identification sur la tourelle.

Les 4 premiers L 6/40 envoyés en Afrique du Nord en décembre 1941 furent encadrés dans un peloton expérimental de la compagnia di formazione Nizza, rattachée au RECAM. À partir de la fin janvier 1942, le III gr.cr. du rgt.cav. Lancieri di Novara formé à Vérone commença à recevoir des L 6. Devenu opérationnel début mars avec un effectif de 85 L 6, il rejoignit la division Littorio en Afrique du Nord en juin 1942. À la veille de la trosième bataille d'El Alamein, le III gr.cr. ne comptait plus que 24 L 6 opérationnels. Les 5 derniers chars de ce groupe furent abandonnés au dépôt logistique d'El Daba lors de la retraite d'El Alamein.

Le sqd. du 15° RECo Cavalleggeri di Lodi sur 16 L 6 fut envoyé à Benghazi en novembre 1942 pour opérer dans le secteur de Ohms, avant d'être redéployé vers la Tunisie en janvier 1943.

L 6/40 du peloton expérimental du Nizza Cavalleria en Afrique du Nord en décembre 1941. L 6/40 du III gr.cr. Lancieri di Novara transportés par camion en juin 1942.
(crédits photo : AUSSME via David Zambon)
L 6/40 du III gr.cr. Lancieri di Novara transportés sur Fiat 634 et remorque en Libye.
(crédits photo : collection Karlheinz Münch)
L 6/40 portant l'insigne du rgt.cav. Lancieri di Novara peint sur le flanc de la superstructure.
(crédits photo : Tank Museum Bovington)
L 6/40 du III gr.cr. Lancieri di Novara inspecté par des soldats australiens à El Alamein
(crédits photo : IWM via David Zambon)

Le L 6/40 connut également l'expérience du front russe où 58 exemplaires regroupés au sein du LXVII btg.bers. furent envoyés à la mi-juillet 1942. Le premier engagement eut lieu le 27 août à Iagodniy, lorsque 9 chars aidèrent les btg. Valchiese et Vestone du rgt.alp. à repousser une attaque soviétique. Mais quelques jours plus tard, une compagnie perdit 12 chars sur les 13 engagés en l'espace de 20 minutes sous le feu des fusils antichars. Aucun des L 6 engagés en URSS ne retourna en Italie suite à la déroute de l'ARMIR, mais un exemplaire récupéré par les Russes est aujourd'hui exposé à Kubinka (près de Moscou).

Alpini regardant passer les L 6/40 du LXVII btg.bers. sur le front russe.
(crédits photo : Rassegna Militare)
L 6/40 traversant une rivière à gué à l'été 1942. Bersaglieri portant le fez pendant la pause déjeuner sur leur L 6/40 centro radio. La bouteille de chianti est du voyage.
Remarquez le nom inscrit sur la trappe d'accès de ce L 6 du LXVII btg.bers. L 6 centro radio du LXVII btg.bers. à Iagodniy le 27 août 1942. L 6 du LXVII btg.bers. dans un village ukrainien.
L 6 du LXVII btg.bers. montant sur le plateau d'un Fiat 666 NM. L 6 capturés par les Soviétiques durant la première bataille défensive du Don à la fin du moi d'août 1942.
(crédits photo : collection David Zambon)
L 6 du LXVII btg.bers. abandonné en décembre 1942.

C'est dans les territoires occupés des Balkans qu'opérèrent le plus grand nombre de L 6, employés dans le lutte contre les partisans yougoslaves. Le IV gr.cr. Cavalleggeri di Monferrato avec 30 L 6/40 fut déployé en Albanie à partir de 1942, avec son QG à Berat. Le III gr.cr. Cavalleggeri di Alessandria gagna l'Albanie en mai 1942 avec au moins un escadron de 13 L 6. Il rentra à Udine un peu plus d'un an après. Le II gr.cr. du rgt.cav. Cavalleggeri Guide sur 15 L 6 fut quant à lui basé à Tirana en septembre 1942, tandis que le IV gr.cr. Nizza Cavalleria s'établit à Dibra avec 15 L 6. Le pl.aut. opéra au profit de la 11a A. en Grèce à partir d'avril 1943. Le gr.car.L San Giusto opéra en Dalmatie à partir de l'été 1943, mais il n'est pas certain qu'il ait reçu les L 6 destinés à son 3° sqd. avant l’armistice. Après le 8 septembre 1943, les L 6 continuant de se battre aux côtés des Allemands dans les Balkans arborèrent des bandes blanches d'identification.

L 6/40 du rgt. Guide en Albanie. Remarquez l'insigne et le nom peints sur la superstructure. Bénédiction des équipages du rgt. Guide à Tirana en 1943. L 6/40 du II btg. du 31° rgt.car. sur la côte dalmate. La bande blanche peinte sur la caisse indique que l'unité s'est rangée du côté allemand après l'armistice.
(crédits photo : collection Bruno Benvenuti)

Le LXVIII btg.bers. du 18° RECo, qui comptait deux compagnies de L 6/40 (soit 31 chars) dans ses effectifs, fut envoyé dans le Var en janvier 1943, où il resta jusqu'à fin juillet. Le III gr.cr. Piemonte Reale, avec 15 L 6/40, fut assigné à la Div.cl. Emanuele Filiberto Testa di Ferro dans la région de Nice lors de l'occupation de la Côte d'Azur.

L 6/40 du III gr.cr. Piemonte Reale dans les rues de Nice au printemps 1943. L 6/40 et leurs équipages prêts à être passés en revue en France en janvier 1943.

En octobre 1942, l'école de la PAI de Tivoli reçut au moins 5 exemplaires du L 6. Suite à la déclaration d'armistice du 8 septembre 1943, les L 6 du btg. Bottego de la PAI furent engagés contre les forces allemandes.

L 6/40 du btg. Bottego de la PAI sur la route entre Mentana et Monterotondo le 9 septembre 1943.

De la guerre civile à l'après-guerre

Après l'armistice, la Wehrmacht récupéra quelques L 6/40 dans les Balkans qui continuèrent à opérer contres les partisans, qui en capturèrent eux aussi. L'armée allemande reçut également 17 L 6 flambant neufs. Plusieurs unités blindés de la RSI furent dotées de L6/40 : le gr.cr. Leonessa en avait au moins un et le btg. Lupo de la Div. Xa Mas également.

L 6/40 et M 13/40 du gr.cr. Leonessa de la GNR lors d'une manifestation à Milan le 25 juillet 1944.
(crédits photos : collection Elvezio Borgatti)
L 6/40 du btg. Lupo de la Div. Xa Mas à Turin.
(crédits photo : collection Panzarasa)

Après-guerre, 3 L 6 provenant de l'école de la PAI à Tivoli furent employés par les forces de l'ordre jusqu'en 1952. L'armée yougoslave maintint également en service 3 L 6 jusqu'au début des années 1950.

L 6/40 des forces de l'ordre devant le Viminale à Rome en mai 1946. L 6/40 des forces de l'ordre déployés via Fatebenefratelli à Milan en novembre 1947.
Fiche technique
Longueur 3820 mm
Largeur 1860 mm
Hauteur 2175 mm
Garde au sol 400 mm
Poids en ordre de combat 6840 kg
Équipage 2
Moteur Type 18 VT essence 4 cylindres de 4053 cm3, développant 68 ch à 2500 tr/min
Vitesse maximale 42 km/h sur route
20 à 25 km/h en tout terrain
Autonomie 200 km sur route
100 km en tout terrain
Emport en carburant 165 L
Protection 6 à 30 mm
Armement 1 canon Breda mod.35 de 20/65 (312 coups)
1 mitrailleuse Breda mod.38 de 8 mm (1560 coups)
Profil du carro d'assalto mod.36.
(crédits : Aldo Cumbo)
Profil du carro cannone mod.36 dans sa configuration définitive.
(crédits : Aldo Cumbo)
Profil du prototype M 6 armé de deux mitrailleuses Breda mod.38.
Plan 4 vues de L 6/40 de série.
(crédits : Rodolfo Ciuffoletti)
Profil de L 6 Lf. L 6/40 du III gr.cr. Lancieri di Novara en Afrique du Nord en 1942.
(crédits : Italeri)
L 6/40 du LXVII btg.bers. en URSS en 1942.
(crédits : Richard Chasemore)
L 6/40 du III gr.cr. Cavalleggeri di Alessandria dans les Balkans en 1943. L 6/40 du 31° rgt.car. dans les Balkans après l'armistice du 8 septembre 1943.
(crédits : Ruggero Calò)
L 6/40 du gr.cr. Leonessa.
(crédits : Ruggero Calò)
L 6/40 du btg. Lupo.
(crédits : Ruggero Calò)
Sources :
  • Carro L 6, Carri leggeri, semoventi, derivati, Andrea Tallillo, Antonio Tallillo & Daniele Guglielmi, Gruppo Modellistico Trentino, 2007
  • Carri leggeri, L.6/40 sviluppo ed operazioni, Carri Armati 2/III, Fronte Terra, Bruno Benvenuti & Ugo F. Colonna, Edizioni Bizzarri, 1974
  • Italian light tanks 1919-1945, Filippo Cappellano & Pier Paolo Battistelli, Osprey Publishing, 2012
  • Gli autoveicoli da combattimento dell'Esercito Italiano, Volume secondo (1940-1945), Nicola Pignato & Filippo Cappellano, Stato Maggiore dell'Esercito, Ufficio Storico, 2002
  • La meccanizzazione dell'esercito dalle origini al 1943, Tomo II, Lucio Ceva & Andrea Curami, USSME, 1994
  • Mezzi dell'Esercito Italiano 1935-45, Ugo Barlozzetti & Alberto Pirella, Editoriale Olimpia, 1986
  • Italian armoured vehicles 1940-1943 : A pictorial history, Luca Massacci, Roadrunner, 2013
  • Veicoli da combattimento dell'esercito italiano dal 1939 al 1945, Cesare Falessi & Benedetto Pafi, Intyrama books, 1976
  • Italian Armored Vehicles of World War Two, Nicola Pignato, Squadron/signal publications, 2004
  • Storia dell'Ansaldo 6. Dall'IRI alla guerra, 1930-1945, Gabriele De Rosa, Editori Laterza, 1999
  • Storia della PAI, Polizia Africa Italiana 1936-1945, Raffaele Girlando, Italia Editrice New, 2003
  • …Come il diamante, I Carristi italiani 1943-45, Sergio Corbatti & Marco Nava, Laran Éditions, 2008
  • I reparti corazzati della Repubblica Sociale Italiana 1943/1945, Paolo Crippa, Marvia Edizioni, 2006
  • Una visita al fronte orientale, Daniele Guglielmi & Luca Massacci, Storia Militare n°259, 2015
  • Les véhicules blindés italiens 1910/43 (1ère partie), Daniele Guglielmi & David Zambon, Batailles & Blindés n°24, 2008
Pour reproduire ce véhicule :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
AP Models 1/72 72004 Carro Leggero L6/40 -
AP Models 1/72 72041 Carro Leggero L6/40 Lanciafiamme -
Il Principe Nero 1/72 72004 Carro Armato L6/40 Maquette de Paolo Crippa
Italeri 1/35 6469 Carro Armato L6/40 -
CRI.EL Model 1/35 R049 Ansaldo Fiat L6/40 Tank - Pz. Kw L. 6/40 733 (i) -
Model Victoria 1/35 4055 Carro Armato L6/40 complete kit -
Model Victoria 1/35 4056 Interiors for Fiat Ansaldo L6/40 -

Réagissez à cet article
Re: L 6/40 -- giorgiobis
Friday, 17 November 2017 13:33
La maison italienne GB MODELLI produit le L 6/40 (http://gbmodelli.blogspot.it/2011/11/kit-72002-ansaldo-fiat-l640.html) au 1/72eme
Re: L 6/40 -- capu rossu
Monday, 29 June 2015 20:13
Bonsoir,
Quote:
S’il était comparable au Panzer II allemand, il convient de souligner que sur le L 6/40, le chef de char opérait seul en tourelle et remplissait aussi le travail du tireur.

Tiens, tiens, il 'y avait pas que l'Armée Française qui avait fait cette conn.....rie §

@+
Alain

Lu 5648 fois Dernière modification le mercredi, 05 août 2015 12:46