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lundi, 26 octobre 2015 19:14

TM 40

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Fiat-SPA TM 40 équipé de pneus Artiglio et d'une roue de secours. Fiat-SPA TM 40 équipé de pneus Artiglio et d'une roue de secours. Centro Storico Fiat

Censé remplacer les tracteurs Pavesi, le Fiat-SPA TM 40 fut produit en quantité trop faible pour y parvenir. Ses excellentes prestations lui permirent cependant de rester en production durant l'après-guerre.

Développement et production

L'adoption du tracteur léger TL 37 pour la motorisation de l'artillerie divisionnaire poussa la DGM à lancer en 1938 un concours pour un tracteur destiné aux pièces d'artillerie de corps d'armée et antiaérienne, désigné TMa (trattore medio per artiglieria), en vue de remplacer les Pavesi. Trois sociétés répondirent à ce concours : Fiat-SPA, Alfa Romeo et Breda. Si le prototype présenté par cette dernière adoptait un aspect assez similaire à celui du Breda 32, les véhicules des deux premiers concurrents partageaient une architecture à cabine avancée d'aspect beaucoup plus moderne.

Le choix des autorités militaires se porta sur le modèle présenté par Fiat-SPA, qui avait comme principal atout un moteur plus puissant lui permettant d'atteindre une vitesse de 42 km/h sur route, là où ses compétiteurs ne dépassaient pas 35 km/h. Les essais menées par le CSM à partir de mai 1941 conseillèrent l'adoption de roues à jantes démontables de type unifié permettant de monter des bandages semi-pneumatiques comme des pneus à chambre à la place des jantes à voile ajouré adoptées initialement qui n'autorisait que l'usage de bandages semi-pneumatiques Celerflex.

Les prototypes de tracteur moyen d'artillerie présentés par Alfa Romeo (à gauche) et Fiat-SPA (à droite) lors d'essais comparatifs. Le prototype Fiat-SPA du TMa dans sa configuration d'origine avec des jantes à voile.
(crédits photo : collection Nicola Pignato)
Châssis du prototype Fiat-SPA dans sa configuration d'origine.
(crédits photo : Centro Storico Fiat)
Vues latérales du prototype Fiat-SPA avec jantes à voile et bandages semi-pneumatiques. Vue frontale du prototype Fiat-SPA lors de l'essai des suspensions.
Prototype Fiat-SPA tractant un canon de 75/46 mod.34M. Prototype Fiat-SPA du TMa lors des essais d'évaluation.
Le prototype Fiat-SPA dans sa seconde configuration. Les jantes à rais en acier ne sont pas encore celles qui équiperont les modèles de série. Il manque notamment l'inscription SPA au centre.
(crédits photo : Centro Storico Fiat)
Ultime configuration du prototype Fiat-SPA avec jantes à rais et pneus à chambre type Artiglio.
(crédits photo : Centro Storico Fiat)

Le TMa fut homologué en 1940 en tant que TM 40. Cependant, la pénurie de matières premières entraîna un retard dans la production qui ne put démarrer qu'à la fin de l'année 1941. La cadence était cependant loin de suffire pour répondre à la demande : en décembre 1942, seuls 48 exemplaires sortirent des chaînes de montage et 107, assemblés précédemment, furent livrés aux unités. Sur l'année 1942, la DGM recensa un total de 364 TM 40 construits. Pour le premier trimestre 1943, seuls 90 TM 40 furent livrés.

Modèle de série du Fiat-SPA TM 40. Vue de côté du TM 40. Le réservoir se trouve entre les deux roues. TM 40 bâché et doté d'une roue de secours.
Vue frontale du TM 40 issue du manuel technique. Vue en plongée dévoilant la disposition de l'habitacle. Ligne de montage des TM 40 à l'usine SPA.

Description technique

Du point de vue de la conception, le TM 40 était en quelque sorte une copie en plus grand de son petit frère, le TL 37. Il en conservait notamment l'architecture de transmission permettant d'avoir quatre roues motrices et directrices. Le différentiel se trouvait au centre du châssis, entre l'embrayage monodisque à sec et la boîte de vitesses à 5 rapports plus marche arrière. Enfermé dans un carter en acier moulé, le différentiel était équipé d'un mécanisme de blocage manuel. Les engrenages coniques du différentiel actionnaient les 4 arbres de transmission à double joint de Cardan. La suspension était assurée par des ressorts à lames transversaux couplés sur l'avant à des amortisseurs hydrauliques.

Démontage de la carrosserie arrière à l'aide d'une chèvre. Boîte de vitesse et différentiel. Détail de l'arrière du châssis montrant les ressorts à lames et le crochet d'attelage.

Les roues à jantes à rais en acier pouvaient recevoir aussi bien des bandages semi-pneumatiques Pirelli Celerflex de 265x980 mm que des pneus à chambre Pirelli type Artiglio de 50x9'' ou type Libia de 12,75x32''. Au cours de la production, une roue de secours sur support métallique amovible fut installée à l'arrière du véhicule.

Le moteur Diesel type 366 var.8 était similaire à celui équipant le Fiat 666. Il était solidaire de l'embrayage, l'ensemble étant suspendu au châssis en 3 points et pouvant être extrait par l'avant en déposant le radiateur. L'alimentation gravitaire était assurée par une caisse alimentaire de 20 litres située sur la gauche du tableau de bord. Une pompe en assurait le remplissage à partir du réservoir de 140 litres fixé contre le longeron gauche du châssis.

Moteur Diesel type 366 var.8 propulsant le TM 40. L'extraction du moteur se faisait après dépose du radiateur.
Schéma du circuit de combustible. Vue du poste de conduite montrant la caisse alimentaire à gauche du tableau de bord.

Sur l'arrière prenait place, entre les 2 longerons du châssis, le treuil type TM 40 d'une capacité de 6 tonnes équipé d'un câble de 39 m, dont 36,2 m de longueur utile. La prise de force du treuil se trouvait sur la boîte de vitesses. En option, une chèvre d'une capacité de 2 tonnes formée de 2 tubes d'acier et de 2 tirants pouvait être mise en place sur l'arrière du tracteur.

Détail de l'arrière du châssis montrant la boîte et le treuil. Détail du tambour de treuil. Schéma d'installation de la chèvre.

L'aménagement du coffre fut étudié pour le rangement des caisses d'obus pour le canon de 75/46 en août 1941 puis pour les projectiles de l'obusier de 149/19 en mars 1942.

Pour accéder aux munitions stockées dans le coffre, le support de la roue de secours s'abaissait.

L'installation électrique était composé d'un circuit 24 V pour le démarrage et d'un circuit 12 V pour l'éclairage. L'énergie électrique était générée par une dynamo Fiat 300/24 var.2 puis stockée dans une batterie Marelli 6 MFZ 29.

Un lot de tracteurs probablement destiné au front russe fut équipé d'une chaudière pour le lancement du moteur en conditions froides. Elle était emménagée derrière le siège du conducteur.

T 40

Seule version dérivée conçue pendant la guerre, le T 40 était un camion 4x4 à cabine fermée disposant d'un plateau de 2,3x2,2 m et offrant une charge utile de 2500 kg. Seules les 2 roues avant étaient directrices. Développé à la fin de l'année 1942, le T 40 fut semble-t-il destiné principalement à la Regia Aeronautica.

Photo d'usine de l'autocarro T 40. T 40 conservé appartenant à la collection Temeroli.

Le TM 40 sous l'uniforme

La distribution du TM 40 aux unités du Regio Esercito et de la Regia Marina ne débuta qu'en 1942. En attendant son entrée en ligne, les unités d'artillerie de corps d'armée continuèrent à avoir recours aux valeureux Pavesi mais également aux Lancia 3 Ro. Au 30 avril 1943, on en dénombrait 432 exemplaires en service. Outre son rôle de tracteur d'artillerie, le TM 40 fut expérimenté en 1943 pour haler le char moyen M 15/42 sur une remorque Viberti ainsi que le char léger L 6/40 sur remorque Adige.

Colonne de TM 40 de la Regia Marina attelés à des remorques Viberti. TM 40 de la Xa MAS à Nervi tractant le SMA 2 sur une remorque.
Essai de halage de M 15/42 sur remorque Viberti par un TM 40 en juillet 1943.

Les premiers exemplaires livrés furent employés sur le front russe, bien qu'aucun obusier de 149/19 n'ait été envoyé en URSS. En Sicile, un exemplaire fut capturé par les Américains et envoyé pour évaluation à Aberdeen.

Même s'il n'était pas censé motoriser l'artillerie divisionnaire, ce TM 40 se retrouve à tracter un obusier de 100/17 mod.14.
(crédits photo : collection Claudio Pergher)
TM 40 tractant un canon antichar de 7,5 cm PaK 40 en URSS.
(crédits photo : collection Claudio Pergher)
Ce TM 40 déployé sur le front russe a dû chaîner pour évoluer sur la neige. Remarquez la protection de fortune mise en place par l'équipage pour tenter de se protéger du froid.
(crédits photo : collection Claudio Pergher)
L'équipage de ce TM 40 met en batterie un obusier de 149/19 en Sardaigne en juin 1943. TM 40 inspecté par un officier américain. TM 40 embarqué à destination des États-Unis en compagnie d'un Sd.Kfz.10.

Après l'armistice, la production se poursuivit pour la Wehrmacht, qui reçut au moins 153 exemplaires de ce tracteur en 1944. Les Allemands le rebaptisèrent Radschlepper 110 PS Spa (i). Certaines unités de la RSI et des forces cobelligérantes en furent également équipées.

TM 40 des forces cobelligérantes sur le front de Mignano le 5 décembre 1943. (crédits photo : AUSSME) TM 40 de l'Aeronautica Cobelligerante transformé en camion-grue sur le terrain de Lecce-Galatina en 1945. TM 40 utilisé par les Fallschirmjäger sur le front d'Anzio en 1944.
TM 40 d'une unité de la RSI tractant une remorque à carburant dans les environs de Rome en 1944. TM 40 convoyant un SMA de l'école de Sesto Calende à la mer Tyrrhénienne en mai 1944. TM 40 d'une unité de la GNR à Montefiorino, dans la province de Modène.
(crédits photo : collection Paolo Crippa)

Sous l'occupation allemande, la version T 40 fut dotée d'une cabine Einheits de forme cubique en isorel.

Photos d'usine du T 40 à cabine Einheits.

Après guerre, le TM 40 resta en production jusqu'à sa substitution par une version légèrement modifiée désignée TM 48. Dans l'Esercito Italiano, les TM 40 furent utilisés pour le halage des pièces britanniques de 88/27 (Ordnance QF 25-pdr) et américaines de 105/22.

TM 40 de l'Esercito Italiano tractant un canon de 90/53. TM 40 défilant à Rome pour la fête de la République.
(crédits photo : collection Aymeric Lopez)
Fiche technique
Longueur 4680 mm
Empattement 2600 mm
Largeur 2200 mm
Voie avant / arrière 1665 / 1665 mm avec bandages semi-pneumatiques
1630 / 1630 mm avec pneus à chambre
Hauteur 2800 mm
Garde au sol 330 mm
Poids à vide 6575 kg
Équipage 8
Charge utile 1285 kg
Configuration d'essieux 4x4
Moteur Type 366 var.8 : 6 cylindres Diesel de 9365 cm3, développant 105 ch à 2000 tr/min
Vitesse maximale 43,35 km/h sur route
Autonomie 300 km sur route
Emport en carburant 140 + 20 L
Plan 4 vues du TM 40 avec bandages semi-pneumatiques.
(crédits : Aldo Mario Feller)
Profil de l'autocaro trattore T 40.
(crédits : Aldo Mario Feller)
Plan 3 vues du T 40 à cabine Einheits.
TM 40 en service dans la Regia Marina.
(crédits : Ruggero Calò)
Sources :
  • Gli Autoveicoli tattici e logistici del Regio Esercito Italiano fino al 1943, tomo primo, Nicola Pignato & Filippo Cappellano, Stato Maggiore dell'Esercito, Ufficio Storico, 2005
  • Gli Autoveicoli tattici e logistici del Regio Esercito Italiano fino al 1943, tomo secondo, Nicola Pignato & Filippo Cappellano, Stato Maggiore dell'Esercito, Ufficio Storico, 2005
  • Gli Autoveicoli del Regio Esercito nella Seconda Guerra Mondiale, Nicola Pignato, Storia Militare, 1998
  • Gli Autoveicoli da combattimento dell’Esercito Italiano, Volume secondo (1940-1945), Nicola Pignato & Filippo Cappellano, Stato Maggiore dell’Esercito, Ufficio Storico, 2002
  • Carro M, Carri medi M11/39, M13/40, M14/41, M15/42, Semoventi e altri derivati, Volume primo, Andrea Tallillo, Antonio Tallillo & Daniele Guglielmi, GMT, 2010
  • Ruote in divisa, I veicoli militari italiani 1900-1987, Brizio Pignacca, Giorgio Nada Editore, 1989
  • Semicingolati, motoveicoli e veicoli speciali del Regio Esercito Italiano 1919/1943, Giulio Benussi, Intergest, 1976
  • Il grande libro dei camion italiani, Sergio Puttini & Giuseppe Thellung di Courtelary, Giorgio Nada Editore, 2010
  • Immagini ed evoluzione del corpo automobilistico, Volume II (1940-1945), Valido Capodarca, Comando traporti e materiali dell'esercito, 1995
  • 85 anni di camion militari Fiat, Carlo F. Zampini Salazar, Stige Editore, 1987
  • I mezzi d'assalto della Xa flottiglia MAS 1940-1945, Marco Spertini & Erminio Bagnasco, Albertelli Editore, 2005
  • Italian artillery of WWII, Enrico Finazzer & Ralph A. Riccio, MMP Books, 2015
  • R.S.I., Forze Armate della Repubblica Sociale, La guerra in Italia 1944, Nino Arena, Ermanno Albertelli Editore, 2000
  • Trattore medio modello TM 40, Nicola Pignato, Notiziario Modellistico GMT 1/93, 1993
  • Trattore medio modello TM 40, Uso e manutenzione, 1a edizione provvisoria, SPA, 1940
  • Trattore medio SPA mod. TM 40, Istruzioni per le riparazioni, SPA, Reparto Pubblicazioni Tecniche, 1944
Pour reproduire ce véhicule :
FabricantÉchelleRéférence et désignationGalerie
Scale Model Accessories 1/76 SSP070 Italian T-40 tractor -
MR Panzer 1/72 MP20 SPA T40 mod.1945 -
Doc Military 1/72 DM 72411 Trattore TM 40 con telone aperto -

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Re: TM 40 -- moermans raymond
Wednesday, 16 November 2016 17:34
Bonjour David et Aymeric,
S'il n'a pas été utilisé comme tracteur d'artillerie, quel autre rôle aurait-il pu jouer !
Re: TM 40 -- david z.
Wednesday, 16 November 2016 17:17
Non, il serait intéressant de connaître les unités. Personnellement, je pense à celles de corps d'armée.
Re: TM 40 -- aymeric
Wednesday, 26 October 2016 17:26
Merci beaucoup pour l'information David. Mais du coups sait-on s'ils ont été employés dans le rôle de tracteur d'artillerie, et si oui de quelles pièces ?
Re: TM 40 -- david z.
Wednesday, 26 October 2016 06:48
Selon Daniele, les TM40 étaient bien en AFN, quelques exemplaires arrivés fin 42, en Libye et en Tunisie.
Re: TM 40 -- moermans raymond
Tuesday, 25 October 2016 11:45
Merci David,
J'attends la confirmation avec impatience....
R. Moermans.

Lu 4039 fois Dernière modification le mardi, 27 octobre 2015 21:35
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